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Des surveillants à bout

Prison

Ce mercredi, il est à peine huit heures, des palettes sont devant la porte de la maison d’arrêt de Guéret, une banderole où on lit «surveillants en colère, sécurité au rabais, sous-effectif, gestion humaine catastrophique» est accrochée. Le message doit passer pour les surveillants pénitentiaires guérétois, ils n’en  peuvent plus.
C’est leur deuxième mouvement de grève de l’année. Après le mouvement national de janvier qu’ils avaient suivi, les agents de Guéret ont décidé de se mobiliser à nouveau pour évoquer leurs propres conditions de travail qui se détériorent. «On a un nouveau patron depuis un an et demi et tout se dégrade», avouent les présents. Le mouvement est intersyndical et est porté par la CGT, l’UFAP et FO, les représentants du SPS sont en arrêt. Les surveillants pointent du doigt un management «autoritaire, trop autoritaire».  Pour l’UFAP, «c’est vrai il a un rôle à tenir mais on ne peut pas l’outre-passer. Il fait des réunions mais les décisions sont déjà prises». Ils évoquent aussi des journées réorganisées sans l’avis des organisations syndicales, «nous ne sommes pas assez et tout est en même temps». Pour eux, «c’est une organisation calamiteuse, une gestion calamiteuse». Fatima Benyoussa, responsable régionale de la CGT pénitentiaire, n’y va pas par quatre chemins «qu’il dégage. C’est un chef d’établissement qui fait subir du harcèlement permanent à nos collègues. Ils n’en peuvent plus. Ils viennent bosser la peur au ventre». Des plaintes auraient même été déposées.
Les surveillants dénoncent également le manque d’effectif. Avec aujourd’hui 18 agents postés et trois en poste fixe, il manquerait d’après eux une équipe de trois agents. Et cela devrait durer encore un an, la commission des mutations étant passée. Quatre agents sont en longue maladie.
Ce sous-effectif est criant la nuit et il l’a été aussi cet été avec en plus une surpopulation carcérale jamais vue à Guéret. Pour la première fois pour certains surveillants qui sont là depuis quinze ans, des matelas ont été mis par terre, ils étaient trois par cellule.   
Finalement, alors que les agents creusois n’avaient eu aucun dialogue avec la direction ni aucune réponse de la part de la direction inter-régionale, à l’initiative des organisations syndicales, le directeur a reçu dans un premier temps les responsables régionaux puis les représentants syndicaux de la maison d’arrêt guérétoise. Après ces deux entrevues, les organisations syndicales ont noté qu’il semblait à l’écoute mais elles restent attentives. Elles ont décidé de se revoir début novembre et ont demandé à rencontrer à nouveau la direction à ce moment-là pour faire le point.
Quant à la presse, le directeur n’a pas souhaité la recevoir faisant préciser par son adjoint qu’il n’avait pas eu l’autorisation.
V.J.