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Kittel surpasse Kittel... avant les Pyrénées

TOUR DE FRANCE (11e étape) : Eymet - Pau

Le Tour s'est offert un nouveau sprint dans cette 11e étape à la veille de l'arrivée sur l'altiport de Peyragudes. Mais il change désormais de braquet et attend le match entre le maillot jaune, le Britannique Chris Froome, et ses rivaux les plus proches, l'Italien Fabio Aru et le Français Romain Bardet.
Si Froome, serein, est passé à travers les gouttes à la veille des Pyrénées, ses deux adversaires ont eu leur lot de mauvaises nouvelles avant l'étape-reine entre Pau et Peyragudes.
Pour Aru, c'est la chute de son lieutenant danois Jakob Fuglsang, l'une des nombreuses qui ont émaillé cette journée dans la plaine du Sud-Ouest. Le récent vainqueur du Dauphiné a été touché au poignet gauche (scaphoïde).
Leur coéquipier d'Astana, l'Italien Dario Cataldo, a été pour sa part contraint à l'abandon dans cette chute (poignet lui aussi) survenue dans la zone de ravitaillement.
Pour Bardet, c'est seulement un nuage dans un ciel qui était serein. L'Auvergnat s'est retrouvé à terre lui aussi, à deux reprises. Sans avoir d'autre dommage apparent qu'un choc à un genou. Mais quelle en sera la conséquence ?
L'exemple Bodnar
L'Espagnol Alberto Contador, malheureusement habitué aux chutes dans le Tour, a eu sa part de malheur. Au seuil des 20 derniers kilomètres, le double vainqueur de l'épreuve (2007, 2009) a goûté au bitume. Pour la troisième fois depuis le départ du Tour.
Pour échapper au stress du peloton, il fallait partir à l'avant, comme l'ont fait l'Italien Marco Marcato, le Polonais Maciej Bodnar et le Belge Frederik Backaert dès la sortie d'Eymet.
Le trio a été contrôlé à distance, à moins de cinq minutes. Bodnar a distancé ensuite ses compagnons à 28 kilomètres de l'arrivée et a résisté longtemps, longtemps. Jusqu'à 250 mètres de la ligne.
Vrai rouleur, le Polonais a donné l'exemple à suivre. Il a aussi redonné le sourire à l'équipe Bora, décapitée après la sortie par la petite porte du champion du monde, le Slovaque Peter Sagan (exclusion), et la chute du grimpeur polonais Rafal Majka (abandon).
La réussite de son coup de force a été compromise par la collaboration d'autres équipes avec la Quick-Step de Kittel. Les Lotto, pour l'Allemand André Greipel, et les Katusha, pour le Norvégien Alexander Kristoff, ont roulé leur part, dans l'espoir de voir leur sprinteur rivaliser.
« Si nous ne roulons pas, Quick-Step ne tirera pas seule les marrons du feu. Ils ont déjà gagné quatre étapes, la pression est donc sur les épaules d'autres équipes », avait expliqué avant le départ le manager de Lotto, Marc Sergeant.
Une occasion pour Froome
A Pau, ni Greipel (7e) ni Kristoff (12e) n'ont joué les premiers rôles. Kittel a pu s'autoriser à lever le bras bien avant la ligne. Il a devancé de plus d'un demi-vélo le Néerlandais Dylan Groenewegen.
A 29 ans, l'Allemand compte désormais 14 étapes du Tour à son compteur. Soit 14 victoires dans les 30 sprints massifs disputés depuis sa première participation en 2012.
Depuis le départ, il n'a été battu qu'une seule fois dans un sprint massif, par le champion de France Arnaud Démare, à Vittel (4e étape).
Jusqu'à présent, Kittel avait gagné au mieux quatre étapes d'un même Tour, en 2013 et 2014.
S'il continue sur sa lancée, Kittel est en mesure d'égaler le record de victoires d'étape dans un seul Tour (8 succès).
Aujourd’hui, la 12e étape rejoint Peyragudes, après six ascensions (dont le Port de Balès classé hors catégorie) et 214,5 kilomètres à partir de Pau.
Froome connaît les lieux. Lors de la première venue du Tour, en 2012, il avait humilié le futur vainqueur de l'épreuve, son coéquipier Bradley Wiggins, en l'attendant ostensiblement à plusieurs reprises.
La ligne est installée cette fois au bout de la piste de l'altiport, très pentue (jusqu'à 16 %). Pour le maillot jaune, c'est l'occasion de marquer un peu plus le Tour de son empreinte.