Aux angles le PCF veut dresser des ponts

Politique

Après la claque reçue aux élections européennes, le PCF de la Corrèze organisait ce week-end sa traditionnelle fête populaire au Pont des Angles. Au programme des débats le rassemblement des forces de gauche en vue des municipales.
Un mois après le scrutin européen le PCF n’est certes pas au mieux. Mais plus que leur score c’est bien la reconfiguration du paysage politique qui inquiète tout particulièrement les communistes. «Ce scrutin est une fois de plus marqué par l’ancrage du RN dans le pays. Macron a réussi son coup. Il a créé les conditions d’avoir une opposition avec le RN et il pense qu’il est autorisé à poursuivre ses réformes antisociales» souligne Laurent Duplessy, membre du bureau fédéral du PCF 19. 

Le PS à la table du débat

Sur l’état de la gauche réduite à «un niveau extrêmement faible», l’heure est donc à la reconstruction. «Tout le monde doit s’interroger sur le rapport de force à mettre en œuvre vis-à-vis de Macron et de son gouvernement» lance-t-il. Une réflexion qui a commencé à faire son chemin à gauche puisque Paul Roche, le patron du PS Corrèze, a répondu présent à l’invitation du bureau fédéral. «Ca fait bien longtemps qu’un socialiste n’était pas venu aux Angles» reconnaissait-il tout en invitant les communistes et les autres formations de gauche à «trouver les voies du rassemblement». Preuve que les lignes ont bien bougé.  
Le NPA aussi avait répondu présent. Seule absence remarquée, hier, celle de la France Insoumise. «Si nous voulons faire quelque chose. Ce n’est pas avec ces gens là et ce n’est pas non plus en reformant des municipalités de l’union de la gauche. Aujourd’hui plus personnes ne peut dire : c’est nous qui détenons la vérité. Ce n’est pas en faisant des alliances sans principes que nous allons regagner des électeurs mais sur des bases claires. C’est en accompagnant les luttes avec les militants qu’on va se reconstruire parce que L’Union de la gauche on a déjà donné» a glissé Gilles Madec.
Pour Sylvain Roch auquel chaque formation a apporté son soutien après sa convocation au commissariat, «la question centrale est de savoir comment on change de système. L’union pourra se faire que sur des bases claires. Est-ce que le PS et les Verts vont s’attaquer au capitalisme. S’ils pensent que qu’on peut s’adapter à ce système ça ne marchera pas». Preuve aussi que les plaies des coups dans le dos et autres trahisons ne sont pas totalement refermées.

«On va s’engueuler, c’est sûr»

Alors le PCF est bien obligé pour l’heure de marcher sur des œufs pour ne froisser personne car il sait pertinemment qu’il aura besoin de tout le monde pour exister. «L’enjeu n’est pas de continuer à faire ce qui nous a mené dans cette impasse. Il n’y aura pas d’accord sur un coin de table mais des constructions avec chaque organisation» a toutefois précisé Alain Guilbert. «On va s’engueuler c’est sûr. Mais si on veut s’en sortir par le haut on est obligé d’en passer par là. Oui, il y a eu des loupés comme en 1981 ou dans un passé beaucoup plus récent. Oui, nous avons été trahis mais nous devons nous appuyer là dessus pour dire plus jamais ça. Mais nous sommes tous confrontés à une situation dans laquelle on ne peut plus se contenter de se regarder le nombril. Il y a des lignes qu’on ne franchira pas. On ne se réunira pas à trois ou quatre. La course à l'échalote c’est terminée» a insisté le secrétaire fédéral de la Corrèze. A neuf mois des municipales, la gestation est donc lancée. Gare à la fausse couche !

Mathieu Andreau

Nike