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Le muguet de la lutte sociale

Social

La fête des travailleurs a mobilisé hier matin en Corrèze environ 700 personnes : 350 à Brive, 250 à Tulle et 120 à Ussel. Des gilets jaunes, en petit nombre, étaient des  rassemblements. La lutte contre un système libéral était au cœur des discours et des revendications.

Un soleil au doux parfum de muguet  a accompagné les rassemblements organisés dans le département.
A Tulle,  environ 250 personnes  ont convergé en milieu de matinée place Jean-Tavé. Syndiqués CGT de la Santé, Mine-Energie, USR, Cheminots, militants FSU,   SNES, Solidaires, membres du PCF, de la France Insoumise, du NPA,  une trentaine de Gilets jaunes venus de Rosiers-d’Egletons, de Naves etc coloraient cette mosaïque revendicative : «Je suis là parce que je pense que nous vivons une période où être absent de ce qui permet d’exprimer la misère des gens et la souffrance actuelle, ce serait coupable» expliquait Jean Alambre.
Pour lutter contre la misère,  un tract mettait en avant l’idée d’une Sécurité sociale alimentaire inspirée par le système de la Sécu.
«Une cotisation sociale, captée à la base sur la valeur produite, serait affectée à part égale à chaque personne pour l’achat de produits alimentaires  sains» précise le réseau salariat Corrèze sur ce modèle où producteurs et distributeurs sont  conventionnés.
Clémentine suit des études au lycée agricole à Naves. Elle a 20 ans et milite pour le PCF depuis un an. «C’est très important d’être présent. Tous les travailleurs devraient venir pour montrer qu’on est unis. Je pense qu’il y a de l’espoir. Sans parler de révolution, on peut travailler à de meilleures  conditions sociales pour tout le monde. Les jeunes devraient se sentir concernés car c’est leur avenir qui est en jeu».
Il était aussi question de l’avenir des retraités. Le «printemps des retraités» se poursuivait avec la signature de cartes à destination du président Macron et de sa politique anti-sociale qui a pris notamment pour cible les retraités.
Au cours des prises de paroles, un gilet  jaune tenait à souligner «On est tous là pour la même chose et on se regarde méchamment. C’est pas bon. Regroupons nous»...
Laetitia Bourdet, au nom de la CGT appelait à la lutte «pour que  les urgences sociales et climatiques soient enfin prises en compte par le  gouvernement et le patronat. Aujourd’hui, environ 9 millions de personnes vivent  avec des revenus en dessous du seuil de pauvreté avec 6 millions  de personnes privées d’emploi, de nombreux jeunes en situation de précarité. Pourtant, les dividendes versés aux actionnaires sont de plus en plus importants».
Sylvain Roch, secrétaire de l’UD-CGT 19 rappelait le symbole du 1er mai : une journée  «pour réclamer plus de justice sociale, une baisse du temps de travail et remettre au cœur de la société les travailleurs».
A Brive,  350 personnes étaient sur le parvis du théâtre avant de rejoindre la place de la mairie où ont eu lieu les prises de paroles. Un 1er mai  «particulièrement important» à «un moment charnière compte tenu de la situation sociale que connaît le pays», selon le secrétaire départemental du PCF qui estime que le temps est venu «de passer à un autre niveau». «Pas supérieur dans la violence mais supérieur dans un rapport de force pour changer la société parce que les belles promesses de Macron c’est du pipeau !» a glissé  Alain Guilbert.
Dans le cortège, les drapeaux de la CGT ont côtoyé ceux de la FSU, de Solidaires et de l’UNSA, du mouvement de la Paix ainsi que les tricolores des gilets jaunes.
Le secrétaire de l’UL CGT a lui insisté sur la nécessité de «regagner la bataille de terrain dans les entreprises» pour faire émerger une mobilisation «par la grève pour bloquer l’économie».
Car «au final, après 25 journées de mobilisation, les gilets jaunes n’ont obtenu qu’une rustine sur un pneu crevé. La priorité c’est le salaire»  a  déclaré  Thierry Rousseau qui par ailleurs s’est félicité de l’ouverture de 3 nouvelles sections à Leroy Merlin, Delvert et Sud-Ouest Etalages.
Devant la mairie, Stéphane Gauget, de la CGT métallos, a lui clairement adressé un tacle à l’édile Frédéric Soulier :  «J’aimerais que ce maire me dise ce qu’il fait pour l’emploi industriel. Rien, le néant ! Rien que dans la métallurgie ce sont 1.000 emplois qui ont disparu depuis 2009. Des 360 entreprises de l’époque il en reste moins de 200 aujourd’hui. C’est ça la réalité de sa politique industrielle ! Je ne dis pas qu’il ne faut prôner que l’industrie. Sauf que cet emploi il en amène d’autres tels que des écoles, des services. Un emploi industriel c’est 4 emplois induits. Alors quand je vois ce qui se passe à l’Ouest... faire chauffer son CV pour 24 heures par semaine je n’en veux pas ! Je veux juste pouvoir vivre au pays dignement» a-t-il souligné. Un message à la résonance particulière pour les salariés de Deshors présents dans le cortège et dont le PSE  en toujours en cours de négociation.
A Ussel, environ 120 gilets rouges, gilets jaunes sans gilets, ont dénoncé la politique de Macron suite à son intervention de jeudi. «Cette intervention a été un enfumage, selon Patrick Courteix, secrétaire général de l’Union Locale CGT d’Ussel, qui ajoute «Aussi bien, sur les retraites, que sur la  baisse des impôts et sur le service public. Macron annonce ne pas changer l'âge légal de départ à la retraite mais va instaurer une décote pour les gens qui prendront leur retraite à 62 ans. Et vouloir instaurer la mise en place de la retraite par points. La casse du service public .Il annonce vouloir garder le même cap, ne rien changer».

SH et MA

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