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11:02 hélas ne pourra pas lui rendre hommage

Chasse au syndicaliste à la Sobéval

Social

Hier s’achevait le congrès de l’union départementale CGT lors duquel le bilan des trois dernières années a été fait. Le syndicat continu à s’implanter dans les entreprises même si certaines font tout pour que ça ne soit pas le cas.
Près de 200 délégués ont participé à ce congrès représentant les 71 syndicats du département regroupant 4 181 adhérents. « Nous sommes en progression, nous ne perdons pas d’adhésions et nous en faisons et en trois ans nous avons eu 25 nouvelles implantations dans le public comme dans le privé », explique Corinne Rey secrétaire départementale réélue. Parmi ces nouvelles implantations : Colas, Innovélec, Sobéval, KSB, l’Ehpad de Terrasson ou le centre hospitalier de Ribérac. Le syndicat reste le premier privé et public confondu en terme de représentativité. « ça a été pour nous l’occasion de faire le bilan de ces trois dernières années. Une nouvelle direction de 27 personnes a été élue et le secrétariat s’enrichie de Corinne Ruédin (politique financière), Frédéric Dousseau (revendicatif) et Mathieu Le Roch (responsable à la vie syndicale) ». Les grands axes fixés par ce congrès sont la poursuite de l’implantation partout où c’est possible. « C’est un travail de fourmi qui est mené par les Unions locales qui tractent devant les entreprises et y négocier des protocoles. Mais c’est ce qui permet  de rencontrer les salariés et de leur donner envie de nous rejoindre. Notre philosophie c’est de ne pas seulement siéger dans les instances du personnel même si nous le faisons, mais d’être auprès des salariés, dans la lutte, sur le terrain pour gagner des droits nouveaux », explique Corinne Rey.
L’occasion aussi de parler des grandes luttes à venir, avec la journée nationale des cheminots le 4 juin et sur les retraites et les services publics notamment. « Sur ces deux thèmes nous attendons de voir s’il y aura une intersyndicale. Mais quoi qu’il arrive la CGT fera. Il y a un gros travail d’information à faire auprès des salariés sur ce qu’est une retraite par points et ce que ça entraînerait si nous perdons cette bataille. On sait combien on cotisera mais pas quelle sera la valeur du point au moment de liquider la retraite ». Et Mathieu Le Roch d’ajouter, « on nous dit qu’on ne touche pas à l’âge de départ mais on parle de décote donc les gens resteront plus longtemps pour ne pas partir avec rien ». Et sur les services publics,
« les annonces qui sont faites sont inquiétantes pour les salariés du service public mais aussi pour les usagers. Il ne va pas faire bon vivre en Dordogne et ça n’encourage pas de nouvelles populations à s’y installer pour y travailler et y vivre », explique Corinne Rey. « La ligne Périgueux-Agen est en danger, puisqu’on y fait circuler les trains à 60 km/h pour ne pas avoir à l’entretenir aussi souvent », ajoute Frédéric Dousseau. Et dans les services de l’État, « il y a des annonces de suppressions dans les services déconcentrés avec des regroupements dans des services départementaux interministériels sous l’égide de la préfecture et donc du préfet qui est un responsable politique ce qui remet en cause la garantie de neutralité de l’Inspection du travail », estime Mathieu Le Roch. Sur le plan  médical aussi, les inquiétudes sont fortes, « il n’y a déjà plus d’urgences ophtalmologiques à Périgueux  et il faut aller à Limoges ou Bordeaux », ajoute Frédéric Dousseau. « On ne va pas se laisser faire, mais on ne fera rien sans les salariés », explique Corinne Rey.
Et l’implantation de syndicats qui ne se laissent pas faire n’est pas du goût de tout le monde. « On nous parle matin, midi et soir de dialogue social et que les patrons sont prêts à dialoguer de gré à gré avec les syndicats sans besoin du cadre de la loi. Quand on dit que ce n’est pas la vraie vie on nous rit au nez mais la vraie vie c’est ce qui se passe à la Sobéval, avec un Gilles Gauthier qui se présente comme le patron de l’année en Dordogne, une entreprise où tout va bien et quand on y monte un syndicat CGT tout est mis en œuvre pour le détruire en s’attaquant à Daniel Bony », explique Corinne Rey.
A force de tractage à 3 h 30 du matin devant la Sobéval, un dialogue s’est engagé avec des salariés qui « sont venus nous voir et nous ont dit : « ça ne va pas chez nous, il faut que ça change. Les conditions de travail sont déplorables et nous subissons une pression constante ». Et ce sont des élus sans étiquettes qui sont venus nous voir dont Daniel. Donc nous lui avons expliqué que la meilleure façon de s’organiser c’était de monter un syndicat ce qui a été fait en octobre 2018 et Daniel a fait plus de 40 adhésions dans la foulée. Il est donc devenu un homme à abattre et la Sobéval a trouvé le moyen de faire témoigner une dizaine de personnes anonymement pour dire qu’il harcelait le personnel féminin. Témoignages retombés à trois lorsque l’anonymat a été levé », explique Corinne Rey. « Et plus de quarante personnes hors syndicat ont témoigné en sa faveur de façon non anonyme dans une entreprise où il règne une pression constante et plus de la moitié de ces témoignages viennent de femmes », précise Mathieu Le Roch. Une procédure de licenciement avec mise à pied conservatoire a été lancée le 27 décembre. « Et aucun des faits dénoncés ne seraient antérieurs à la création du syndicat alors que Daniel est embauché depuis 14 ans. ça fait beaucoup ». L’Inspection du travail a été saisie afin de valider ou non le licenciement et après enquête elle a conclu que les témoignages n’étaient pas fiables et que Daniel Bony devait reprendre son poste.
Une décision que la direction n’a pas apprécié lui proposant quatre autres postes que celui qu’il occupait auparavant et qui tenait compte de ses problèmes de santé. Après avoir refusé ces propositions Daniel a repris le travail ce mardi matin avec une vingtaine de syndicalistes venus le soutenir devant l’entreprise. « Dans la foulée avant l’embauche à quatre heures une réunion a été organisée par le directeur industriel Christophe Bally devant 80 salariés afin de l’humilier publiquement et de l’intimider en déclarant que l’entreprise était contrainte de le reprendre et qu’il était sous surveillance. Ils l’ont présenté comme quelqu’un de dangereux pour les autres salariés en les encourageant à s’en méfier et à rapporter tout geste suspect. Ils n’admettent pas la décision de l’Inspection du travail et font pression pour arriver à leurs fins. On voit bien le jusqu’au-boutisme de cette direction qui n’a pas l’intention d’en rester là. Mais nous n’en resterons pas là non plus nous allons riposter de façon syndicale et juridique et pénale suite à cette action. Nous ne lâcherons pas Daniel ni le syndicat CGT de la Sobéval pour que le droit des salariés y soit respecté même si à quelques semaines des élections professionnels on comprend que la direction ne veut pas d’une liste CGT », explique Corinne Rey. En attendant Daniel Bony, va au travail la boule au ventre, « je suis épié comme si j’étais un voyou et c’est terrible d’avoir été humilié comme ça, ma santé et ma vie personnelle ont été affectées ». Face à de telles pratiques la CGT prend des précautions, « nous avons demandé au CHSCT que Daniel ne se retrouve jamais seul avec une autre personne dans l’entreprise mais qu’il soit toujours accompagné », précise Frédéric Dousseau.
Philippe Jolivet

Une motion contre l’arrêté anti-mendicité
Les délégués réunis durant ces deux jours, s’insurgent contre la décision prise, cette année encore, par la municipalité de Périgueux d’interdire la mendicité.
Ils ont en effet voté une motion demandant le retrait de cet arrêté. « Cette décision est indigne d’une collectivité qui, plutôt que d’accompagner les plus fragiles d’entre nous, préfère les stigmatiser en les excluant d’un secteur particulier du territoire municipal. Au prétexte d’une période estivale attirant nombre de touristes à Périgueux, le maire tente de cacher la misère et la pauvreté, osant même la criminaliser. Ce n’est pas en pratiquant cette forme d’exclusion sociale, indigne d’un élu de la République, qu’on règle la question de la précarité.  Se défausser ainsi de ses propres responsabilités en terme de politique sociale est inqualifiable. Les délégués du 50e congrès exigent le retrait immédiat de cet arrêté ».

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