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Des cerfs, des cerfs et des cerfs

Comptage des cerfs

Un archétype de dimanche matin. Gris, humide... la pluie est fine, presque statique. Une pluie d’automne collante et un peu sale. À l’extérieur d’un hangar à la lizière de Féniers, l’enfilade de hummers en est cloquée, à l’intérieur, les gilets orange et les pulls kaki en restent perlés. L’humidité est partout, les doigts sont engourdis, les oreilles rouges, le souffle vaporeux, pourtant il se dégage de la scène une certaine chaleur.
Une vingtaine de personnes, chasseurs pour la plupart, est attablée, les discussions y sont animées et les rires se font à gorge déployée. Venus dès l’aurore observer et compter les cerfs, ils agrippaient à leur retour, peu avant dix heures, le premier verre à portée et posaient leurs fesses sur le bois âpre. La besogne pour le moment finie. Un peu à l’écart, celle entamée par les techniciens se poursuit. Leur mission : relever, transférer, comparer, recouper... parvenir à une estimation du nombre de cerfs sur les 44 communes de Creuse et de Corrèze (1).
La cérémonie se répète tous les 6 ans, lors d’un week-end d’automne, les chasseurs déposent les armes. Accompagnés de non-chasseurs, ils ne sont plus armés que d’une grille, un stylo et d’une paire d’yeux qu’il est recommandé d’avoir en face des trous. Les observations doivent être précises : nombre d’animaux ; type, mâle, femelle, faon ; âge et autres... « Pour les mâles, c’est plus facile. Chaque cerf a sa forme de bois qui à mesure qu’il vieillit prend une envergure plus importante ; après il y a différents styles de bois, des plus larges, d’autres en forme de coupole... », indique Corentin Bouchet, technicien à la fédération de chasse de la Creuse. « Les andouillers cassés peuvent constituer un repère. Il y a aussi les oreilles qui peuvent porter des traces de bagarre mais là, en repérage, on ne peut pas forcément le voir, c’est plus sur les photos prises lors du brame que ça se repère. » Pour plus de fiabilité, chaque équipe, constituée d’au moins un chasseur du cru (2), a conservé son secteur sur le week-end.
Total 1.422 animaux vus sur le week-end, 544 dès le samedi matin. En 2012, la population avait été estimée à 574. Un écart qui peut tenir, sur le temps de l’observation, aux conditions climatiques, la petite pluie se révélant propice à l’approche des animaux et qui peut s’expliquer, sur le long terme, par un milieu favorable... d’autant que la fédération a ces dernières années laissé la population de cerfs se développer. « Après, ça reste une estimation. On sait qu’on ne verra pas tous les animaux, précise Corentin Bouchet. Le comptage est un indice parmi d’autres ; il y a aussi le brame, le ressenti des chasseurs, si les prélèvements sont faciles ou pas, ou encore les dégâts sylvicoles. On ne peut pas se focaliser sur un seul paramètre. »
L’exploitation de ces données n’est donc pas pour demain... pas plus que pour dans une semaine, avec l’ouverture de la chasse au cerf. L’augmentation observée ne se traduit pas par une augmentation sur le plan de chasse, elle rassure toutefois la fédération en confirmant les indices précédents.
(1) Le cerf est un animal emblématique du plateau : sa population s’y est répandue depuis un noyau correspondant aux communes de Croze, Clairavaux et La Courtine. Plus la densité de population y a augmenté, plus les individus ont été contraints de s’en écarter quitte à parcourir des dizaines de kilomètres pour y revenir en période de brame. Ce noyau est donc ciblé en priorité lors des régulations éventuelles.
(2) Le comptage tourne d’année en année sur six territoires. Les chasseurs - ainsi que les techniciens - des différentes fédérations viennent s’épauler à tour de rôle. Le comptage des cerfs organisé à cheval sur la Creuse et la Corrèze a réuni environ 1.000 personnes, chasseur de Creuse et d’ailleurs, et des non-chasseurs.

En chiffres
- 44 communes participantes (12 en Corrèze et 32 en Creuse) contre 39 en 2012
- découpées en 603 secteurs (144 en Corrèze et 459 en Creuse) contre 507 en 2012. 17% des secteurs n’ont pas été prospectés.
- Ceux qui l’ont été, l’ont été par, en moyenne, 2,14 personnes
- Les chasseurs locaux ont représenté 66% des participants. Participant dont 15% étaient, par ailleurs, non-chasseurs (taux en nette augmentation par rapport à 2012).
- 1.422 animaux ont été vus (133 en Corrèze et 1.289 en Creuse), contre  574 en 2012 : 428 mâles, 616 femelles, 283 faons, 95 non-identifiés.