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Le projet lotois fédère aussi contre lui

Economie

Le grand projet de revitalisation de Souillac via la création d’une vaste cité du luxe et de la mode ne fait pas l’unanimité. Après des riverains lotois,  des élus corréziens et dordognais montent au créneau notamment sur son volet «village de marques».

"Hors norme», «pharaonique», «démesuré». Les adjectifs n’ont pas manqué à la suite de la présentation des grandes lignes du projet de  revitalisation de Souillac initié par Cauvaldor et qui ambitionne de «créer un véritable écosystème dédié au luxe et la mode» dans et autour de la ville  de 3.700 habitants.
Un projet porté par des investisseurs internationaux dont les premiers chiffrages se situent autour de 110 à 120 M€ financés à 90% par des fonds  privés. Regroupants différents pôles alliant tourisme, luxe, gastronomie, formation, le projet comprendrait également un pôle «shopping» avec «un  village de marques» regroupant une centaine de boutiques.
Un village de marques «démesuré»
Et c’est bien là que ça coince !
Face à ce projet vertigineux une association de riverains s’est déjà constituée pour en contester le bien fondé surtout que ce pôle commercial serait  situé en périphérie du centre-ville lotois. La levée de boucliers n’est pourtant pas circonscrite aux seules frontières de la ville aux sept viaducs ni même aux limites du Lot. L’envergure de ce projet commercial inquiète bon nombre d’élus des territoires voisins et le président de l’Agglo de Brive au premier chef. «Il peut y avoir dans ce projet des choses intéressantes. Mais nous avons un point d’opposition commun : cette création d’une  centaine de boutiques. Ce projet démesuré pourrait avoir un impact sur l’écosystème commercial existant. Car, nous le savons, le village de  marques et un modèle prédateur» estime Frédéric Soulier. Un écosystème commercial par ailleurs déjà «fragilisé» par les mutation des nouveaux usages de consommation. «Il y a quarante ans ces mutations opposaient centres-villes et centres commerciaux périphériques. Aujourd’hui la  bataille se joue entre commerce virtuel et commerces réels. 37 millions de français consomment un panier de 2.000 euros par an sur le  e-commerce, et ce n’est qu’un début ! Ce n’est pas le moment de lâcher les commerçants des centres-villes» ajoute-t-il.
Et c’est justement cet argument que le président de l’Agglo de Brive associé à ceux de Tulle Agglo et de la communauté de communes du Terrassonnais mais aussi à la CCI de la Corrèze, au maire de Périgueux,... ont fait valoir dans un courrier adressé au préfet du Lot.
«L’implantation d’une centaine de commerces à proximité immédiate de nos territoires aurait pour conséquence à très court terme de déstabiliser  significativement un environnement économique déjà fragilisé et pour lequel des conventions d’Opération de revitalisation de territoire (ORT) sont en cours d’élaboration» lui écrivent-il en réclamant de suspendre toute autorisation relative à ce projet commercial pour une durée de trois ans.
A l’instar de Brive, Tulle et son agglo font partie des 122 collectivités retenues dans le dispositif  gouvernemental «Cœur de ville» tandis que les  communautés de communes du Terrassonnais et celle de Sarlat Périgord Noir ont décidé de s’unir dans une Opération collective en milieu
rural (OCMR). L’annonce de la création d’un village de marques capable de siphonner leur zone de chalandise  n’est donc pas observé d’un œil particulièrement bienveillant, qui plus est lorsqu’un plan national  censé venir en aide aux centres-villes est sur les rails.
«Tout cela tombe au mauvais moment. Même si ce projet lotois est particulièrement lourd nous considérons que le point d’excès, de rupture, c’est ce projet de village de marques qui nous paraît déconnecté de tout le travail déjà effectué. Nous pensons que ce projet aura un impact à 200 km à la  ronde. C’est pourquoi nous demandons aussi au préfet du Lot que les instances nous soient ouvertes pour avoir une voix délibérative» indique  Frédéric Soulier avant d’ajouter  «aujourd’hui ces projets capotent en France. Le dernier en date c’était à Coutras, ce qui n’est pas bien loin de chez- nous !».
Ne pas ajouter de la difficulté à la difficulté
Pour Francine Bourras, président de l’association interprofessionnelle terrassonnaise «ce projet a certes des atouts mais le véritable enjeu est  surtout pour nos commerçants et nos petites boutiques. Si un tel village de marques vient à s’implanter ce serait forcément à leur détriment. Il ne  faudrait pas rajouter de la difficulté dans des moments qui sont déjà très difficiles».
Même son de cloche chez Eric Lamy, président de l’office de commerce de Brive. «Nous avons créer cet office pour essayer de créer une émulation  entre commerçants mais tout cela reste très fragile. Une ville peut basculer en 2 ou 3 ans. Si ce projet abouti, dans quelques années on pourra acheter très facilement des locaux commerciaux  dans Brive» prédit-il.

Mathieu Andreau