Un outil de construction citoyenne

Mobilité

Récemment était organisée aux Francas de la Dordogne une journée de préparation pour le départ de deux jeunes, Mérion et Esther qui partiront en Arménie au mois de septembre dans le cadre d’un programme de mobilité internationale. Une journée organisée avec Hamza, jeune volontaire en mission en Dordogne depuis le mois d’octobre.

Cette journée était en quelque sorte la dernière étape avant le grand départ comme l’a souligné Aude Pulo animatrice au développement de la participation et de l’engagement citoyen et coordinatrice de la mobilité européenne et internationale au sein de l’association des Francas de Dordogne.
« Le but de ce type de journée,  s’inscrit en conclusion d’un parcours qui a pris la forme d’un long dialogue personnalisé avec chaque volontaire. Elle permet de procéder aux dernières mises au point sur le séjour au niveau des aspects matériels et techniques de ce dernier, qu’il s’agisse de la vie sur place, des volets santé et sécurité, mais aussi au niveau d’une réflexion sur la mobilité internationale et une préparation à la rencontre interculturelle qui est au centre du dispositif. Elle constitue enfin une dernière occasion de réflexion sur l’engagement et les motivations que ces séjours portent ».
Des caractéristiques qui se sont retrouvées dans les échanges entre les deux jeunes volontaires autour de leur parcours depuis le dépôt de candidature fin 2018. Ainsi Mérion 18 ans, titulaire du bac en 2018, originaire de Brantome, qui s’est sentie impliquée par le projet dans lequel elle va s’investir auprès d’une structure implantée sur Erevan, la capitale du pays, auprès de jeunes et d’enfants aveugles et mal-voyants, pour qui le séjour, après un premier engagement comme service civique qui aura été l’occasion d’une réflexion sur le contenu du dispositif et d’un engagement auprès de la Ligue de l’enseignement (un engagement qui l’a amené à participer à la rédaction d’un livre blanc sur le dispositif des services civiques)
« est vécu, tout à la fois comme un engagement auprès des autres et comme un outil de construction personnelle et citoyenne ».
Une approche et une démarche dans laquelle, sa « camarade de séjour » Esther, 23 ans, originaire de Roubaix, où elle a obtenu un master en relations internationales et coopérations interculturelles, se reconnaît totalement. Passionnée par la découverte des autres, et notamment par celle de l’Europe de l’Est comme elle l’a reconnu, ce séjour, qui l’amènera à s’investir auprès d’enfants orphelins, s’il « sera, bien évidemment exceptionnel par sa durée d’un an », s’inscrit de fait dans une volonté de longue date de dépasser les frontières françaises. Une volonté de curiosité et de découverte et d’écoute, « qui l’a d’ores et déjà, dans le cadre du dispositif Erasmus, amenée en Espagne et en Italie, mais aussi, et cette fois en dehors de tout cadre universitaire ou institutionnel, fait découvrir l’Angleterre, le Cambodge, les Philippines, le Mexique et la Grèce ».
Des implications dont la réalisation bénéficie de l’appui technique, juridique et organisationnel des Francas (5 à 6 jeunes sont ainsi retenus chaque année comme volontaires), et du financement qu’il s’agisse du voyage, des budgets alimentation, hébergement et des frais divers de séjour de l’Union européenne, les jeunes volontaires bénéficiant durant leur séjour de cours hebdomadaires d’arménien leur permettant de disposer des outils nécessaires à la dimension interculturelle des projets. Des projets qui  prendront vie le 3 septembre et qui comme l’a souligné, en évoquant sa propre expérience Hamza (il se destine, comme il l’a indiqué, au terme de ses études de langue, au métier d’interprète), « vont demander pour donner tous leurs fruits, de savoir, pendant un ou deux mois, franchir la peur des barrières des a priori, pour rencontrer vraiment  l’autre ».

Christian Espitalié