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Maintenir une bonne situation sanitaire

Agriculture

Le Directeur général de l’alimentation (Dgal), Patrick Dehaumont a tenu récemment une réunion au pôle interconsulaire, en présence de la préfète, pour présenter aux éleveurs la stratégie nationale de lutte contre la tuberculose bovine.
Si la direction générale de l’alimentation intervient tant sur le végétal que l’animal, dont le bien-être est aussi une préoccupation, la surveillance de la situation sanitaire des animaux est pour elle un enjeu majeur. Actuellement, c’est la tuberculose bovine qui fait l’objet de toutes ses attentions, avec une stratégie nationale devant être déclinée départementalement, selon les spécificités des territoires. Or la Dordogne en est un à risque, avec près du tiers des foyers identifiés en France depuis le début de l’année, soit 27, dont la majorité dans le nord du département. Le secteur de Saint-Saud-Lacoussière à lui seul en concentrait neuf, dont quatre ont donné lieu à l’abattage total du troupeau. « Chaque année, nous abattons plusieurs centaines de bêtes » confirme Frédéric Piron, le directeur de la Ddscpp. Il faut dire que le biotope est propice à la contamination, avec des zones humides, des sous-bois, ce qui induit « une proximité manifeste entre la faune sauvage et les cheptels ». Définir les canaux de contamination est donc une priorité, mais la première de toutes est bien sûr la prévention à travers une campagne de dépistage et d’aménagement des élevages. Patrick Dehaumont a donc présenté la stratégie nationale qui repose sur plusieurs actions : un mode de dépistage plus efficace, mais aussi plus contraignant à pratiquer, des mesures préventives à mettre en oeuvre sur les pâtures situées dans les zones à risque particulier : doubles clôtures, interdiction de l’abreuvement directement dans un cours ou point d’eau, de la mise en pâture sur des parcelles où des terriers de blaireaux sont recensés, et de la distribution de l’aliment, sauf fourrages, directement sur le sol, ou encore le nettoyage et la désinfection du matériel agricole partagé entre plusieurs exploitations. Le plan départemental, rédigé de manière collégiale par les éleveurs, les vétérinaires, chasseurs, louvetiers, piégeurs, et services départementaux de l’état, vise à impacter simultanément tous les facteurs de risque afin de renforcer l’effet des mesures prises, et parvenir à faire refluer la maladie. L’enjeu pour les quelque 2 800 éleveurs du département n’est pas neutre, car il s’agit de conserver le statut sanitaire « indemne de tuberculose bovine » que détient actuellement la France, et qui permet l’exportation.

Pas de réponses à toutes les questions
Le Groupement de défense sanitaire (Gds) de la Dordogne, groupement d’éleveurs destiné à leur apporter un appui technique, est étroitement associé à cette lutte.
Son président, Nicolas Robert, note que si certaines actions sont financées par l’état, d’autres restent à la charge totale de l’éleveur, comme par exemple la double clôture ou la mise en place de points d’eau abrités. Or on sait que ces derniers ont été sévèrement impactés par les crises successives de la vache folle, aujourd’hui disparue, de la tuberculose bovine, pendant que les producteurs de lait voyaient leurs revenus fondre comme une motte de beurre au soleil avec les prix pratiqués par les transformateurs. C’est donc un effort supplémentaire et non indolore qui leur est demandé, même s’ils en voient l’intérêt. « Nous sommes à leurs côtés pour les former » confie Nicolas Robert, « et pour les aider à ne pas être touchés par la tuberculose, mais c’est compliqué car nous n’avons pas de réponses à toutes les questions. Par exemple, on ne connaît pas la porte d’entrée de la maladie, et il peut y en avoir plusieurs. Tellement de facteurs entrent en ligne de compte aujourd’hui ». Il indique que des élevages ont été recontaminés alors qu’ils avaient mis en place les recommandations pour s’en débarrasser, et pour ceux-là, la situation est réellement difficile à supporter. Le nouveau mode de dépistage, qui consiste en une double intradermique, permet de détecter plus tôt la maladie, et d’éviter l’abattage total du cheptel, ce qui est toujours un drame pour l’agriculteur. La réunion qui s’est déroulée dernièrement concernait la Nouvelle-Aquitaine et l’Occitanie, qui sont les régions concentrant la majorité des foyers détectés. La tuberculose bovine est transmissible à l’homme, même si on compte fort peu de cas, entre 20 et 40 par an sur tout le territoire national. 

Isabelle Vitté

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