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Saint-Avit-de-Tardes, ton univers impitoyable...

Tribunal

C’est une histoire de succession comme toutes les histoires de succession, un nom contre un nom qui est souvent le même nom ; la certitude d’être dans son droit contre la certitude d’être dans son droit... une histoire somme toute banale à ceci près que dans l’affaire qui oppose Bardinon à Bardinon entrent en jeu, outre une palanquée d’avocats (six pour les parties civiles, deux pour la défense) plus du double de témoins (1), une ferrari à environ 52.285.000 €. Un dossier somme toute banal mais qui a privé les justiciables du tribunal pour toute une journée... Voir même un peu plus : en pleine plaidoirie, peu après 20h, un assesseur finit par faire un malaise. Patrick Bardinon fils du fondateur du Mas-du-Clos à Saint-Avit-de-Tardes, qui comparaissait hier au tribunal de Guéret est-il coupable d’abus de confiance ? Réponse en septembre... après une nouvelle audience.
Bien avant les questions de succession, Patrick Bardinon avait hérité de son père deux choses, tout comme son frère du reste, un certain confort au sein de l’empire familial dans le domaine de la tannerie et surtout une grande passion pour le sport automobile... au point de devenir pilote, jusqu’à un accident grave suivi de trois jours de coma en 1978 (2). Accident à l’origine, selon lui, d’une certaine culpabilité de la part de son père et, dans le prolongement, d’un don : un des joyaux de sa collection, une Ferrari 250 GTO 64. Une rareté, trois exemplaires dans le monde qu’il vend en 2014, deux ans après la mort de sont père.
Il est reproché à Patrick Bardinon d’avoir détourné un bien à charge de revente au préjudice de son frère, Jean-François et de sa sœur, Anne.
« La voiture m’appartenait, j’estimais avoir la légitimité à la vendre pour régler les problèmes de succession le plus rapidement et proposer ensuite à la famille le produit de cette vente », explique-t-il à la barre. Sauf que les liens entre les membres de la fratrie se sont distendus, et ce, de l’avis de chacun, à partir des années 90. Patrick en ignore la raison, à l’inverse de son frère et de sa sœur qui lui ont même trouvé un nom, celui de sa femme. « Tout s’est gâté à son arrivée... Ça a été le bordel, la fin de vie des parents a été catastrophique, le relationnel entre mes parents et moi a été catastrophique », explique Jean-François, entre deux sanglots. « Papa a dû quitter la maison qu’il habitait sous prétexte de conditions de vie plus agréables, il a vécu, deux trois mois avant sa mort, dans son bureau » Complot crie celui-ci, calomnie répond le premier... Et le premier de constater une prise de distance, et les deux autres une mise à l’écart...
Même dichotomie côté témoins, les premiers affirmant à qui mieux mieux, que le patriarche avait devant une fresque, au cours d’un repas, confié sa culpabilité pour l’accident de 78 et confirmé le don de la 250 GTO 64 en compensation, les seconds criant au mensonge... Une cacophonie où surnage l’absence de preuve, l’immatriculation de voitures au nom des enfants pour des raisons fiscales, la question de la recevabilité des attestations de certains témoins de la défense et autres questions... Pour le reste un embrouillamini de digressions,  de détails, de sentiments, de «je pense que»... Sans oublier, des avocats qui s'interpellent de part et d’autres de la salle.
Les plaidoiries se joueront sur la notion de présent d’usage, qui reconnu comme tel, exclut de la succession... De ce débat, seules ont pu être exprimées les vues des parties civiles, qui attaquent le bien fondé de cet usage -« Je ne vois pas tellement d’usage à offrir une voiture suite à un accident mortel... C’est même un paradoxe de donner une voiture à un homme qui est dans le coma à cause d’un accident... », a eu le temps d’exposer maître Massis-, a et encore pas en entier... À la troisième plaidoirie, l’un des assesseurs disparaît et ne reviendra pas.
Une heure après son malaise, le renvoi est finalement ordonné. L’affaire sera à nouveau exposée, dans son entier, le 13 septembre à 9h et le 14 est réservé.

(1) Malgré l’absence de certains, les débats sont, le matin, si longs que l’audition des témoins de la partie civile a été renvoyée après la reprise à 14h40. Reprise difficile, le tribunal apprend que ces derniers qui devaient recevoir un plateau repas afin de ne pas quitter la pièce se sont absentés. « À partir du moment où les débats sont ouverts ils n’ont pas à avoir connaissance de ce qui se passe dans la salle d’audience. Cette sortie laisse imaginer que ça a pu être le cas. », rappelle la présidente. Ils y ont perdu leur qualité de témoins... Premier d’une longue série d’incidents et de rebondissements.
(2) Même s’il reprend la piste occasionnellement.