Panique à droite, ils veulent changer de capitaine

PRÉSIDENTIELLE. Après le maintien de François Fillon malgré sa mise en examen, plus de cent Républicains, dont des ténors du parti, ont jeté l’éponge, espérant le pousser à la démission

LES RÉPUBLICAINS
Panique à bord. Le navire Les Républicains est secoué par une violente tempête depuis que François Fillon a choisi de tenir le cap malgré sa mise en examen prévue le 15 mars. Une décision qui irrite ses matelots alors que le candidat chute dans les sondages. L’accès au second tour semble très difficile.
Et le temps presse, la fin du recueil des parrainages approchant à grands pas. Alors à droite, on essaie de convaincre l’obstiné capitaine de changer de position. « Il faut convaincre François Fillon de partir, alerte Benoist Apparu (LR). Cela peut se faire en essayant de convaincre ses soutiens de le quitter à leur tour et aussi en essayant de lui faire ouvrir les yeux. Jusqu’à présent, il ne change pas de ligne, mais il y a un moment où il faut se rendre compte qu’on va dans le mur ». Avec le sénateur Edouard Philippe et Christophe Béchu, le juppéiste a choisi de ne plus soutenir François Fillon.
Des soutiens qui n’en finissent plus de s’enfuir Pour mettre la pression sur François Fillon et le pousser à abandonner,
plus d’une centaine de Républicains ont choisi de quitter le navire. Parmi eux, des figures dont les départs sont autant de coups durs pour le candidat à la présidentielle.
Après Bruno Le Maire, vendredi, c’est Thierry Solère qui a claqué la porte, mettant fin à ses fonctions de porte-parole du candidat. L’ancien Premier ministre de Nicolas Sarkozy a également perdu son trésorier de campagne Gilles Boyer, Jean-François Copé, Nadine Morano, de nombreux sarkozystes, des lemairistes, quelques soutiens de Nathalie Kosciusko-Morizet, ainsi que de nombreux bénévoles et permanents de son équipe de campagne désormais exsangue. Virginie Calmels
fait également partie des déserteurs. Dans un communiqué, elle a déploré un « spectacle » qui « donne la nausée », expliquant que François Fillon « n’est plus le candidat du rassemblement suite aux départs successifs au sein de sa propre famille politique ». Au final, il ne reste sur le bateau plus que quelques fidèles comme Bruno Retailleau ou Valérie Boyer. Les autres tentent désespérément de faire entendre raison à leur chef. C’est dans cette visée que Nicolas Sarkozy a rencontré hier le président du Sénat Gérard Larcher et Bernard Accoyer. Ensemble, ils auraient réfléchi à la manière dont il faudrait s’organiser en cas de retrait de Fillon. L’ancien président semble au coeur des manoeuvres. Il a reçu de nombreux appels de Républicains lui demandant de pousser Fillon vers la démission, mais lui semble ne pas vouloir lui forcer la main. Quant à l’UDI, le parti a décidé hier soir de retirer son soutien à François Fillon, son président Jean-Christophe Lagarde demandant
« solennellement aux Républicains de changer de candidat ». Qui à la place ? Beaucoup lorgnent en direction
d’Alain Juppé.
Juppé à la rescousse ?
Il ne voulait pas être le plan B. Mais la situation est telle qu’Alain Juppé, candidat malheureux à la primaire de la droite et du centre, serait prêt à prendre la place de François Fillon. Selon le Parisien, il aurait confié, en cas de désistement du candidat LR, « Je ne me défilerai pas. Cette situation ressemble à un suicide collectif ». Mais deux conditions devront être réunies.
D’une part, il veut que François Fillon se désiste de lui-même. D’autre part, il veut « une lame de fond » en sa faveur, c’est-à-dire un soutien massif de sa famille. Soutien non garanti pour l’instant, beaucoup de sarkozystes lui préférant François Baroin. Mais pour parler de remplaçant, encore faudrait que Fillon parte, ce qu’il semble rejeter pour l’instant, appelant
ses partisans « à venir très nombreux » lors de la marche en son soutien qui aura lieu dimanche à Paris.
Maëva Gardet-Pizzo

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