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Le nec plus ultra en matière de bouc-émissaire ?

Gentioux

Qu’est-ce qu’un ultra ? Force est de constater qu’à part dire que c’est un mot et qu’il mesure cinq lettres, eh bien, on n’en sait rien.
Le problème c’est qu’ultra ne veut rien dire... ou beaucoup trop. Pour la préfecture, on l’observe depuis près de deux ans, un ultra, c’est quelqu’un qui dira un peu trop fort qu’expédier des gens vers une mort certaine est intolérable, qui ne sait pas souffrir en silence, qui porte du jaune fluo ; pour le député Moreau, c’est quelqu’un qui portera des bottes en caoutchouc et critiquera un peu trop le CETA et sa position sur le sujet, qui donnera dans la caricature et le détournement, s’opposera à la tenue d’un festival sur le fond discutable. On pourrait penser qu’un ultra désigne toute personne qui ne partage pas la vision du pouvoir en place. Et l’ultra peut vite devenir celui qui brise la coquille de son œuf par le mauvais bout, qui porte des chaussettes dépareillées, aime le yodel, joue au foot, boit du rosé. Ultra peut désigner tout le monde. L’ultra est l’autre...
À Gentioux, les ultras qui ont récemment fait l’objet d’une motion présentée dernièrement par la maire de la commune Dominique Simoneau au conseil municipal, sont des hommes et des femmes -fraîchement arrivés peut-être- qui travaillent, font leur marché, amènent leurs enfants à l’école, ont des projets, vivent leur vie et leur territoire... Et qui aimeraient pouvoir être considérés comme tels. Suite à cette motion, et l’écho qu’elle a pu recevoir, des habitants de Gentioux ont, après concertation, rédigé un texte intitulé Nous ne voulons pas vivre dans la défiance.
« C’est pas dans nos habitudes », précise l’une d’entre eux. « Ces dernières années, nous avions renoncé à répondre à ses attaques, mais là, cette motion nous met la boule au ventre... On veut pas vivre ça dans le village. » « Ça », c’est la séparation, l’opposition entre soi-disant «néo», et «locaux» dont la commune est devenue maître étalon. Une réputation que les habitants souhaitaient et pensaient derrière eux...
Car, si l’intolérance vis-à-vis d’une vision politique et sociale différente est bien présente -l’étiquette « mouvance ultra totalitaire », locution qui contient tout ce qu’il faut de flou et d’anxiogène, reste collée aux «néos»-, ce n’est pas tant sur cet aspect que mettent l’accent ces habitants de Gentioux, que sur la vie quotidienne qui souffre d’une « guéguerre artificiellement entretenue par une séparation méthodique des groupes de population ».
« On ne meurt plus dans la ville où on est né, on bouge », reprend l’habitante de Gentioux. « Ici, forcément, on n’a pas les mêmes expériences, on ne vient pas des mêmes milieux sociaux, donc pour se rencontrer, ce n’est pas simple ; si, en plus, on alimente la peur, on dénigre ce qui est fait et on nourrit les a priori, ça devient très difficile. »
Cette séparation est, selon les habitants qui ont pris la plume, entretenue par le comportement même de la maire qui, au mieux fait l’impasse, au pire critique. Certaines animations mises en place sur la commune n’apparaissent pas sur la lettre du mois sensée les recenser, tandis qu’elle ignore tout simplement ceux qui les portent ou y adhèrent.
« Ce qu’on attend d’un maire, c’est de rassembler, d’accompagner la commune dans sa diversité. Elle pointe du doigt ceux qui sont arrivés ces dernières années, 5, 10, 15 ans, ne dit pas bonjour à une partie des gens du village. Elle ne vient pas aux marchés d’été, ni à la fête de l’école. Ça pose une ambiance », explique Jean-Baptiste, l’un des habitants. « Il y a plein de sujets locaux qui sont au travail, on veut des gens sur les trottoirs, des enfants dans les écoles, des maisons qui ne tombent pas en ruine. Les forêts, l’agriculture, il y a de vrais sujets sur lesquels débattre... Nous, on souhaiterait des rapport directs, pas via Facebook, directs, quitte à pas être d’accord... mais pas ne plus se parler ou ne le faire que par voie de presse [référence aux articles et reportages sortis au lendemain du CM]. »

Prétexte
La motion s’appuie sur l’annulation de l’An 0 et la réunion publique qui l’a précédée, les premiers instants du moins, houleux, pas les échanges qui ont eu lieu ensuite. Pour les habitants, la maire « surexploite un récit très incomplet d’un événement dans le but de stigmatiser certains habitants. » Ils déplorent, par ailleurs, qu’elle se soit attardée sur ceux qui ont levé la polémique plutôt que sur son fond. « Elle dit que cette annulation nuit à l’image de Gentioux, sauf qu’on est dans un rapport aux investisseurs. Elle défend l’image de Gentioux et en même temps évacue les projets et les activités d’habitants qui souhaitent une économie à leur échelle. On retient les multinationales, et tout ce qui fait la vie quotidienne, on le met sous le tapis ! L’An 0, plein de gens n’en voulaient pas. »
Réaction
De son côté, Dominique Simoneau reconnaît qu’il existe une ambiance délétère sur Gentioux mais nie en être à l’origine. « Si on a voté cette motion, c’est pour mettre un coup de pied dans la fourmilière. C’est une façon de sortir d’un climat de menaces et d’intimidations dans lequel les plaintes n’aboutissent jamais. Cette motion vise aussi à disculper une partie des habitants. » Pour ce qui est d’un manque de dialogue, elle indique que, pour un soucis de santé, elle n’est pas apte à « dialoguer dans le bourg » ou « frapper à toutes les portes », mais que « la porte de la mairie est grande ouverte ».

Quand marcher pour la paix devient mal vu à Gentioux...

Le conseil municipal de Gentioux semble voir des ennemis partout, même parmi les personnes âgées qui attendent tranquillement à l’ombre l’arrivée des marcheurs pour la paix...
Le 9 août dernier a eu lieu la «marche pour la paix», qui part de Royère pour arriver à Gentioux chaque année afin de rendre hommage aux victimes des bombardements d’Hiroshima et de Nagasaki en août 1945. Une quinzaine de marcheurs y ont participé, qui ont rejoint à Gentioux une dizaine d’autres personnes, pour la plupart des personnes âgées ne pouvant participer à la marche de 13 km.
Stratos Kalaïtzis, initiateur de la marche il y a quinze ans, était de ceux qui marchaient. En arrivant à Gentioux, le climat assez froid le fait s’interroger : que s’est-il passé ? Le groupe, qui attendait gentiment leur arrivée à l’ombre, raconte alors qu’ils ont «été accostés par deux personnes qui se sont présentées comme élus de la commune, dont le premier adjoint, qui leur ont demandé avec un ton agressif de retirer les drapeaux», ceux du Mouvement de la paix, accrochés comme chaque année sur les grilles du monument.
Une discussion assez chaotique aurait suivie, le premier adjoint aurait alors décrété que «ce monument ne leur cause que des ennuis». Quelques minutes plus tard, ce sont trois gendarmes qui sont venus à la rencontre du groupe, «pour dix personnes assises à l’ombre», note la secrétaire générale du Mouvement pour la paix Jeanne-Marie Raynaud, interloquée de cette venue.
Les gendarmes n’ont cependant pas réitéré leur demande d’enlever les drapeaux, ils ont juste pris des noms et des renseignements sur le mouvement, «et en définitive tout s’est fait normalement, on a fait notre rassemblement», explique Jeanne-Marie Raynaud.
Stratos Kalaïtzis ne cache cependant pas sa stupeur devant cet événement inédit depuis la création de la marche pour la paix, qu’il considère comme une «séance d’intimidation vu le climat délétère sur le plateau avec les néo-ruraux, c’est grave, elle a déclaré la guerre à tout le monde cette municipalité». Selon lui, plusieurs questions sont soulevées par cet incident.
Le membre du mouvement pour la paix se demande tout d’abord «si les représentants de la mairie avaient un mandat du conseil municipal pour intervenir : sinon, c’est un abus de pouvoir», assure-t-il. Quant à l’intervention des gendarmes, il cherche sa justification : «Où était le désordre public ? ». Pour finir, Stratos Kalaïtzis s’inquiète : «C’était une manifestation prévue, la mairie était prévenue, le droit de manifester est un droit constitutionnel, est-ce que cette intimidation n’est pas un essai pour finir d’introduire l’interdiction du droit de manifester ? ».