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Matthews sprinte avant les Alpes

Matthews sprinte avant les Alpes

Si Matthews a enlevé son deuxième succès, trois jours après celui de Rodez, les rivaux de Froome ont eu très chaud dans le final de cette étape. Pas seulement à cause du thermomètre (33-34 degrés) mais aussi à cause du vent balayant la vallée du Rhône, qui a incité la Sky à durcir la course.
« Tout le monde savait que les 20 derniers kilomètres étaient avec le vent, souvent de côté. On a décidé de rouler et faire la sélection », a confirmé le Britannique à l'arrivée.
Les trois suivants de Froome s'en sont tirés sans dommage mais non sans stress. Le champion d'Italie Fabio Aru (2e à 18 sec) s'est dépouillé pour tenir très honorablement sa place. Le Colombien Rigoberto Uran (4e à 29 sec) a gardé son rang, sans faire de faute.
Bardet : merci Naesen !
Romain Bardet, un moment piégé sur l'accélération des Sky à 15 kilomètres de l'arrivée, a été aidé, quasiment sauvé, par son coéquipier, le champion de Belgique Oliver Naesen. Le Français, replacé dans le groupe de tête, a pu ainsi préserver sa troisième place au classement, à 23 secondes de Froome.
« On savait que ça allait être du sport ! », a abondé le manager de l'équipe de Bardet, Vincent Lavenu. « Il y avait deux endroits très techniques à surveiller. Toutes les équipes étaient au courant. Il y avait un énorme stress. »
Si les quatre premiers du classement ont rallié l'arrivée dans le premier groupe, l'Irlandais Dan Martin et le Sud-Africain Louis Meintjes n'ont pu accrocher la locomotive. A l'arrivée, l'addition s'est élevée à 51 secondes.
Dan Martin, dont la plupart des équipiers de la Quick-Step étaient absents à ce moment-clé de la course, a par conséquent reculé de la 5e à la 7e place du classement général. A 2 min 02 sec de Froome.
Pour le gain de l'étape, le sprint, très serré, s'est joué entre Matthews et deux autres coureurs, le Norvégien Edvald Boasson Hagen et l'Allemand John Degenkolb.
Sur la ligne, l'écart en temps a été chronométré à 33 millièmes de seconde, soit 55 centimètres entre Matthews et Boasson Hagen. Le Norvégien avait été devancé pendant la première semaine par une marge encore plus étroite (moins de 6 millimètres à Nuits Saint-Georges face à l'Allemand Marcel Kittel).
Degenkolb, qui estimait avoir été gêné par Matthews, a affiché son mécontentement en franchissant la ligne. « Je ne pense pas avoir fait quoi que ce soit de répréhensible, je n'ai pas changé de ligne », a réagi le vainqueur du jour.
« Les grands coureurs vont s'expliquer »
Pour Degenkolb, qui attend toujours de gagner dans le Tour, Matthews est une vraie bête noire en même temps qu'une vieille connaissance. L'Australien l'avait déjà privé de la médaille d'or aux Mondiaux espoirs 2010, à Geelong (Australie).
Le champion olympique, le Belge Greg Van Avermaet, sorti en tête du dernier virage, s'est classé quatrième devant le Français Christophe Laporte.
Matthews, qui s'est rapproché de Kittel au classement par points (maillot vert), a conclu le travail de son équipe durant une bonne partie de cette étape de 165 kilomètres menée à vive allure, à plus de 45 km/h.
Le rythme des hommes de Matthews a distancé Kittel, vainqueur de cinq étapes dans ce Tour, peu après le départ du Puy-en-Velay.
Le porteur du maillot vert, au sein d'un deuxième groupe, n'a pu revenir sur le peloton principal. A la différence du Français Nacer Bouhanni, qui a contre-attaqué pour revenir, avec l'aide d'équipiers, avant d'arriver dans la vallée du Rhône.
« J'ai eu l'impression de faire un contre-la-montre pendant toute la journée », a commenté Bouhanni, qui a lâché prise, lui aussi, à 15 kilomètres de l'arrivée. « Il faut être réaliste, je n'arrive pas à revenir à mon niveau. »
Aujourd’hui, le Tour s'attaque à deux cols hors catégorie, la Croix-de-Fer et le Galibier, dans la 17e étape reliant La Mure et Serre-Chevalier (183 km).
Après l'interminable Croix-de-Fer (24 km à 5,2 %), le Galibier, encore plus long (29,6 km) si l'on tient compte également du col du Télégraphe dans sa première partie, atteint le point le plus haut de ce Tour 2017. A 2642 mètres d'altitude.
La descente, rapide et longue de 28 kilomètres, mène directement à l'arrivée. « Le travail des équipiers va se faire jusqu'au pied du Galibier », prévoit Vincent Lavenu. « Après, les grands coureurs vont s'expliquer. Il y aura des bonnes et des mauvaises suprises ! »