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La CGT-FAPT donne l'alerte sur la souffrance au travail

Social

La CGT-FAPT a tenu son congrès départemental hier et lundi aux étangs de Taysse à Espagnac. Le syndicat a fait le point sur les trois années passées sur les activités postales et de télécommunications et évoqué les perspectives pour le futur.

«Les trois prochaines années devraient être encore plus dures que celles que l’on vient de passer», prédit Jean-François Chaudières. Le secrétaire général de la CGT-FAPT a été réélu à cette fonction pour trois ans. Le postier reste lucide sur la situation dans son entreprise et n’a qu’une crainte : «qu’on m’appelle pour m’annoncer le suicide d’un collègue !», lâche-t-il.
En deux ans près d’une cinquantaine de salariés se sont donnés la mort, la Corrèze a été épargnée par ce terrible fléau jusqu’à présent, mais la souffrance au travail est bien réelle. «Les gens se rendent malades pour faire leur travail au mieux et on ne leur donne pas les moyens de le faire. Une conseillère financière est en burn-out depuis deux ans. On l’a oppressée, on lui a dit qu’elle était mauvaise alors qu’elle donnait satisfaction», souffle le syndicaliste. 7.000 à 8.000 postes sont supprimés chaque année à la Poste en France, un  départ en retraite sur deux n’est pas remplacé selon le syndicat qui regrette la multiplication des contrats précaires et la réorganisation du travail. Cet été, les facteurs du centre courrier de Tulle se sont justement mobilisés contre la suppression de tournées.  

«Un agent a menacé de se suicider !»

La grève a duré cinq semaines. «On a gagné deux tournées, mais cela ne fonctionne pas. Six emplois ont été supprimés. Soit les facteurs font des heures supplémentaires (que l’entreprise ne veut plus payer) pour effectuer la distribution correctement soit ils ramènent du courrier», déplore la CGT-FAPT. Le syndicat dénonce la «pression quotidienne exercée sur les grévistes tullistes. Ils sont surveillés et fliqués. On est en pleine répression syndicale», insiste Jean-François Chaudières qui fait état «d’inhumanité». Le syndicat tire la sonnette d’alarme : «le personnel de Tulle est réellement en danger !». Des alertes ont été signalées en CHSCT «mais la direction n’en tient pas compte. Un agent a menacé de se suicider, mais on l’a laissé partir en tournée quand même !».

Mesure disciplinaire

L’une des factrices est sous le coup d’une procédure disciplinaire pour avoir signé un récépissé de colis à la place d’une cliente qui lui avait donné son accord. Sylvie Auconie, 59 ans et presque 30 ans de carrière est mise à pied pendant 15 jours en attendant le conseil de discipline. Sa situation a suscité l’émoi sur les réseaux sociaux et une pétition en ligne sur Change.org a déjà récolté presque 2.000 signatures. Le syndicat reconnaît qu’il y a eu «une petite faute» mais pointe la démesure de la sanction contre la postière qui est par ailleurs syndiqué à la CGT. Lui ferait-on payer sa mobilisation en juillet dernier ? «A la période de Noël on demande aux facteurs de tout faire pour distribuer les colis et cela ne pose pas de problème. Sylvie avait dû, de plus, effectuer une double tournée. Elle a voulu bien faire, livrer tous ses colis et éviter trop de pression de la part de la direction», analyse Karine Lavaud-Bourgès, secrétaire à la qualité de vie syndicale. «Le postier n’a plus les moyens de réellement bien faire son travail», ajoute Philippe Legros secrétaire  de la section retraités. «Il essaie de régler toutes les contraintes qu’il rencontre à sa manière et donc de déroger à la réglementation», commente-t-il.

Service dégradé

Le syndicat veut des emplois pour que la mission de service public soit remplie le mieux possible, avec de la qualité et de la proximité. «Que les facteurs retrouvent le temps de parler aux gens comme avant. Aujourd’hui, ils courent, ils ont une minute et vingt-cinq secondes pour donner un recommandé, ce qui est infaisable !».
Le service aux usagers se dégrade donc de plus en plus, en ville comme en zone rurale. «A Brive, sur une semaine, il arrive que quatre ou cinq tournées ne soient pas couvertes», précise Sophie Bellanger, secrétaire à la communication. «La Poste a fait le choix de ne plus distribuer régulièrement le courrier car il ne possède pas cette plus-value financière qui existe sur le colis», résume Philippe Legros. Le courrier n’est pas acheminé dans les délais mais la Poste rend de nouveaux services comme l’examen du code de la route, le portage de repas.
Au bureau de poste, quand il existe encore, on favorise l’utilisation des automates au détriment du contact humain. Ainsi à Brive au bureau de Winston Churchill (la grande Poste), le nombre de guichets va être réduit au bénéfice du tout digital...

Pas mieux chez Orange

France Télécom-Orange se désengage aussi. En juin, la boutique en centre-ville de Brive a fermé ses portes. «Ce sont huit emplois qui ont disparu. Il reste une boutique à Tulle. Celle de Carrefour à Brive ne s’occupe que du privé, les professionnels doivent se débrouiller». Dans les centres d’appel, la situation n’est guère mieux. Les employés de Tellis à Favars subissent «une pression au quotidien avec des objectifs irréalisables. Une représentante syndicale est en arrêt maladie. Elle a décidé de porter plainte contre l’entreprise».

Karène Bellina