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La préparation de la « déclaration de Rome » patine

CONSEIL EUROPÉEN. Proposant la défense et une Europe à deux vitesses pour toute perspective de relance du projet, les dirigeants européens s’enlisent dans leurs contradictions et leurs oppositions.

Après l’élection mouvementée de Donald Tusk à la présidence du Conseil européen qui a provoqué un « nous savons maintenant c’est une UE sous le diktat de Berlin » de la part du ministre des Affaires étrangères polonais d’extrême droite Witold Waszczykowski, les chefs d’État et de gouvernement des désormais 27 pays de l’Union européenne ont planché hier sur ce qui deviendra la « Déclaration de Rome » à l’occasion de la célébration des 60 ans du traité éponyme le 25 mars prochain. Ou plutôt des traités puisque figurent en fait un texte créant la communauté économique européenne et un autre la communauté européenne de l’énergie atomique ; l’idée étant de relancer une construction européenne bloquée suite à l’échec du projet politique de Communauté européenne de défense (CED).
Les 27 ont donc travaillé hier sur un texte aux formules suffisamment prudentes et floues pour ne vexer personne du type travailler « ensemble pour promouvoir le bien commun ». Pourtant, ce document préparé dans ces réunions dites « informelles » à Bratislava puis à Malte ambitionne de fixer des priorités et un calendrier parmi lesquelles la constitution d’une Europe de la Défense, ce qui consiste à remettre sur le métier un ouvrage refusé hier. Comme il s’agit, tout comme en 1957, de relancer une Europe à la peine si ce n’est qu’elle est désormais contestée par les peuples. Puisque le fond du problème est bien l’avenir de l’UE dans un contexte de post-Brexit, de montée des populismes et de rejet par les tenants d’une Europe sociale.
Or, la réponse proposée est celle d’une Europe à « plusieurs vitesses » pour reprendre la formule désormais consacrée. « La devise est que nous sommes unis, mais unis dans la diversité » a plaidé la chancelière allemande Angela Merkel. « Il faut que l’on soit capable d’avancer plus vite à quelques-uns » a renchéri François Hollande, car l’Europe a « montré qu’elle n’était pas capable de prendre des décisions au bon moment ». Et de citer la défense, la zone euro, l’harmonisation fiscale et sociale comme autant de domaines dans lesquels des groupes de pays doivent être « capables d’aller plus vite, plus loin, sans fermer la porte à qui que ce soit ».
Si la Belgique, le Luxembourg ou l’Espagne ont apporté leur soutien à ce concept, ce n’est pas le cas des pays de l’Est et de l’Europe centrale, craignant d’être exclus d’un « club » qu’ils ont par ailleurs largement critiqué pour une gestion jugée laxiste des migrants. Ce scénario n’instaure pas « un nouveau rideau de fer entre l’Est et l’Ouest » a voulu rassurer le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker. Donald Tusk a lui eu recours à un proverbe pour exprimer sa pensée : « si vous voulez aller vite, partez seuls. Si vous voulez aller loin, partez à plusieurs » avant de plaider pour un « maintien de l’unité politique entre les 27 ».
Si hier rien de concret n’est sorti de la réunion, il ne faut cependant pas trop attendre du texte prévu pour le 25 mars. Il y a 10 ans, à l’occasion des 50 ans des traités de Rome, la déclaration de Berlin avait déjà pondu un écrit où se succédaient les formules lénifiantes sur une Europe ayant « apporté la paix et la prospérité ». Certaines d’entre elles montrent l’abîme qu’il y a entre les promesses faites par l’Europe et la réalité. « Marché unique et euro nous rendent forts », « nous lutterons ensemble contre le terrorisme », « nous nous mobilisons pour que les conflits dans le monde se règlent de manière pacifique »… Quoique, abîme ou… échec ?

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