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L’homme qui voulait créer un mouvement

JEAN-LUC MÉLENCHON. Le dernier de nos portraits des candidats à l’élection présidentielle est consacré au leader de la France insoumise, soutenu par le PCF et les composantes de ce qui était le Front de Gauche, arrivé en 4e position en 2012.

PORTRAIT
Samedi, le mouvement dont Jean-Luc Mélenchon est le candidat à la présidentielle organise une grande marche pour l’avènement de la VIe république. C’est le moteur de la campagne de cet homme qui se présente pour prendre le pouvoir et le rendre au peuple en organisant une assemblée constituante Désintérêt vis-à-vis du pouvoir : le message peut avoir du mal à passer.
Comme d’autres. Car au terme d’une carrière politique de plusieurs décennies, les messages ont été nombreux.
Né à Tanger de parents receveur des PTT et institutrice, Jean-Luc Mélenchon commence sa carrière politique en France ; une carrière de 32 ans au sein du parti socialiste auquel il adhère en 1976, après une première étape à l’UNEF et l’OCI*. Sénateur 20 ans durant, ministre délégué à l’enseignement professionnel sous Lionel Jospin, il a aussi une intense vie au sein du parti : co-fondateur de la gauche socialiste avec Julien Dray, du courant nouveau monde avec Henri Emmanuelli, fondateur de Trait d’union en 2005… Fervent soutien de François Mitterrand, il est, dans le parti, un opposant de l’intérieur, critique de la ligne social-démocrate qui ne parviendra cependant pas à décrocher le poste de secrétaire national en 1997 face à… François
Hollande.
A plusieurs reprise, il n’hésite pas à aller contre les décisions de son parti. S’il accepte le oui à Maastricht en 1992, il s’en désolidarise en 1995 puis vote contre le projet de loi d’intégration de la Banque de France au système européen de banques centrales et contre le passage à l’euro au sénat en 1998. Et surtout, en 2005, à l’inverse des résultats du référendum interne au PS sur le projet de constitution européenne, il part faire campagne pour le « non » aux côtés du PCF, de la LCR et de la Confédération paysanne.
Une période qu’il décrit comme charnière dans le documentaire portrait qu’a réalisé récemment Gérard Miller. Il y a raconte une anecdote sur une réunion dans l’Essonne qui a sur lui un « effet déflagrateur : je me dis que je faisais parti de ceux qui tenait le couvercle [sur cette énergie] ». Et de « dater de ce moment là, ma rupture affective avec le monde duquel je venais ».
Commence alors la longue aventure du Front de gauche qui passe par la démission du PS, la création du Parti de gauche, le lancement du processus aux côtés de Marie-George Buffet, secrétaire nationale du PCF, pour les élections européennes de 2009… Et qui mène jusque 2012. La campagne pour la Présidentielle transporte les foules. Chaque meeting connaît un incroyable succès, le qualificatif de « tribun » est sur toutes les lèvres. Le 25 avril, le candidat du Front de gauche récolte 11,10 % des voix, arrivant à la quatrième place.
Mais face à François Hollande président, Jean-Luc Mélenchon n’a pas de mandat national pour porter la contradiction. C’est donc dans la rue qu’il s’oppose à la politique menée : dès décembre 2012 dans une manifestation contre le traité budgétaire que le candidat Hollande avait promis de renégocier, en mai 2013 via une « marche citoyenne pour la VIe République », en décembre avec une manifestation pour la « révolution fiscale »… Rapidement, ses commentaires négatifs taclent les votes des députés du Front de Gauche. L’entente ne survit pas aux élections municipales et, en 2014, Jean-Luc Mélenchon annonce son retrait du Front de gauche, non sans passer par un constat d’échec qu’il impute au PCF qu’il accuse de croire « qu’on peut rectifier le tir du Parti socialiste ».
Après s’est inspiré de Die Linke (la gauche) en Allemagne pour créer le Parti de gauche, il est désormais attentif à ce qui se passe avec Syriza en Grèce et cherche à organiser une coalition similaire pour les élections départementales de 2015 où le Front de gauche serait rejoint par les écolos, les frondeurs du PS, Nouvelle donne… Sans résultat.
Le tournant 2016
Jean-Luc Mélenchon va alors consacrer l’année 2016 à la création de la France insoumise, une plateforme internet participative pour nourrir un programme à partir de l’Humain d’abord, programme de 2012. Parallèlement, un site collecte
les soutiens à une candidature « hors-partis » à la Présidentielle qui atteint les 200 000 signatures en janvier 2017, date à laquelle il annonce cette candidature. Une mois plus tard, celle-ci reçoit le soutien du Parti de gauche puis, en novembre,
celui d’Ensemble ! et du PCF après le vote des militants.
Estimant que la démarche de la France insoumise est proche de celle du Front de gauche - « qui n’était pas de créer un cartel de partis, mais un mouvement » - Jean-Luc Mélenchon se dit déjà heureux du résultat : « presque 300 000 personnes ont signé pour ma candidature, 250 000 ont acheté le programme : une base consciente, formée (...) c’est à cela qu’il faut faire confiance ».
Reste cependant le sujet des Législatives, la question de candidatures uniques aux formations et partis qui soutiennent Jean-Luc Mélenchon à la Présidentielle étant loin d’être résolue.
Angélique Schaller
l * Organisation communiste internationale.

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