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Les agriculteurs mettent la pression

Manifestation

Mercredi après-midi, c’était  au tour d’une soixantaine d’agriculteurs de se mobiliser à l’appel de la FDSEA et des Jeunes agriculteurs (JA) de la Creuse pour mettre la pression sur le dossier sécheresse.
Une sécheresse qui ne ressemble à aucune autre. Il y a eu une première récolte de fourrage puis plus rien. «Dans toutes les exploitations, il n’y aura plus de fourrage au 31 janvier», explicite Thierry Jamot, le président de la FDSEA 23. Une situation impossible à tenir pour les agriculteurs  qui ont déjà  nombre de difficulté.s «S’il y a plus de fourrage dans les exploitations, il y aura de gros problèmes dans les élevages mais aussi chez les éleveurs, ne pas avoir de fourrage, ce n’est pas supportable», poursuit-il. La mobilisation est donc «un coup de pression à la Direction départementale des territoires (DDT), à l’administration, à la machine administrative. Il y a le feu», précise le président. D’après les calculs réalisés sur une ferme, il y a un déficit d’approvisionnement de 28.000 euros. A ce déficit, s’ajoute une spéculation sur la paille. «Dans l’Indre, dans le Cher, ils ne veulent pas la vendre à moins de 140-150 euros la tonne», stipule le président des JA 23 Michaël Magnier. Sans oublier le prix du gasoil, «la cerise sur le gâteau» pour Thierry Jamot qui a fait ses comptes, «depuis mars 2016, il a pris 40 centimes d’euros».
Les agriculteurs ont donc décidé d’aller à la rencontre du directeur de la DTT Laurent Boulet pour savoir où en est le dossier. Pour les agriculteurs, celui-ci aurait pu être remonté pour le Comité national de gestion des risques en agriculture (CNGRA) du 16 octobre. Pour le directeur, c’était trop tôt, «il faut un dossier complet, partir trop tôt, c’était une connerie», admet-il. Pour les agriculteurs, l’administration n’a pas le droit à l’erreur, ils ont besoin de cette reconnaissance en calamité agricole pour bénéficier de fonds et donc de trésorerie.  «Si on crève, vous crevez avec nous !» avertit un éleveur. «Il a fallu pousser un peu, rappelle le président de la chambre d’agriculture Pascal Lerousseau qui prévient : maintenant, il va falloir qu’il y ait des résultats et que les agriculteurs aient de la trésorerie pour les sécuriser, sécuriser les banques et les fournisseurs.» La DDT assure que le dossier sera prêt à être envoyé fin octobre pour un passage au CNGRA du 12 décembre. La DDT est prévenue, s’il y a un grain de sable, les agriculteurs seront «beaucoup moins gentils». Ils ont laissé un peu de fumier et ont pour la première fois soudé le portail... Ils sont ensuite allés murer la permanence du député Jean-Baptiste Moreau avant de rencontrer à la préfecture la préfète Magali Debatte.  
V.J.