Les avocats n'étaient pas de la table ronde

Nicole Belloubet à Périguex

Le batonnier Eric Barateau pointe que la ministre de la Justice Nicole Belloubet n’a pas invité les avocats à la table ronde organisée à Périgueux.
« C’est symptomatique de la manière dont ce gouvernement conçoit la consultation ». Des motifs d’insatisfaction, Me Barateau en a, en outre, d’autres. « Le projet de réforme de l’ordonnance de 1945 a été imaginé par des magistrats parisiens qui ne connaissent parfois même pas le terrain ! ». Le conseil constate, lui, que « plus de 1 000 dossiers sont actuellement sur le bureau du juge des enfants » au tribunal de Périgueux. Or, « en réalité », le ministère « vise à gérer la pénurie ». Il déplore aussi que la Dordogne manque de places d’accueil pour les enfants soumis à des mesures éducatives... « sans qu’on en sache le nombre exact ».

Ce sont les moyens qui manquent !

« A Périgueux, la délinquance des mineurs est l’affaire de jeunes gens qui ne sont pas des méchants donc on dirait que le ministère considère que ce n’est pas le drame ». Or, ce gros défaut d’humanité donne l’impression au batonnier que « la justice des mineurs revient à de la gestion des petits pois ». Ce n’est pas tout. Si la garde des sceaux répète à l’envi qu’elle tient à prioriser le volet éducatif sur le volet répressif, lui... il « ne le lit pas comme ça ». Il ose même une comparaison avec les lois Perben. « Cette réforme qui vient, c’est du Perben III ». L’dée de la césure de la procédure de jugement des mineurs ne récolte pas plus de grâce à ses yeux. « Est-on sûr d’être en possession de toutes les peuves qui permettent de déclarer coupable un mineur ? » Sans compter que, de facto, celui-ci sera sanctionné par un juge unique : la collégialité, c’était avant. Alors, « certes, les audiences iront plus vite puisqu’il ne restera au juge qu’à prononcer une peine ». Reste que tous ses reproches, le batonnier n’a pas pu les adresser à la ministre les yeux dans les yeux. « Ne pas nous recevoir, c’est éviter la contradiction ». Et puis d’abord, pourquoi, selon le conseil, chambouler l’ordonnance de 1945. « Elle n’est pas mal fichue... en mettant les moyens ».

Vidéo : la ministre  de la Justce Nicole Belloubet dit pourquoi elle n'a pas invité les avocats

 

Fabienne Ausserre

Périgueux, : Nicole Belloubet explique l'absence des avocats