La PAC dans le collimateur

Face à de très nombreux bugs et dysfonctionnements qui risquent de pénaliser fortement les agriculteurs périgordins, les deux principaux syndicats, la FDSEA et les JA, demandent aux services de l’Etat que la date de fin de campagne de déclaration PAC soit repoussée de quinze jours.

Une nouvelle fois la télédéclaration de la PAC, encore victime de problèmes techniques, est source de fortes inquiétudes pour les agriculteurs. Les deux syndicats majoritaires montent au créneau en Dordogne pour que les délais soient allongés afin que les agriculteurs qui n’auraient pas pu déclarer à temps ne soient pas pénalisés sur le montant de leurs aides.
Le revenu moyen d’un agriculteur est de 354 euros par mois. En Dordogne, près de la moitié d’entre eux touchent moins. Selon Fabien Joffre, le président de la FDSEA, la PAC est « plus qu’un revenu, c’est ce qui nous aide à couvrir les charges ». Dans ce contexte, on comprend aisément que le sujet des télédéclarations PAC, de nouveau toussotant, crispe fortement le petit monde agricole périgordin. « Pour nous l’enjeu, ce sont plusieurs milliers d’euros », insiste Fabien Joffre.
Petit rappel des faits. 2015, 2016, 2017, pour la troisième année consécutive depuis la réforme de la PAC, le moteur de la campagne de télécléclaration rencontre de sérieux ratés. Pire, il perd de l’huile, si bien qu’à chaque fois l’Etat a dû rallonger la durée de la campagne de télédéclaration pour éviter de pénaliser les agriculteurs : un mois supplémentaire en 2015, une quinzaine de jours l’an dernier.
2017, voilà que le scénario se répète, au grand dam des agriculteurs. Débutée le 1er avril dernier, la campagne de téléclaration, censée s’achever le 15 mai, patine sévère. FDSEA et JA dénoncent de nombreux dysfonctionnements qui ralentissent le rythme des téléclarations. « L’administration n’était pas prête », souffle Sébastien Lechevalier, tout nouveau président des JA. « Seuls 30 % des dossiers étaient accessibles à l’ouverture de la campagne et 65 % au 15 avril ». A ce jour, il semblerait que la totalité des dossiers soient accessibles... Mais pas en totalité.
« De nombreux dossiers n’ont pas été mis à jour depuis l’an dernier. Il manque des relevés IGN », assure Fabien Joffre qui pointe du doigt les ponts des jours fériés et les vacances qui risquent bien « de mettre les agriculteurs dans une situation difficile ». La liste des bugs de TéléPAC, qui permet de télédéclarer la PAC, est longue. Bugs informatiques, serveur insuffisamment puissant et saturé, les agriculteurs voient la date d’échéance de déclaration arriver à grands pas sans espoir de parvenir à tout déclarer à temps, car cela relève d’une très grande complexité et la quasi-totalité d’entre eux font appel à des prestataires extérieurs pour les aider à ne pas cocher une case qu’il n’aurait pas fallu.
Un tiers du temps de campagne s’est déjà écoulé « et les services n’ont traité que 20 % des dossiers, les plus faciles », soupire Sébastien Lechevalier qui rappelle que ceux qui se sont installés en bio ou qui bénéficient de mesures agro-environnementales ont vu les règles du jeu changer en cours de route, ce qui n’est pas sans complexifier davantage les choses.
Sébastien Lechevalier et Fabien Joffre rappelle que la télédéclaration ne doit souffrir d’aucun retard sous peine de pénalités : « 1 % du montant total des aides par jour de retard et 100 % au bout d’un mois. Cela représente plusieurs milliers d’euros ». Selon les représentaux syndicaux, cette cacophonie administrative, qui n’est pas propre à la Dordogne, peut s’expliquer pour partie par le fait que la Dordogne est forte de très nombreuses filières de production agricole différentes et que le nombre d’exploitations en bio n’est pas négligeable.
Reste qu’à leurs yeux, cela ne justifie pas ces difficultés et qu’ils enjoignent les services de l’Etat à agir. A cet effet, ils ont rencontré mardi Didier Kholler, le directeur de la Direction départementale des territoires pour lui faire part de leurs doléances et surtout réclamer que la durée de la campagne de télédéclaration soit prolongée de quinze jours, soit jusqu’au 31 mai. Une décision qui n’appartient pas au local, mais au national. Ce qui inquiète d’autant plus les syndicats agricoles : en pleine campagne électorale, ils craignent de ne pas tomber sur une oreille suffisamment attentive.

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