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Du recrutement sur mesure

Bâtiment

La Capeb vient de lancer un partenariat avec Pôle emploi afin de proposer à ses adhérents un nouveau mode de recrutement pour les postes à pourvoir dans le secteur du bâtiment qui est en tension.

Mardi une dizaine de chefs d’entreprises étaient dans les locaux de la Capeb où une équipe de Pôle emploi était venue leur présenter la MRS, méthode de recrutement par simulation. « Nous sommes dans un contexte dans lequel il y a beaucoup d’emplois à pourvoir dans le bâtiment et où les employeurs n’arrivent pas à trouver les bons candidats. Il y a donc deux publics qui n’arrivent pas à se rencontrer », estime Frédéric Liogier, président de la Capeb 24 qui organise durant le mois d’octobre plusieurs initiatives. La première a eu lieu en début de mois avec une bourse à l’emploi afin de recenser les besoins dans les entreprises tout en les accompagnant afin qu’elles spécifient ce qu’elles recherchent en terme de poste, de savoir-faire de savoir-être et quelle sera la rémunération. « En une dizaine de jours 75 offres ont été recensées auprès de 35 entreprises », poursuit Frédéric Liogier qui précise que la seconde initiative avait été la présentation à une dizaine d’entreprises de cette nouvelle méthodologie de recrutement par une équipe de Pôle emploi dont c’est la spécialité. « Ce qui est important pour nous c’est de ne plus entendre chez nos adhérents, « je cherche quelqu’un mais je ne trouves pas ». Donc nous poussons nos entreprises à se poser les bonnes questions sur le recrutement qu’elles veulent faire et nous leur proposons une nouvelle façon de recruter avec Pôle emploi. Car ce que l’on constate souvent c’est que les entreprises recherchent un savoir-être avant même un savoir faire, car la partie technique peut être acquise tout au mong de la vie », poursuit-il. Mardi l’équipe de Pôle emploi avait apporté sur place son matériel d’évaluation des possibles candidats. Un « kit » qui est valable pour des postes de maçons, plaquistes ou carreleurs et qui permet d’évaluer une douzaine de personnes en trois heures et demie. Les agents de Pôle emploi évaluent ainsi des compétences telles que la capacité à comprendre des consignes, celle de travailler en équipe etc etc.
« C’est une méthode que nous utilisons de plus en plus mais qui mobilise des ressources et des moyens et que nous utilisions davantage pour des entreprises qui recrutaient plus de cinq ou dix personnes », explique Nathalie Weber, directrice territoriale de Pôle emploi, « mais nous avons décidé de développer cette pratique pour les petites entreprises en mutualisant les moyens ce qui permettrait à des candidats passant les tests de postuler dans plusieurs entreprises et particulièrement dans les secteurs en tension comme le bâtiment qui sur une année a déclaré 3 000 embauches en Dordogne pour des postes qualifiés. Cette méthode permet d’évaluer si des personnes non diplômées peuvent occuper un emploi par le biais d’exercices de mises en situation. Une fois qu’ils ont été évalués positivement, ils sont présentés aux entreprises qui recrutent ».

Laisser leur chance aux débutants
La méthode s’applique dans de nombreux secteurs : bâtiment, hôtellerie et restauration, transports, commerce...
« Lorsque les tests n’existent pas pour certains postes nous les créons c’est du sur mesure mais nous somme aussi sur de l’évolution de postes et ces évaluations s’adressent à des gens qui peuvent être des débutants ou en reconversion professionnelle. Il faut faire comprendre aux chefs d’entreprises que le diplôme seul ne suffit pas et qu’ils peuvent trouver des gens qui n’ont pas la formation mais une certaine habileté et qu’ils ont l’envie. Il faut donc intégrer la partie formation au recrutement et accompagner les entreprises au développement des compétences des gens qu’ils ont recrutés », explique Catherine Privat de l’équipe de recrutement par simulation qui précise qu’en 2018, 680 personnes ont été évaluées avec cette méthode et que cela a donné lieu à 178 embauches. « Il s’agit d’annonces qui sont diffusées largements aux personnes suivies par Pôle emploi sans que celles-ci soient classés dans une catégorie de métiers le but étant également de susciter des vocations ou de faire découvrir. Les CV sont totalement anonymes afin qu’il n’y ait aucune discrimination sur le sexe, l’âge, les origines etc. Sur les 680 % qui ont été évaluées, 493 l’ont été positivement. Après cette étape, ils passent un entretien de motivation et sont mis en contact avec l’employeur. Lorsqu’il y a une demande de recrutement il faut compter un délai de trois semaines à deux mois si jamais il faut créer les tests, jusqu’au recrutement mais cela peut aller parfois plus vite ». Un travail de longue haleine pour les agents de pôle emploi car pour recruter 12 personnes, ils savent qu’en moyenne il faudra en évaluer 24. Mais pour avoir 24 candidats, il aura fallu avoir au moins une quarantaine de partcipants à une réunion d’information collective. Et pour avoir ces quarante participants, il aura fallu diffuser l’information à un nombre encore plus large de demandeurs d’emplois.
Philippe Jolivet