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Des médecins retraités pour aider les forces de l'ordre

Société

à la découverte d’un cada-vre, les officiers de police judiciaire font appel à un médecin : soit un généraliste, soit le Samu... Mais ces derniers ne peuvent pas toujours se déplacer immédiatement, entraînant des heures d’attente. Pour pallier à ce souci, il a été établi un protocole entre des médecins retraités volontaires, la gendarmerie et la police.
«On se retrouve actuellement dans des situations où pendant 4, 5 heures, voire plus, les gendarmes sont dans l’attente de l’arrivée d’un médecin», précise le colonel Philippe Vincent, commandant du groupement de gendarmerie de la Creuse. En zone police (Guéret), même constat : «On a de réelles difficultés pour trouver un médecin pour les cadavres, humainement c’est difficile à gérer, surtout quand la famille est sur place», note le commandant Sophie Dupont.
Une perte de temps de travail d’un côté, «mais aussi pour la famille, cela retarde son deuil». Si le corps est retrouvé à domicile, la famille ne peut pas y rentrer tant qu’aucune constatation n’a été faite par un médecin, et si c’est sur la voie publique, «il reste à la vue de tous pendant des heures, ce n’est pas terrible pour la dignité qu’on doit à la dépouille», rappelle le colonel Vincent.
D’autant que 4 à 5 cadavres sont retrouvés chaque semaine, rien qu’en zone gendarmerie, sur le département, et qu’il a parfois été nécessaire de faire appel à des médecins des départements limitrophes. Beaucoup de suicides et de morts naturelles, mais «les gendarmes ne sont pas médecins», insiste la préfète Magali Debatte, et ne peuvent se baser que sur l’aspect visuel du corps.
Avec ce protocole, la procédure restera la même, mais en l’absence de médecin disponible, il sera fait appel à un médecin retraité. Ce dernier pourra soit constater le décès naturel, soit mettre un obstacle médico-légal, qui entraînera alors des actes et des examens plus poussés, notamment une autopsie. «C’est le point de départ d’une procédure judiciaire, rappelle le procureur Bruno Sauvage, il faut la constatation d’un médecin et la délivrance d’un certificat de décès».
Alors il a été fait appel à des médecins retraités volontaires. «Les gendarmes de ma localité sont venus me demander, je ne pouvais pas refuser, ça ne va pas obérer ma vie dans les grandes largeurs», raconte un ancien médecin d’Auzances. «C’est quand même pour reconnaître un décès qu’on se trompe le moins, nous les médecins», plaisante son voisin. Un autre confrère de Bonnat se souvient avoir été confronté à la même problématique en son temps, «alors à partir du moment où quelque chose se met en place pour améliorer, on ne va pas faire obstacle !».
Les médecins retraités, onze à ce jour sur les quelque 80 que compte la Creuse, «seront défrayés pour leur concours au profit de la justice», assure le procureur Bruno Sauvage. Ils sont libres de se retirer du protocole quand ils le souhaitent ou de donner des moments d’indisponibilités dans l’année.  Dans un premier temps, c’est le principe de proximité qui prévaudra, et les gendarmes pourront véhiculer les médecins pour les conduire sur les lieux de découverte d’un présumé cadavre.
«Depuis dix ans, nous avons des problèmes récurrents de corps en attente, je pense que ça va fonctionner», assure le Dr Laridaud, président de l’Ordre des médecins. Ce dernier va même jusqu’à envisager la mise en place de gardes sur la journée. Ce phénomène n’est donc pas nouveau, même s’il est amplifié par le manque de médecins actifs dans le département.
Les médecins retraités du département qui souhaitent rejoindre le dispositif peuvent se rapprocher dès à présent de la police de Guéret ou de la gendarmerie de la Creuse (possible en composant le 17).