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Un métier nommé précarité

Mobilisation

Le cap était déjà donné en 2017... et les promesses sont tenues avec la précision et la rapidité d’un tireur d’élite : 120.000 fonctionnaires, PAN, les chômeurs bien à découvert, PAN, et les retraités qui ont déjà un coup dans l’aile, PAN, le code du travail, PAN, les droits collectifs et les services publics de proximité, PAN et PAN. Tir après tir, un modèle social en charpie, coup après coup des rues qui se remplissent : 200 personnes devant la gare de La Souterraine et environ 650 à Guéret.
Du personnel en moins à l’Éducation nationale, à pôle emploi, au Ministère des sports et des usines qui ferment... toujours plus. Pourquoi attendre d’être au chômage pour traverser la rue ? 650 personnes se sont massées devant la permanence du député Jean-Baptiste Moreau, hier, à Guéret pour protester aussi bien contre l’austérité, d’autant plus intolérable que, dans le même temps, les dividendes n’ont de cesse d’augmenter et les plus riches de cesse de s’engraisser, que contre la politique idéologique du gouvernement visant à la rénovation du modèle social français, façon puzzle.
Un dépeçage qui se fera au bénéfice du privé... pas des plus fragiles, les enfants, les chômeurs, les malades, les retraités et les contractuels... Noémie est de ceux-là. Noémie est AESH (Accompagnant d'élèves en situation de handicap). Comme beaucoup, elle aurait préféré, hier, faire son travail. Elle aurait préféré être dans sa classe de maternelle, à accompagner une petite fille polyhandicapée comme elle le fait au quotidien... Seulement voilà, sa vocation lui imposait d’être hier dans la rue. À plus d’un titre.
Ce que constitue pour la petite fille, depuis la loi Darcos, un droit élémentaire relève surtout, au vu de l’application qui en est faite,  du privilège : la petite fille a une AVS pour elle toute seule, et l’AVS, une seule petite fille à suivre ; certains AVS ont un total de 20h35 à partager entre quatre élèves ; certains élèves n’ont, eux, même pas d’AVS. « Comment peut-on vraiment accompagner un enfant dans ces conditions, une heure par ci, une heure par là ? », s’insurge Noémie.
La réponse n’est pas clairement à la hauteur de l’enjeu. Plus qu’une simple prise en charge, l’AESH fournit, quand il n’est pas contraint à se diviser, un accompagnement complet ; AESH, c’est aussi révéler ce qu’ils ont de meilleur au sein d’un groupe, d’accomplir un potentiel...
Car si, dans les classes, l’activité, le soin, l’amour disent métier, la feuille de paye crie, elle, précarité. Noémie, qui attend chaque été depuis 5 ans de savoir si son contrat est reconduit, touche 639 € par mois. « Quand on nous propose un contrat d’AVS AESH, on nous propose d’emblée un contrat à 50% qui nous précarise... une fois qu’on a fait les courses et inscrit les enfants à une activité, il reste quoi pour vivre ? »
Mobilisée avec une partie de ses collègues, Noémie demande une vraie reconnaissance, un vrai statut, le travail, les formations et la rémunération qui vont avec. Elle veut aussi l’arrêt des contrats à répétition : « Si on fait l’affaire  dès la première année, pourquoi attendre ? »
De la même manière que le mot contractuel donne la couleur, il suffit à Régis de se présenter comme « retraité depuis trois ans », pour comprendre. « On a vécu une augmentation de la CSG considérable et une diminution du pouvoir d’achat tout aussi considérable. On subit aussi l’inflation des taxes. Je vis à la campagne, je suis souvent amené à me déplacer. L’essence pèse sur mon pouvoir d’achat », précise-t-il. Pourtant s’il a marché de l’avenue Gambetta jusqu’à la place Louis Lacrocq, Régis ne l’a pas fait que pour son pouvoir d’achat. Parti  à 61 ans et 7 mois, il a déjà subi l’amorce du processus et ne veut pas que ceux qui suivent en connaissent l’aboutissement : « Il s’agit maintenant de défendre les générations futures par rapport à tout ce qui se profile et surtout la retraite par points... », poursuit-il. « Ce qui est dur, c’est de voir les jeunes résignés à leur sort et dire : de toute façon, on aura pas de retraite. C’est abominable... »

Côté gare
À La Souterraine l’accent était mis, entre autres, sur le ferroviaire. « La grille horaire d’hiver présente des incohérences avec des circulations fantômes ! Nous ne pouvons arriver en semaine à Paris qu’à 10h23, et en repartir à 17h37au plus tard. Une réduction drastique d’horaires de notre guichet qui passe de (35h75 à 15h30), sans concertation » a déclaré Aimé lamardelle, président de l'Association pour la défense des services publics et des usagers de Saint-Sulpice-Laurière. « Il y a plus qu’une impression d’abandon, de désertification, de mépris envers les citoyens des territoires ruraux, puisque nos courriers restent sans réponse. L’efficacité de la défense des services publics ne peut se faire qu’en alliant nos forces, c’est vital pour l’aménagement de notre territoire et pour la population. »
Aimé lamardelle a appelé à la mobilisation, blocage de deux trains à la clé, le 27 octobre à 14h15.