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Au-dela des choses : oser Fanny Guignon

Littérature

Ecrire un livre: beaucoup aimerait le faire, peu y arrive. Par crainte du regard des autres, de se dévoiler, de se mettre en avant sur la place public. On écrit souvent pour s’échapper et faire vivre quelques petites lignes que l’on trouve constructives. Fanny aura eu, quant à elle, besoin de trouver entre les pages, l’échappatoire de sa vie. Un drame, une douleur profonde et l’envie de  construire «son propre éxutoire», pour mieux vivre, pour mieux appréhender l’avenir. Celle qui avoue «avoir toujours écrit  depuis ses années lycée, où elle publiait des petites chroniques dans le journal de l’école» n’en reste pas moins fière du parcours accompli.
Le début du rêve
2010: l’année de tous les possibles et l’année du chamboulement.
La plume glisse au gré des pages vierges et le premier roman commence à voir le jour. Il faudra deux autres années avant que se concrétise le projet. Deux années de doutes où Fanny explique « ne pas s’être sentie légitime dans la position d’auteure. Souvent l’écriture est liée aux professions littéraires... je me rends compte désormais que je faisais erreur». La douleur semble être au delà de la peine, l’élément déclencheur pour la future romancière. La petite étincelle, frêle mais bien vivante, lui permettant de vouloir se lancer, sauter le pas et laisser vivre ses mots dans la tête des autres. Editée chez «mon petit éditeur», le début s’annonce enfin. Discret, mais bel et bien là, à portée de main.
Fanny, dans ce roman laisse parler sa fascination pour le destin, le libre arbitre, et sûrement l’impossible. «Il sera une fois» devient le titre de ces deux années de travail. Un titre qui porte en lui bien plus que l’imagination de l’auteure.
«Il sera une fois est né dans la douleur» et comme un pied de nez à sa propre histoire, Fanny choisi l’angle du drame familial, du psychologique, le tout teinté de fantastique : «Mon 1er roman, "Il sera une fois" raconte l'histoire d'une jeune femme qui, pour se remettre d'un drame familiale, emménage dans un nouvel appartement à Guéret. Elle y découvre un journal intime écrit par une adolescente 12 ans plus tôt jour pour jour. La coïncidence l'intrigue et elle lit une journée dans ce journal. Le lendemain, elle se rencontre qu'elle a reculé d'une journée dans le temps. Est-ce son esprit tourmenté qui lui joue des tours ou ce journal lui permet-il réellement de réécrire son histoire ?
Mais chaque changement peut avoir des conséquences irréversibles et ce petit journal cache surtout un lourd secret...»
Ce premier ouvrage à double chronologie est une signature: celle d’une renaissance. L’auteure en se nourrissant du personnel réécrit, dans l’imaginaire, des  fragments de vie, des grains de temps, qu’on ne peut pas remonter. Un peu comme un livre-médicament, Fanny avoue que dans ses écrits «il y a une forme de projections».
Une aventure
qui continue
2014: l’écrivain réitère sa prose, mais dans un autre style. Après deux années d’écriture, entrecoupées de deux autres, le deuxième roman de Fanny voit le jour. Promets moi confirme les envies de partage de l’auteure. Contrairement à son premier «bébé littéraire», ce petit second n’est pas là pour palier la douleur, mais bel et bien pour transporter les lecteurs. Forte de sa première expérience, Fanny sait qu’elle veut privilégier une maison d’édition locale. C’est vers Fond d’Encre qu’elle se tourne. Lecture faite, c’est adjugé-vendu!
Dès la lecture des premières pages Philippe Biget, éditeur,  a un coup de coeur pour sa plume. Une plume qui est en raccord avec les qualités de son auteure: généreuse, sensible et exigeante. Promets moi comme son nom l’indique « parle d'une promesse. Une de celle que l'on fait en pensant qu'on aura jamais à la tenir. Le destin en décide autrement, confrontant les personnages à leurs engagements d’une manière pour le moins inattendue.
Sans en faire un roman de terroir j’avais à cœur de faire découvrir quelques endroits de notre beau département qui me tiennent particulièrement à cœur.
Dans « Promets-moi » on peut donc découvrir Chénérailles mais aussi l’Etang des Landes à travers Louis, Lucas et Joanne.»
A l’avenir
Inventer des histoires, écrire, qu’importe le regard des gens, c’est  prendre le pari de se lancer!
Fanny en a conscience: partager ses maux, ses mots, c’est une chose terriblement prenante. Alors, pour continuer son périple, braver ses émotions tout en transportant les lecteurs, elle a décidé de continuer. Deux romans sont en cours, sur un ton plus léger. Celle qui a récemment fêter une autre dizaine nous parlera bientôt et ce, avec beaucoup d’humour, de ce cap avec «39ans, 11 mois et des poussières»...
Quelques poussières d’étoiles, de toutes les couleurs, pour permettre au férus d’imaginaire, de vivre de fabuleuses histoires en osant la plume de Fanny Guignon. Oser, plus qu’un verbe, une vibration dans le coeur de l’écrivaine creusoise.

Céline Alanord