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Tout un programme décoché d’une bonne vieille droite

FILLON. Le candidat de la droite « et du centre », en conférence de presse, a confirmé sa volonté d’imposer une politique ultralibérale. Contre vents et marées, mais finalement suivi par les siens.

PARIS
Une conférence de presse pour rien. De l’occupation de terrain, et encore, extrêmement limitée.
Hier, presque à l’heure promise (officiellement 11h00), le candidat désormais obligé de la « droite et du centre » s’est présenté devant les journalistes pour leur dire... tout ce qu’il dit depuis le début de sa victoire aux primaires, mis à part quelques reculs de circonstance, comme sur la TVA intermédiaire, sur laquelle il promet désormais de ne pas bouger.
« Bon, une dernière question ! »
Mais François Fillon tenait à aller vite. Au bout de 45 minutes d’intervention, il s’est évertué à échapper à l’exercice qu’il s’était pourtant programmé, se fendant à deux reprises devant les doigts levés dans la salle de presse d’un « Bon, une dernière question ! » difficile à interpréter autrement qu’à un besoin pressant d’en finir vite.
Sans pour autant changer de cap ultralibéral et sans pitié pour les acquis sociaux.
Quelques phrases en disent long de la visions économique du candidat LR.
Les solutions ? « C’est simplifier le droit du travail. Mettre fin aux 35 heures. Réformer le dialogue social » sans oublier de «rendre la fiscalité du capital moins punitive » ou de « baisser massivement les impôts et les charges sur les entreprises. » Pour lui un « effort de 40 milliards d’euros qui provoquera un vrai choc de compétitivité. »
Pour la galerie, et sans rire, François Fillon, avant de resservir sa menace de « congédier » les ministres (réduits à quinze) qui ne « parviendraient pas à tenir leurs objectifs », a promis de mettre en place « un code de bonne conduite » pour prévenir les conflits d’intérêt au gouvernement et la publication « obligatoire » des liens de parenté entre les parlementaires et leurs collaborateurs.
Les réactions de ses principaux adversaires ne se sont pas faites attendre. Le porte-parole d’En Marche ! Benjamin Griveaux, a dénoncé « un programme pour les Français qui ont déjà réussi » et qui fera « payer la purge », aux classes moyennes et « populaires ».
« Un programme profondément brutal, antisocial » qui « va taper le service public », a lancé de son côté le porte-parole de Jean-Luc Mélenchon, Alexis Corbière.
En effet, outre les cadeaux aux entreprises privées et aux tenants de la finance, François Fillon s’est fait l’apôtre d’une réduction drastique du nombre de fonctionnaires (qui devront travailler 39 heures par semaine), hormis les policiers et les militaires.
Ces derniers ont en effet pu entendre la promesse d’une hausse conséquente du budget national de la Défense, pour permettre à nos soldats « d’assurer » au mieux la sécurité des Français et le « rayonnement » de notre pays partout où il est engagé.
Depuis longtemps, on n’avait entendu de discours aussi violent de la part d’un candidat se proclamant de la droite « modérée.»
Reste que François Fillon, toujours border line sur les questions d’immigration, et chassant de plus en plus près des terres du Front national, s’appuie sur un socle encore solide de militants et sympathisants qui font fi de toutes les casseroles traînant à ses basques pour le soutenir vaille que vaille et jusqu’au bout.
François Fillon, pugnace, le sait mieux que personne, une élection n’est jamais jouée d’avance et il jouera sa carte jusqu’au bout.
Claude Gauthier
cgauthier@ lamarseillaise.fr

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