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De la façon de traiter les AESH...

Education

Alors que le Rectorat promettait de renouveler tous les contrats des AESH (accompagnants d'élèves en situation de handicap) courant juillet, ils étaient nombreux en Creuse à commencer l’année sans contrat... voire sans affectation.
« Le jour de la rentrée, certains AESH ne savaient pas dans quelle école ils étaient affectés, certains n’avaient toujours pas de contrat une semaine après la rentrée », explique Luc Marquès du syndicat SNUipp-FSU23. Et pour ceux qui l’ont finalement signé, « le temps de travail a changé, ou alors il est inférieur aux notifications des élèves ». Et pour ceux qui n’auraient pas signé en début de semaine, l’administration les menacerait de ne pas les payer en septembre s’ils ne se dépêchaient pas... « C’est du mépris de A à Z, ils ont été en dessous de tout ».
Hier matin, une cinquantaine d’entre eux étaient convoqués dans les locaux de l’inspection d’académie à Guéret pour (enfin) signer les-dits contrats... Toutes convoquées à 9 heures, certaines devant donc patienter jusque 11 heures passées... et se retrouver avec un contrat qui ne correspond pas toujours à leurs attentes...
« Certains AESH ont signé un contrat qui ne correspond pas à la quotité indiquée en amont par mail ou par téléphone, on leur en avait indiqué de plus importantes et quand elles se sont présentées face au contrat, la quotité horaire avait baissé, sans explication, rien », explique Solen Marche, du SNUipp-FSU, qui accompagnait hier matin une collègue AESH à sa demande.
« rentrez chez vous,
on vous rappellera »
Quand contrat il y a, car pour Charlie*, convoquée comme les autres, le CDI qu’elle devait signer n’était tout simplement pas là... La principale du collège et elle-même avaient appelé l’administration afin de pouvoir venir signer jeudi plutôt qu’hier, car elle ne travaillait pas, mais ils lui ont répondu qu’elle devait venir impérativement mardi.
« Je savais que tout le monde était convoqué pour 9 heures, alors j’y suis allée à 11 heures. Je dois signer mon CDI cette année, au bout de neuf ans de métier... quand je suis arrivée, le contrat n’était pas prêt ». Neuf ans d’attente, une convocation dans l’urgence, pour finalement rien... « Je suis en colère et j’ai mal au cœur, un CDI, c’est l’aboutissement de longues années de travail une reconnaissance, un changement familial ». Et d’une seconde à l’autre, en lieu et place du contrat, un simple « rentrez chez vous, on vous rappellera »... ébauchant l’excuse que les CDI viendraient plus tard, or il semblerait que d’autres AESH aient signé le leur ces derniers jours... « voilà comment on traite les AESH en Creuse », déplore-t-elle.
Charlie ne connaît donc ni son affectation, ni sa quotité horaire à la rentrée, elle est retournée travailler là où elle est AESH depuis six ans, avec le même temps de travail que l’année précédente « alors que ça a changé ». En effet, le «travail invisible» est désormais reconnu, les AESH touchent donc la même chose pour moins d’heures en présence des élèves...
Résultat, beaucoup d’AESH comme Charlie ont trop travaillé la semaine dernière, deux ou trois heures, « est-ce qu’ils vont être invités à les rattraper ? Ou être payés en heures sup’? Personne ne leur a indiqué ». Et ce alors que les élèves ont les mêmes besoins. Pour ceux qui ont été mutualisés dans les PIAL (pôle inclusifs d’action localisé), les besoins devraient être couverts, mais pour les autres...
Le protocole académique, mis en place l’an passé pour la rentrée des AESH, devait pourtant « apporter du mieux, surtout en terme de temps de travail ». Les syndicats réclamaient notamment la prise en compte du temps de préparation, et s’ils avouent que les avancées étaient en bonne voie, « il y a les intentions, et il y a la vraie vie », note Luc Marquès.
Pour David, de Force ouvrière, « c’est de l’ultra précarité pour des missions pérennes et d’une importance capitale ». Le syndicaliste dénonce cette obligation d’avoir deux CDD de trois ans avant d’avoir un CDI, et le temps partiel imposé.
Un temps partiel imposé qui, de plus ne correspond pas aux besoins des enfants. à Chambon, une AESH suit un jeune polyhandicapé lourd depuis trois ans, « mais son contrat ne couvre pas son temps de présence au collège ». C’est d’ailleurs souvent le cas au collège, et la seule réponse qu’a pu apporter l’Education nationale a été la mise en place des PIAL (pôle inclusif d’action localisé) qui mutualise les AESH sur certaines notifications.
« Il y a parfois deux ou trois AESH qui suivent le même enfant », déplore Luc Marquès. Au détriment de la relation de confiance qui peut et doit s’installer entre un AESH et un élève... Idem pour les mouvements : certains AESH sont changés d’établissements d’une année à l’autre, « un jeu de chaise musicale qui casse la relation de confiance ».
D’autant que, malgré cette «urgence» de l’Education nationale à faire signer les contrats, les syndicats constatent plutôt une baisse du suivi des enfants que l’inverse. « Toutes les notifications ne sont pas couvertes à la rentrée », assurent-ils. Ils pointent l’exemple d’un enfant malvoyant au collège Jamot d’Aubusson qui s’est retrouvé une journée entière sans AESH.
Mael*, lui, en CUI l’an passé, n’a pu signer un contrat que le 10 septembre. Les deux enfants qu’il suit  n’étaient donc pas accompagnés depuis la rentrée... « Mais même avec mon contrat, la personne qui dirige l’établissement n’était pas au courant de ma venue quand je me suis présenté [hier] matin ». La copie du contrat lui a permis de rester, « je suis arrivé comme un cheveu sur la soupe, il n’y a pas eu de présentation à la classe ».
Fanny* a, quant à elle, commencé sa semaine en tant qu’AED (assistante d’éducation), car le contrat qu’elle avait jusque-là courait jusqu’au 31 décembre... Sauf qu’elle était convoquée hier aussi pour signer... son contrat d’AESH. « Son contrat a été rompu au 31 août sans qu’elle en soit informée, elle était étonnée, être surveillant et AESH ce n’est quand même pas le même boulot », relate Solen. Un nouveau contrat imposé donc, un nouvel emploi qui a peu à voir avec le précédent, qu’elle a hésité à signer, mais c’était ça ou rien... « C’est comme si on disait à un boucher que le lendemain, il serait boulanger, ça n’a rien à voir ».

* les prénoms ont été modifiés.

Un numéro «unique»
L’inspecteur d’académie vantait à la rentrée le nouveau SDEI (service départemental de l’école inclusive), avec un numéro unique pour les AESH pour répondre à leurs questions «sous 24 heures»...
« On a mis le service à l’épreuve », explique Luc Marquès, du SNUipp-FSU. Résultat, des délais d’attente importants pour des réponses incomplètes d’un service déjà submergé... « Un service départemental, c’est très bien, mais si on ne met pas de moyens derrière, c’est une couche de peinture décorative, il n’y a aucune qualité ».