Fil info
19:43Sainte-Orse : Une découverte sportives des sentiers et des bories -> https://t.co/vfA6wElVJb
19:40Dordogne : De l’ombre qui produit de l’électricité -> https://t.co/cQsXKDom8r
18:16Coulounieix-Chamiers : Quatre mois de travaux en vue -> https://t.co/9DxT4NVa43
18:13Beynac-et-Cazenac : Le chantier du contournement ouvert à la visite -> https://t.co/1mo9f1CLSt
18:07Douadic : Un hommage solennel rendu aux déportés -> https://t.co/gg1MPDzyaL
18:03Indre : Retour en images sur le Festival international des sports extrêmes -> https://t.co/4nwa33KUXh
17:54Châteauroux : Un air de guinguette pour les résidents des Rives de l’Indre -> https://t.co/6E2VQAyolz

De l'ambiguïté de la vision

Exposition

Il souhaite travailler «l’ambiguïté de la vision», et ses dessins ne sont que cela : formes mouvantes sortant de traits fixes, impression de mouvement portée par l’inertie... «Pas de bruit, juste le souffle» témoigne une nouvelle fois des compétences de l’artiste hollandais Arnold Pander, qui expose jusqu’au 14 juillet à la Galerie des Marches d’Aubusson.
Arnold Pander travaille sur les lignes, le dessin d’une ligne simple et sa transformation, et le résultat obtenu auprès de celui qui la regarde. Dans cette dernière exposition, les lignes se suivent, minuscules traits reproduits encore et encore pour former une ligne visuelle complète, se croisant et s’entrecroisant, s’attirant et se fuyant, dans des formes géométriques à la simplicité exacerbée...
Exacerbé, comme le regard du spectateur, qui devant cet espace découvre une véritable atmosphère, différente selon la distance. «C’est le point de couture dans la ligne qui créé l’atmosphère visuelle. Quand on prend le temps, on peut être attiré dedans, car l’équilibre devient presque un effort, pas individuel, mais un équilibre général».
Entre points et traits, les couleurs font leur apparition, limitées à deux ou trois généralement. Passé des encres de chine aux crayon de couleurs, Arnold Pander veut «éviter toute tonalité pour faire un autre espace dedans», en créant une distance supplémentaire.  D’où le fait que ces lignes crées ne soient jamais complètement verticales ou horizontales, toujours question d’équilibre et de géométrie. Une recherche minutieuse qui pourtant garde sa part de surprise même pour l’artiste, «je ne sais jamais avant, je ne sais pas la distance mais je connais la direction», comme il connaît la direction qu’il veut donner à sa vie...
L’art, c’est «toute sa vie». Un père artiste, un frère également artiste en Amérique, Arnold Pander dessine depuis toujours. Jeune, il s’est intéressé au phénomène visuel, à son pourquoi surtout. Influencé par les artistes minimalistes américains et hollandais, il faisait partie des artistes figuratifs, mais avoue avoir toujours été attiré par l’abstrait, le minimalisme. Devenu artiste international portant les artistes de gauche aux Pays-Bas, le décès de sa fille le fait se retirer dans l’oubli...
Arrivé en Creuse il y a 22 ans, Arnold Pander a passé son temps à reconstruire sa vie en même temps qu’il rénovait sa fermette à Poussanges, sans pour autant arrêter complètement de dessiner : «J’ai fait mon devoir de dessiner, mais pas pour les montrer», assume l’artiste. Pourtant, il y a trois ans, Jérôme Bel de la galerie des marches d’Aubusson réussit à le convaincre d’exposer : c’est dé-sormais la troisième fois qu’il présente ses œuvres dans ce lieu. «J’ai mon système de travail maintenant, je suis bien ici dans ma cadence de dessinateur maintenant».
Un système de travail développé avec le tissage numérique, en collaboration avec Marc Téhéry de Néolice (Felletin). «Pour moi, c’était un challenge, car le dessin c’est toujours un peu intellectuel, j’ai retrouvé un équilibre entre le dessin et le tapis». Un équilibre, et un déséquilibre aussi, «avec le tissu, quand on travaille les couleurs, il y a des mélanges». L’obligation de faire des choix quand ces lignes se croisent, comme le choix des points par exemple. Choix que l’on retrouve dans l’exposition «pas de bruit, juste le souffle», «pour voir comment ça marche visuellement».