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Les leçons de François Hollande

L’ancien président de la République François Hollande était à Périgueux hier après-midi pour une séance de dédicace de son livre « Les leçons du pouvoir », qui a déplacé les foules. Un comité d’accueil composé de cheminots et de militants de la France insoumise l’attendait pour lui faire leur lecture de son bilan.

Positive ou négative, la popularité de François Hollande se mesure assez facilement lorsqu’il se déplace dans une ville pour dédicacer le livre bilan de son mandat. Périgueux n’y a pas coupé hier, entre comité d’accueil de mécontents, nostalgiques d’une époque, militants socialistes en recherche de boussole ou  groupes de lycéens en quête d’un selfie, tout le monde voulait approcher l’ancien président de la République.
Alors que 200 à 300 personnes s’étaient massées sur le trottoir devant la librairie Marbot à Périgueux hier après-midi, se sont mises à tomber plusieurs grosses gouttes de pluie annonciatrices de l’arrivée imminente de l’ancien président de la République François Hollande. Ceux qui espéraient le voir et surtout l’interpeller comme les cheminots de la CGT ou les miltitants de la France insoumise, sont un peu restés sur leur faim. Et pour cause, ce n’est pas par l’entrée principale qu’il est arrivé, mais par une porte dérobée, coupant court à toute tentative de mise sous le nez du bilan de son quinquénat. Militant de la France insoumise, Dominique n’en est pas moins locace sur la question alors que ses amis ont entrepris de chanter la Carmagnole. Pour lui, le bilan de François Hollande est désastreux. « Pendant cinq ans, son action n’a fait que préparer l’arrivée au pouvoir d’Emmanuel Macron. C’est lui qui a initié la casse sociale. Dommage qu’il ne soit pas venu à notre rencontre, car j’aurais bien aimé lui demander si après les leçons du pouvoir, il avait prévu un tome 2, les absences du pouvoir ou  les mensonges du pouvoir », ironise-t-il. A quelques mètres de là, eux-aussi retenus par des barrières, ce n’est pas avec un chiffon rouge que sont venus les cheminots de la CGT, mais avec un carton rouge, qu’il voulaient adresser à François Hollande. Car, même si ce dernier n’est plus Président, ils n’ont aucun doute sur le fait que la réforme du ferroviaire contre laquelle ils se battent depuis plus d’un mois, n’aurait jamais pu voir le jour si Hollande n’avait pas préparé le terrain. « L’éclatement de l’entreprise en trois EPIC en 2014, c’est lui. La mise en place d’une convention collective au rabais dans la branche ferroviaire en 2016, c’est lui. La loi El Khomri, c’est encore lui », énumèrent Olivier Riffet et Jérôme Jean. « C’est bien beau de venir critiquer le président des très riches, mais on ne peut pas vraiment dire que pendant son mandat il a pris la défense des gens modestes, des privés d’emploi. Il a très vite oublié son discours du Bourget, avant même qu’il ait fini de le prononcer ». Pour les cheminots, François Hollande aura beau jeu de vouloir commenter ou critiquer tout ce que fait son successeur, il ne sera pas crédible. « Macron, c’était son ministre. C’est un peu facile de s’en détacher quand on a passé cinq ans à préparer son arrivée ».
Loin de la colère sociale, c’est dans la moiteur de la librairie que l’on retrouve les admirateurs de François Hollande, dont la plupart des cadres socialistes de Périgueux, et même quelques militants de la République en marche. Secrétaire de la section PS de Bergerac, Sandrine Dubost aura même l’honneur d’être la première à se faire dédicacer l’ouvrage de l’ancien président de la République. « Il compte pour moi. Je lui ai dit que j’avais un œil bienveillant et reconnaissant sur ce qu’il avait réalisé durant son mandat ».
Comme avec Sandrine Dubost, François Hollande prend deux ou trois minutes pour parler avec chacun, tente de les cerner et rédige sa dédicace personnalisée en fonction. On n’efface pas d’un trait de plume ou d’un renoncement toute une vie politique à aller à la rencontre des autres. Ni à commenter cette vie politique. Alors qu’il souhaite simplement faire profiter de sa réflexion, hasard du calendrier, il ne peut s’empêcher de commenter le jugement de l’affaire Cahuzac tombé un peu plus tôt dans la journée : « la justice devait passer. Il aurait dû être exemplaire, la sanction est exemplaire. Mon seul regret est de ne pas l’avoir écarté plus tôt ». Sur la situation économique actuelle, là encore, il ne peut se taire et estime que la croissance de 2017 est le résultat de sa politique. La politique, il a du mal à s’en défaire. Et c’est naturellement aux côtés des militants socialistes qu’il a achevé son passage en Périgord.

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