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Artisans qui n'arrivent pas à recruter

Travail

C’est au cœur de la Cité internationale de la tapisserie d’Aubusson que tout dernièrement s’est déroulée la remise des prix Stars et Métiers 2018.
Ce prix organisé par la Banque Populaire Centre Atlantique et la Chambre de métiers et de l’artisanat (CMA) de la Creuse permet de mettre en lumière les chefs d’entreprises artisanales pour leur réussite en matière d’innovation, de savoir-faire, de dynamique commerciale et de ressources humaines. Pour Paul Chaput, président de la CMA «ces entreprises artisanales méritent toute notre reconnaissance. L’artisanat est mis en valeur». Il n’oublie pas de signaler que l’artisanat est «un secteur d’activité vital» en Creuse  avec 3.000 entreprises et 4.300 salariés soit 15 % de la population active creusoise. «Depuis début 2018, on enregistre 240 immatriculations avec un solde positif de 40 entreprises», souligne le président  qui évoque aussi les défis qui attendent les artisans dont l’apprentissage, le numérique.
Ces défis, les lauréats en ont bien conscience.
Manuel Roossens est menuisier-ébéniste à Saint-Vaury. Il a repris l’entreprise l’Art du bois il y a maintenant six ans. Il a été salué par le prix coup de cœur du jury pour son savoir-faire traditionnel.  «On travaille comme nos maîtres.   La base de la fabrication est la même, on travaille à l’unité, sans commande numérique. C’est du vrai sur-mesure», explique-t-il fier et content de recevoir ce prix.  Mais aujourd’hui le problème c’est qu’à 3 salariés il n’arrive pas à répondre à toutes les demandes.  «On est obligé de refuser du travail ou de demander aux clients d’être indulgents», explicite-t-il. Il y a près d’un an de délai. Le problème de Manuel Roossens c’est qu’il n’arrive pas à recruter ni d’employés ni même des apprentis. «Ils ont personne à nous proposer. C’est triste, ça reste un métier de passion», note-t-il. Et c’est bien là le gros du problème. Pour lui, «il faudrait changer de discours au collège, faire de l’immersion et obliger les collégiens à aller voir plein de métiers».
Et malheureusement, il n’est pas le seul dans sa situation, son collègue Jacques Cottaz, dirigeant de la SARL du même nom spécialisée en menuiserie métallique et dans toutes les fermetures a les mêmes problèmes. Son entreprise installée à Aulon compte aujourd’hui 6 salariés. «Le plus handicapant est de ne pas trouver des employés. Cela freine l’évolution de l’entreprise», avoue-t-il. Pour lui, il faudrait valoriser le travail manuel. Quand lui a démarré en 1983 dans son garage à Vieilleville avant de construire son atelier à Aulon en 1988, il voulait prouver qu’il pouvait faire quelque chose avec ses mains mais aussi en milieu rural.  Après plus de 30 ans sans «trou dans l’activité», il l’a prouvé et est même récompensé de son travail dans la catégorie «responsable».
Si les artisans sont ravis de recevoir ces prix, ils leur restent à trouver des employés.

Les lauréats

innovation
Atelier Tapisserie Guillot ; à Aubusson, vente, production, tapis-ras, tapisseries d’Aubusson, représentée par Marie Guillot.
Entrepreneur
SARL TPCRB, Saint-Sulpice-le Guérétois, travaux publics, terrassement, voirie, représentée par Joaquim Fernandes.
Responsable
SARL Cottaz, Aulon - menuiserie métallique, représentée par Jacques Cottaz.
Coup de cœur
SARL l’Art du bois, Saint-Vaury - menuiseries bois et pvc, représentée par Manuel Roossens.