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Quand les aidants ont besoin de se pauser...

Social

Pour des raisons d’organisation, la journée des aidants en Creuse a été décalée au 7 octobre, au lendemain de la journée nationale. « Pour cette dixième journée nationale, on a axé sur la sensibilisation et la mobilisation afin qu’aider ne rime plus avec précarité », explique Martialle Robert, adjointe en charge de l'action sociale, des personnes âgées et handicapées, de l'insertion et vice-présidente du CCAS de Guéret (centre communal d’action sociale).
Le CCAS et l’Adapei23, aidées par la conférence des financeurs du conseil départemental à hauteur de 3.200 euros, ont invité la compagnie nordiste La Belle Histoire pour un après-midi de théâtre-débat. Cette dernière, en lien avec les équipes locales depuis plusieurs mois par téléphone, a proposé une pièce «sur-mesure». Les trois comédiens ont en effet mis en scène les témoignages des aidants creusois, un prétexte à l’échange qui a suivi dans la salle.
« Il y a quelques années, on ne parlait que de ceux qu’il y avait à aider, mais on s’est dit à un moment donné que toutes ces personnes étaient aidées par une personne et ce n’est pas si facile d’être aidant, l’amour reste le même, mais les exigences en face sont de plus en plus vives et plus difficiles à supporter, alors on se culpabilise aussi », note le maire de Guéret Michel Vergnier.
Martine Auclair, secrétaire de l’Adapei23, le confirme. Elle-même maman d’une personne en situation de handicap, « ce n’est que l’an passé que j’ai compris et intégré le terme d’aidants familiaux ». Ils sont pourtant plus de huit millions de français à prendre en charge une personne en situation de handicap, malade ou vieillissante.
Être aidant a des répercussions sur la santé, mais entraîne aussi une précarisation économique, professionnelle et sociale. Martialle Robert insiste sur cette problématique fondamentale et pose la question : « comment la dépendance et la vieillesse seront-elles pensées et traitées par les politiques gouvernementales et déclinées sur nos territoires ? »
Au niveau local, le CCAS, dont la politique sociale va en faveur des aînés depuis de nombreuses années, a depuis quelques temps un nouveau service, la pause des aidants, destiné aux proches aidants, pour les informer sur les nouvelles technologies, les accueillir et favoriser les relations aidés-aidants. Il organise différents ateliers, des groupes de parole à la relaxation ou la sophrologie, coconstruit avec les aidants bénévoles.
Les locaux du CCAS sont d’ailleurs actuellement en travaux : d’ici le début de l’année 2020, la pause des aidants pourra accueillir les aidés afin d’offrir un temps de pause aux aidants, d’une heure ou d’une demi-journée selon les besoins, pour un rendez-vous médical ou un moment à soi. « La notion de répit est importante », explique Céline Serpin, chef du service action sociale au CCAS.
« Nous voulons une reconnaissance de ce que nous faisons sept jours sur sept, de nos problèmes, nos difficultés, de notre lassitude et de notre épuisement ; nous voulons une formation d’aidant non professionnel pour comprendre les conséquences de notre rôle et savoir où s’adresser en cas de besoin et surtout, nous voulons le droit au répit, pour souffler, faire le vide, penser à soi », réclame Martine Auclair.