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Le rêve d'une société égalitaire

Gilets jaunes

Elle a fait ce que n’importe qui aurait pu faire selon elle. N’importe qui a pu voir la flambée des taxes sur le carburant, n’importe qui a pu constater que ceux qui exigent des efforts au nom de l’écologie sont sur Paris où ils pourraient prendre le métro mais ne le font pas ; se demander pourquoi ceux qui exigent des efforts ne proposent pas d’alternatives ; et puis s’interroger sur ce que sont censées alimenter les taxes susnommées... et si elles le font bien. Invitée vendredi soir à une assemblée citoyenne proposée par le Rassemblement citoyen creusois, Priscillia Ludosky, à l'initiative de la pétition qui a contribué à la naissance du mouvement des gilets jaunes, l’a répété : ce qu’elle a fait, n’importe qui aurait pu le faire. Sauf que tout le monde ne l’a pas fait... et que refuser, (se) débattre, lutter, tout le monde ne le fait pas comme l’a cruellement rappelé le peu de mobilisation le lendemain pour la journée d’action. On attend... comme on l’a toujours fait. Et on attend... parce qu’on l’a toujours fait.
Six mois après la naissance du mouvement, ceux qu’on appelle les gilets jaunes (lire ci-contre) continuent de se réunir, de proposer, d’essayer de construire, le mouvement n’a peut être plus la forme des débuts mais il est encore là. Il vit. « C’est un mouvement légitime », a rappelé Priscillia Ludosky. « C’est une légitimité justifiée, on parle de l’amélioration de nos conditions de vie. »
Le besoin originel d’exprimer sa colère et sa frustration, lui, perdure, attisé par quelques interventions stériles d’un président droit dans ses mocassins, et la sortie systématique des forces de l’ordre, l’arsenal quasi militaire, la main lourde et tous les Saint Bataclan : intimidations, chocs, mutilations, arrestations arbitraires... Il y avait donc lors de l’assemblée citoyenne, comme du reste au cours de chacune des réunions qui a précédé ces derniers mois, un farouche besoin d’échanger, de proposer, de remodeler un système duquel l’humanité a été éjectée.
Si bien que le programme déterminé  initialement autour du pouvoir d’achat et des différentes taxes ; du climat ; de la ruralité ; du RIC ; des élections européennes l’a été de manière brouillonne... et, par ricochet, riche. On propose de déposer les téléviseurs devant la préfecture, de paralyser le système à coup de grèves par inertie (1) ou mieux, via une révolte temporaire et pacifique façon Alexandre le Bienheureux : ne plus aller bosser, ne plus rien faire si ce n’est vivre... Ou un remodelage façon Paul Lafargue : « Du boulot, il y en a assez pour tout le monde ; sur la terre entière si on partageait tous le travail, avec chacun sa part,je sais pas si on arriverait à 3h par jour », intervient Jean-Marie conducteur de trains à la retraite. « La sécu serait inclue dans le mode de vie,  la santé serait gratuite, je suis peut être utopiste mais j’imagine une vie solidaire et égalitaire. »
« Moi, ce que je pense c’est qu’il faut changer les mentalités », souligne à son tour Paquita. « La seule chose qu’on peut faire pour vivre mieux dans ce monde qui va s’effondrer, c’est arrêter de consommer et d’acheter pour jeter, ce qu’on peut faire, c’est être solidaire. »
Un avenir qui passe par l’éducation populaire plus certainement que par des élections... et tout particulièrement celles qui s’annoncent. Sujet qui fait débat : « On s’est toujours fait baisé la gueule et la prochaine fois, on se fera baiser aussi », avance-t-on. Les exemples fusent, les flagrants délits de corruption ne manquent pas. « Vous dites voter toutes et tous et que rien n’a changé, évidemment, de de Gaulle à aujourd’hui, il y a eu des gens de droite, de centre droit, un socialiste, ça ne peut pas changer parce que nous avons accepté des gens qui ont toujours mené la même politique. On peut être cocu une fois, deux, mais pas 25... les Français, depuis des décennies, ont voté pour le même système, le capitalisme, et on n’en est jamais sorti », répond-on.
Si des divergences apparaissent sur la façon d’aborder les choses ou d’envisager la suite, un cœur commun a tôt fait de garder les individus soudés. Ce que veulent les citoyens, c’est une institution au service de l’homme et non de la finance. Les revendications restent les mêmes : le RIC, le rétablissement de l’ISF, la lutte contre l’exil fiscal, la suppression de la CSG et de la TVA sur les produits de première nécessité. Et même s’ils étaient moins nombreux qu’à l’origine, ils étaient encore là, le lendemain, sur le rond point Opel, dans les rues de Guéret, sur la RN 145 temporairement déviée, pour le crier.
« Pour moi, un mouvement qui a duré six mois n’est pas un mouvement qui s’essouffle. Beaucoup de projets sont nés du mouvement... quand bien même  il ne serait plus présent demain dans les rues au travers de manifestations, il existe quand même sur les plateformes d’échanges d’idées », insiste Priscillia Ludosky. Parmi ceux du Rassemblement citoyen creusois, la création de ses propres media, une chaîne youtube et une station radio.

(1) Besoin de vingt litres d’essence ? On les récupère par tranches de cinq.

Quelques repères

nuances...
Des échanges ont aussi porté sur la place de la locution gilet jaune au sein du mouvement, certains se disant citoyens avant d’être gilets jaunes, d’autres expliquant qu’être gilets jaunes c’est ce qui faisait qu’ils tenaient chaque samedi leur place sur les carrefours. Pour Priscillia Ludosky, le gilet jaune, « c’est un symbole fort, mais il ne faudrait pas tomber dans l’étiquette. On nous en a trop souvent collé. Et quand on lit les revendications posées sur la table, on voit qu’elles concernent tout le monde. On peut ne pas être d’accord sur la formulation, un détail, mais on est tous d’accord pour dire qu’il faut changer ce monde. »
Un point qui fait écho au regret de certains gilets jaunes d’assister à une assemblée citoyenne et non une réunion sur la structuration du groupe. « L’objectif de ce type d’assemblée est aussi pour chacun de venir avec quelqu’un d’extérieur au mouvement, ça sert à ça, montrer aux gens ce qu’est le mouvement, ce qu’on propose, et puis il se peut que ces gens viennent à leur tour sur les ronds points ou même simplement changent », reprend Priscillia Ludosky. « Ce n’est jamais de la discussion pour rien. »

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