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Un combat pour une juste clause

PCF : élections européennes

«Oh l’Europe c’est loin. » À ce niveau-là, on pourrait penser que l’Europe qui s’étend un peu à l’est et qui englobe peut-être bien la France, est un machin tout aussi lointain et nébuleux que cette petite boulette suspendue quelque part du côté de Jupiter - « Oh l’Europe c’est loin » -. On aurait tort. Si notre Europe était effectivement une boule, ce serait celle que l’on trouve à l’extrémité de ces pendules de Newton qui ornent les bureaux des caricatures de financiers. Une impulsion et un choc métallique qui se répercute, d’une bille à l’autre... de directive en loi, jusqu’à la vie quotidienne en bout de ligne. Éjectée dans le vide. En déplacement en Creuse, à La Souterraine, pour parler industrie et ruralité, la tête de liste du PCF aux élections européennes, Ian Brossat mettait en lumière l’impact des décisions prises au parlement européen, et insistait sur l’enjeu des élections à venir. Après tout, un pendule de Newton.... ça bouge dans les deux sens.
L’impact de l’Europe sur un territoire rural comme la Creuse, on le mesure dès qu’on arrive, par exemple, en gare de La Souterraine, où Ian Brossat (1), a été accueilli, entre autres, par le secrétaire départemental de la CGT des cheminots Yann Desenfant qui lui a exposé la situation de la gare... « Sur la question de la SNCF, on paye cash les directives européennes. La loi sur la SNCF adoptée par le gouvernement, c’est la transposition d’une directive européenne, le 4e paquet ferroviaire sur l’ouverture du transport de voyageurs à la concurrence. La SNCF se comporte comme une entreprise privée parce qu’une directive européenne a dit à la SNCF de se comporter privé », commente Ian Brossat. Conséquences : fermeture de 9.000 km de petites lignes, disparition des guichets, déshumanisation des services publics qui sont raisonnés en termes de business et pas d’intérêt général.
Une catastrophe parmi d’autres    qui s’est jouée au niveau européen - la destruction des services publics de proximité, au centre des questions de ruralité, découle de la règle des 3% de déficit public imposée par l’Union européenne  - et qui s’est joué... à rien : le paquet susmentionné a été expédié grâce à une courte majorité. 24 voix. D’où, l’importance du vote : « Il faut bien se dire que ceux qui aiment l’Europe telle qu’elle est, eux, ils vont toujours voter. Il faut que ceux qui veulent changer se rendent aux urnes », insiste la tête de liste du PCF qui rappelle que le parti a toujours rejeté les directives libérales. « C’est notre première spécificité, nous sommes cohérents. Notre deuxième spécificité, c’est que notre liste est composée à 50% d’ouvriers et employés, y compris en position éligible... c’est la proportion qui constitue la société française. » À l’heure actuelle, sur 750 eurodéputés, on ne compte que 3 ouvriers. De quoi expliquer, peut-être, comment, par le biais de la concurrence libre et non faussée on voit des entreprises, partir toujours plus loin à l’Est, pressant les ouvriers à chaque escale... (2) « L’Europe avait été faite pour se serrer les coudes, pas se tirer dans les pattes ! »
Un changement de têtes... pour un changement de processus, le PCF milite  pour un droit de veto. « La France, après 1945, s’est dotée de services publics puissants. Là-dessus, l’Europe impose un moule libéral qui ne correspond ni à l’histoire de la France, ni à son identité », développe Ian Brossat. « L'UE doit accepter qu'en son sein, il y ait des modèles différents. C'est-à-dire que nous, la France, si nous voulons faire autrement, il faudrait que l'UE nous laisse faire autrement. C'est ce que j'appelle une clause de non régression sociale. Un Etat devrait pouvoir dire, à l'intérieur de l'UE, je n'appliquerai pas cette directive parce qu'elle va dégrader nos conditions de vie. »
En ce qui concerne le mal qui a déjà été fait, le PCF propose un moratoire sur toutes les fermetures de service public en zones rurales, mais aussi de se tourner, pour alimenter un fonds pour le développement des services publics, vers la banque centrale européenne qui, depuis dix ans a versé, sans contrepartie, 3.000 milliards d’euros aux banques privées.

(1) Il était accompagné du 11e candidat sur la liste PCF, le syndicaliste Franck Sailliot, connu pour son combat pour sauver Arjowiggins.
(2) Le PCF propose une clause de proximité dans la commande publique : ce qui peut être produit en France, sera produit en France. « La question de l’industrie est importante. Or ce qu’on voit poin-dre, c’est une France sans usines, dans laquelle il ne se produit plus rien. Il n’y a pas de grand pays sans industrie », insiste Ian Brossat. « On nous dit l’industrie, c’est dépassé mais il y a des pays où l’industrie se développe, au détriment de la France. »

GM&S : responsabilisation des donneurs d’ordres
« La situation de GM&S, on la connaît tous », résume Vincent Labrousse, vice-président de l'association de défense et de soutien des salariés et ex salariés de GM&S, « Actuellement pour les 120 repris la situation est difficile. Ça fait 18 mois que la reprise est prononcée et il y a toujours beaucoup d’incertitude et beaucoup de boule au ventre. » Les 25M€ de chiffre d’affaires promis par le gouvernement sont introuvables, les mesures exceptionnelles annoncées se réduisent à une cellule de reclassement et les 157 salariés licenciés toujours sur le bord du chemin : 38 ont retrouvé un CDI, perdant 1.000€ de salaire au passage - « Certains avaient 30 à 35 ans d’ancienneté, ils se retrouvent à zéro » -, 70  n’ont pas de perspective d’avenir et parmi eux, 25 sont en situation de détresse extrême. « Les constructeurs ont le droit de vie et de mort sur les sous-traitants, il faut que ça s’arrête » C’est ainsi que Vincent Labrousse venait, à l’invitation du PCF, présenter la proposition de loi des salariés sur la reconnaissance de la relation donneurs d’ordre/sous-traitants. En d’autres termes, responsabiliser les premiers, faire entendre les seconds, dans l’espoir de faire de la catastrophe qui a touché les Sostraniens, l’une des dernières que le pays aura à déplorer. La proposition ne se cantonne donc pas au seul secteur automobile... Cette loi est articulée sur l’extension du périmètre économique et juridique des entreprises donneuses d’ordres (5.000 salariés en France, 10.000 dans le monde et + de 30% du chiffre d’affaire) aux entreprises sous-traitantes. Ce qui permettrait en cas de fermeture ou de mise en place d’un plan social, dans l’entreprise sous-traitante de calculer les dédommagements sur le périmètre des donneurs d’ordres. Autre volet, la mise en place de lieux de discussions des directions et représentants du personnel des donneurs d’ordres avec les directions et les représentants du personnel des sous-traitants par l’intermédiaire de comité inter-entreprises. Dernier point, les délais de paiements qui affaiblissent les sous-traitants : les grands groupes payent à 45-60 jours.