Que se passe-t-il aurour du RPI

Sain-Alpinien, Saint-Amdn, Sain-Maixant

Créé en 1978, le regroupement pédagogique intercommunal (RPI) Saint-Alpinien-Saint-Amand-Saint-Maixant est l’un des plus anciens de Creuse et fonctionne bien avec 78 élèves accueillis dans les 4 classes réparties sur les trois communes. Mais depuis plusieurs semaines voire quelques mois, le maire de Saint-Maixant Gérard Chabert «attaque» le RPI. Un point sur lequel Evelyne Chabant, maire de Saint-Alpinien  et Jean-Marie Le Guiader, maire de Saint-Amand sont revenus rappelant que depuis sa création, «aucun nuage n’était venu obscurcir l’horizon du RPI».
En présence de la présidente du RPI, Evelyne Pinlon, première adjointe de Saint-Maixant*, de la secrétaire Marie-Claude Guyonnet, d’agents et de parents d’élèves, les deux édiles ont voulu rassurer la population : «le RPI n’est pas menacé, il y a toujours 4 classes, trois mairies concernées, les budgets 2018-2019 sont votés». Ils notent que le RPI n’ait «absolument pas» dans l’illégalité. C’est ce que leur reproche Gérard Chabert. Pour lui, les statuts n’auraient pas été modifiés après le changement de mode de financement du RPI en 2014 dont il est «à l’initiative», précisent Evelyne Chabant et Jean-Marie Le Guiader et sur lequel il veut revenir. Aujourd’hui, les communes financent le RPI en fonction du nombre d’habitants de leur commune. Pour Gérard Chabert, il faut partir du nombre d’enfants scolarisés des communes. Il a pris une délibération au sein de son conseil municipal dans ce sens  ajoutant que pour lui il faut que ce mode de calcul repose sur le nombre total d’habitants mais que celui-ci soit en corrélation avec le nombre d’enfants scolarisés de la commune.  Mais cette délibération aurait dû être étudiée d’abord en comité syndical. Une réunion de ce dernier a eu lieu en avril où Gérard Chabert, d’après ses deux collègues, a pris la parole pour un monologue puis est parti sans prendre part au vote des budgets qui ont été adoptés.
Autre reproche fait, la garderie. Pour l’édile de Saint-Maixant, il s'agit là aussi d’une illégalité. Celle-ci ne devrait pas dépendre du RPI, elle n’est pas inscrite aux statuts. Faux, répliquent les deux maires, elle est inscrite aux statuts depuis un avenant rédigé le 28 août 2008. Gérard Chabert va même plus loin, il réclame de l’argent à la communauté de communes Creuse Grand Sud car pour lui, elle aurait dû passer sous son giron. Une compétence garderie qu’elle n’a plus depuis le changement de statuts l’an dernier mais il voudrait un remboursement rétroactif. Un remboursement qui ne peut se faire expliquent Evelyne Chabant et Jean-Marie Le Guiader, cette garderie n’a jamais été intercommunale car elle n’est pas inscrite au contrat enfance-jeunesse et n’est pas subventionnée par la Caisse d’allocations familiales.  
«Instrumentalisation» du RPI
«Nous sommes déçus de sa façon d’agir, confie Evelyne Chabant. Notre but est de rassurer tout le monde, le RPI  n’est pas menacé mais M. le Maire voudrait nous faire perdre une classe, il ne s’y prendrait pas autrement». Pour Jean-Marie Le Guiader , «il instrumentalise le RPI contre la communauté de communes Creuse Grand Sud».
Evelyne Chabant et Jean-Marie Le Guiader le concède, «il faudra effectuer une révision des statuts et mettre sur table le mode de répartition» mais ils souhaitent surtout «retrouver de la sérénité pour contribuer à une vie sociale en toute harmonie».
Dans la salle, une maman d’élève s’interroge sur la volonté du maire de Saint-Maixant. «Imaginons qu’il y ait 0 enfant de Saint-Maixant, qui financera ?» Rencontré quelques jours plus tard, Gérard Chabert répond à cette question sans détour : «je ne vois pas pourquoi on paierait si Saint-Maixant n’a plus d’enfants». Pour lui, les élus veulent faire de ce RPI «leur pré carré», il a indiqué avoir déposé un recours au tribunal administratif ainsi qu’une plainte à l’encontre de deux personnes qui d’après lui auraient perturbé le cours d’un conseil municipal de Saint-Maixant en mars dernier.
Au vu de la situation, les parents d’élèves ont constitué un collectif en soutien au RPI «ouvert à tous afin qu’on soutienne la pérennité et la sérénité du RPI. On a la chance d'avoir une école rurale, d'avoir trois cantines, trois cantinières».
*Evelyne Pinlon est toujours 1ère adjointe de Saint-maixant mais le maire lui a enlevé toutes ses délégations à la suite de ce désaccord sur le RPI.