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On s’en doutait…

Société

La phrase est courte, lapidaire et terrible. A elle seule, elle résume toute l’incompréhension et le tabou qui entoure le sort des femmes victimes de violences conjugales.
Cette phrase, Caroline*, 38 ans, dont 23 passés aux côtés d’un homme qui la battait régulièrement, l’a entendu tant de fois ,« trop », dit-elle. « A chaque fois, ça fait mal, parce que cela induit, que l’on savait, à tout le moins, que des comportements, des signes interpellaient ». Oui, mais personne n’a rien dit… Et à travers ce silence confus, ce défaut d’attention, combien de drames, combien de coups portés. C’est tout le sens de la réflexion de Caroline, pour qui, « parler est une main tendue qui peut éveiller des consciences et sauver des vies ». Une manière de rompre la spirale et briser l’engrenage d’une violence banalisée par le quotidien, « quasi normalisée par l’indifférence liée au silence ».
Et si la jeune femme relève l’avancée que peut constituer la tenue du Grenelle sur les violences faites aux femmes, elle ne voudrait pas que la démarche demeure au stade de la bonne intention, en réponse médiatique à un phénomène « à la mode » mis en lumière par des chiffres accablants : depuis Janvier, cent femmes sont décédées sous les coups de leur compagnon ou ex-compagnon. 219.000 femmes sont recensées comme étant victimes de violences régulières. « On parle là de personnes identifiées, de chiffres officiels, qui forcément sous-estiment la réalité. Combien de femmes sont concernées, mais n’en parlent pas ? » interroge-t-elle.
Et Caroline d’évoquer sa propre histoire, son parcours, le cheminement emprunté pour s’en sortir. Elle évoque la première gifle, « celle qui ne devrait jamais devoir être portée ; celle à partir de laquelle, il faudrait partir, se révolter ». La jeune femme avait seize ans. « j’ai reçu cette gifle parce que je ne marchais pas assez vite », explique-t-elle avec ironie. Mais elle était jeune, n’avait jamais connu son père et avait le besoin d’une figure tutélaire et protectrice que son compagnon d’alors incarnait. « Il était différent, il venait d’un milieu difficile, il était fort », justifie-t-elle. Et le schéma se construit : les larmes, les excuses, les promesses, l’enfance difficile baignée dans un contexte, lui-même violent, pour expliquer le geste. Caroline est amoureuse, elle a foi en ses mots, elle a confiance, elle accepte, elle pardonne. Tout se met alors en place.
Caroline est alors éloignée des siens, de ses amis et de sa famille : son compagnon, manipulateur, se pose en victime, en homme incompris. Caroline est compatissante, elle le défend, le protège, s’oppose à ceux qui doutent de son amour. Alors, elle est mise au ban, l’entourage se braque, les proches s’éloignent ; elle devient seule, face à un homme infidèle, avec cette violence qui monte crescendo et qui devient quasi quotidienne.
Et puis, il y a l’alcool « un facteur aggravant », qui décuple l’intensité des violences et « désinhibe » les côtés les plus sombres et les plus pervers du bonhomme : « il me traînait sur le sol en me tirant par les cheveux. Il les arrachait par poignées, me jetait contre les murs ». Elle était un défouloir dont le conjoint, parce que ça durait depuis tant d’années, n’imaginait pas qu’il puisse en être autrement.
Par trois fois, Caroline s’est vue mourir « J’ai eu un fusil placé entre les deux yeux, un couteau sous la gorge et ses mains qui serraient mon cou ».
Trois enfants naîtront durant cette période. « Je pensais qu’il gagnerait en maturité, que les choses changeraient ». Mais non. Rien ne change. Pire, il faut donner le change. « Pour protéger mes enfants, j’ai appris à subir sans crier, ni pleurer, à prendre des coups en silence ». Mais en grandissant, ils se rendent compte, ils savent, ils se ferment à clef dans leur chambre, ils interrogent leur mère, qui minime les choses pour ne pas les traumatiser ; mais face à un visage mascaré par les bleus, les excuses ne tiennent plus, les mensonges, même grossiers, ne passent plus, ne sont plus crédibles.
Les enfants, justement, seront l’élément déclencheur, avec un fils qui s’interpose pour protéger sa mère et une fille qui appelle le 112. Le conjoint est appréhendé, et Caroline entre dans une nouvelle phase, celle où il faut se défendre et expliquer, celle aussi du sentiment d’incompréhension, voire de non reconnaissance de la maltraitance dont elle a été victime. Elle pointe les insuffisances du système, ce sentiment d’être livré à elle-même, de devoir tout justifier quand les marques ne suffisent pas. « Quand le médecin qui t’examine explique ne pouvoir que constater, ça veut dire qu’il ne peut pas juger et que oui, tu as des marques, mais que ce peut-être le fait de n’importe quoi. Et quand à la gendarmerie, on te demande dans quel sens tu tenais le couteau pour te protéger, c’est pour juger de ton attitude, défensive ou offensive. Et là, ce n’est pas la même chose ». Elle note ce décalage saisissant, cette disproportion qui fait que lorsque son conjoint justifiait grossièrement et facilement les marques et les coups, sans que l’on s’interroge plus que ça, elle, avait du mal à se faire entendre pour expliquer ce qu’elle vivait. Elle était victime, on la rendait coupable… « Même quand je sors aujourd’hui, il y a des regards qui font mal », souligne-t-elle.
Son mari est placé en détention, et se trouve poursuivi par la justice. Et si le silence est de retour dans la maison, c’est une nouvelle angoisse qui fait son apparition, un calme inhabituel, pesant, et la crainte qu’il revienne, du moment où il va rentrer… La peur est inscrite dans le quotidien, la reconstruction est longue et difficile. « Nous allons entamer une thérapie familiale avec les enfants et je peux compter sur deux amies très proches qui sont très présentes et que je ne remercierais jamais assez », explique Caroline, qui tout en appréhendant la date de sortie de son conjoint, demeure pleine d’espoirs en l’avenir, pour ses enfants, pour elle-même et pour toutes celles qui n’osent pas parler.
Alors, pour décomplexer celles qui souffrent, qui sont victimes de violence conjugale, Caroline veut s’investir : écrire un livre sur son histoire et surtout, créer une association locale qui puisse entendre et comprendre toutes ces femmes pour lesquelles on se doute, sans jamais rien dire. Parce qu’en la matière, le silence est mortifère et que parler peut faire basculer un destin et sauver des vies.

* le prénom a été modifié

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Culpabilisation
« Toute excuse devient alors prétexte à expliquer l’injustifiable ». Les humiliations commencent : « Tu es moche, tu ne sais rien faire, tu n’es rien sans moi… » et les coups pleuvent, tantôt pour un meuble  sur lequel il reste un brin de poussière, pour un verre qui n’est pas rangé, et même pour avoir mis les mains dans ses poches. « Cela peut paraît ridicule aujourd’hui, avec le recul, mais dans le contexte, chaque explication fournie, parce qu’elle donnait une cause aux coups, me faisait culpabiliser. C’est un engrenage terrible de se sentir coupable avant de se sentir victime. C’est le lot de nombreuses femmes battues », détaille-t-elle.