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A l'heure du rassemblement, public et privé disent stop

Social

Burn-out, épuisement, dépression, arrêt maladie, démission... «Les gens sont épuisés », témoigne cette déléguée syndicale de la CGT. Elle parle pour les salariés de la santé, Ehpad ou hôpital, mais ses paroles pourraient tout aussi bien venir d’un des autres représentants du personnel réunis dernièrement à la Maison des associations de Braconne pour préparer la journée d’action du 19 avril prochain...
Enedis, Dagard, ministère des Finances, cheminots, Eurocoustic, Sauthon, hôpitaux de Guéret, Ehpad r Ajain et Aubusson.. Partout, la grogne monte, partout, on sent un épuisement, une précarité de plus en plus visible, alors la CGT dit stop. Stop aux réformes ici et là, stop aux suppressions de postes, stop à la casse sociale. Tous ensemble, public et privé, cheminots et aide-soignantes, fonctionnaires et ouvriers, vers une convergence des luttes pour une alternative de progrès social.
La locomotive directe, c’est bien entendu les cheminots, qui entameront leur septième ou huitième jour de grève perlée. Jeudi dernier, Emmanuel Macron annonçait justement qu’il ne bougerait pas d’un iota sur la réforme de la SNCF... «nous on est d’accord pour une réforme, mais pas dans le sens de la privatisation», explique le délégué CGT de la SNCF. La privatisation, si elle suit le même chemin qu’en Angleterre, serait dramatique : «Il y a eu plus de 700 morts en dix ans, si on veut que ce soit rentable il faut faire des économies de personnels et d’entretien... et le prix des billets a augmenté de 30 à 300 % ».
D’autant que l’ouverture à la concurrence, on a pu en constater les  bienfaits» avec France Télécom ou EDF, « les prix ont augmenté, et les services aux usagers ont diminué ». Justement, parmi ceux qui appellent à la mobilisation, il y a la CGT d’Enedis, qui tire elle aussi la sonnette d’alarme. « Dans le plan 2018-2021, il y a 2.000 suppressions de postes au niveau national, ça fait à peu près 80 par région, la baisse des charges du personnel est allouée pour augmenter les dividendes, c’est du détournement de fonds, c’est les clients qui payent les dividendes de l’Etat, c’est un impôt déguisé», dénonce le délégué syndical. Moins d’emploi, moins de salaires, plus de cash... et des prix qui se sont envolés.
«Depuis la mise en concurrence, le prix de l’électricité a augmenté de moitié et celui du gaz de 100%, avec des services qui ne se font plus, déjà la nuit au niveau individuel, mais aussi au niveau collectif, on fait la mise en sécurité et on attend le lendemain matin pour rallumer ! »... Ici et là, on dénonce la fin des services publics, «surtout dans les territoires ruraux», et pire, la fin prochaine de la Sécurité sociale...
« S’il n’y a plus de Sécurité sociale, comment on va faire pour se soigner ?», interrogent les syndicalistes. Car parmi les réformes à venir, il y a la suppression des «charges» de cotisations sociales pour les entreprises de moins de 250 salariés... Sur la fiche de paie, chic, un salaire net qui augmente, mais derrière... Des fiches de paies déjà bien basses pour les salariés, qui sont de ce fait plus difficiles à mobiliser.
«Les salaires ne sont déjà pas intéressants, alors c’est difficile de récupérer le manque quand on fait grève, c’est difficile de mobiliser à cause de ça », regrette la déléguée syndicale de chez Sauthon. Pourtant, l’usine a perdu la moitié de ses effectifs d’agent de production en trois ans, les arrêts maladie et les démissions tombent, et les techniques managériales s’empirent...
Chez les « nantis de fonctionnaires », pas mieux. Le ministère des Finances est celui qui a connu le plus de suppressions de postes ces dix dernières années, « entre 16 et 18.000 suppressions prévues d’ici la fin du quinquennat Macron, ce n’est pas rien, on va vers la mort du ministère des Finances », raconte le délégué CGT du centre de Guéret. Avec en conséquence, la suppression de petites trésoreries et de services, « il n’y aura plus que les grands services dans les gros centres, à Limoges voire même à Bordeaux, on n’en sait rien on aura les chiffres exacts dans quelques mois ». Avec la dématérialisation des services, « plus question de recevoir du public », et avec le prélèvement à la source, des milliers de suppressions de postes...
Côté santé, « quand on travaille le dimanche, on a une bonification de 47 €, la nuit c’est 1,07 €, on se rend compte que public ou privé, les conditions de travail se sont dégradées partout, les gens préfèrent partir, la précarité augmente ». Et pour la mobilisation, non pas qu’on ne puisse compter sur les salariés, mais la mobilisation est d’autant plus difficile qu’ils fonctionnent déjà en effectif minimum tout le temps... Et que ces «nantis» ont pour principal défaut leur conscience professionnelle, qui fait que ça tient encore un peu, pour les usagers...
Aujourd’hui, ça tient encore, le fil n’est pas encore rompu... Mais l’épuisement est là, alors les dernières forces, il faut les utiliser pour un combat commun, une « convergence des luttes » pour arrêter la casse sociale, maintenir les emplois de qualité en réduisant le temps de travail, améliorer le pouvoir d’achat et surtout développer une industrie et des services publics qui répondent aux besoins des populations... « Sur les dernières distributions de tracts qu’on a fait, on sent bien qu’il y a une grogne qui s’installe durablement, les gens viennent à la discussion», s’encouragent les syndicalistes.
Ce jeudi 19 avril à 10 heures devant la gare de La Souterraine et à 14 h 30 devant la gare de Guéret, la CGT invite donc tous ceux qui se sentent concernés à venir manifester leur colère pour tenter de freiner la casse sociale engendrée par le gouvernement, que ce soit pour les services publics ou pour les entreprises privées.

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