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Dix blessés au lycée de Grasse : la vengeance d’un élève lourdement armé

CARNAGE ÉVITÉ. L’adolescent en garde à vue pour « tentatives d’assassinats ». La motivation terroriste est exclue. La piste d’éventuelle complicité n’est pas écartée. « La rumeur de tirs ailleurs était incontrôlable, c’était même la surenchère »

L’ÉVÉNEMENT
Un adolescent de 16 ans a ouvert le feu sur le proviseur et des élèves du lycée Tocqueville de Grasse (Alpes-Maritimes) où il est scolarisé. Le bilan est de dix blessés, aucune en urgence absolue. Trois des victimes souffrent d’un choc émotionnel lié à la scène vécue. « Les motivations de l’élève paraissent liés aux mauvaises relations qu’il entretiendrait avec d’autres élèves du lycée » a déclaré le procureur de la République de Grasse, Fabienne Atzori, qui considère à ce stade qu’ « aucun lien ne peut envisager avec une entreprise terroriste ». L’alerte attentat avait aussitôt été déclenché. Une enquête pour « tentative d’assassinats » a été ouverte et confiée à la Police judiciaire. La garde à vue de 48 heures devra déterminer s’il était animé d’une volonté homicide. « La piste d’éventuelle complicité n’est pas écartée. Beaucoup de témoins doivent être interroger ». Des questions se posent sur l’origine des armes, son acheminement jusqu’au lycée.
L’auteur présumé des faits est le fils d’un conseiller municipal (LR) de Grasse, transfuge du FN et coordinateur pour la région Paca du Rassemblement pour la France (RPF), un petit parti souverainiste qui depuis soutient Fillon. L’adolescent fasciné par les vidéos violentes et satanistes s’est introduit lourdement armé à 12h55 dans l’établissement situé 22 chemin de l’Orme. Il portait un fusil à pompe et ses munitions, plusieurs armes de poing, une grenade d’exercice.
« Il semblerait qu’il ait confectionner un explosif artisanal » a indiqué la procureure. De la poudre noire a en effet été retrouvée dans son sac à dos. Il est inconnu des services de police et de justice et n’est pas signalé pour des troubles psycholiques. Sur des comptes Facebook, Twitter et Youtube correspondant au nom du suspect, des photos et vidéos de tuerie comme celle de Columbine (une fusillade survenue dans un lycée du Colorado qui avait fait 15 morts dont ses deux auteurs en 1999) ou encore une vidéo d’une personne avec un masque de clown monstrueux brandissant un pistolet.
« C’est pas à vous que j’en veux »
L’élève s’est dirigé dans une classe pensant y trouver « la ou les personnes recherchées ». Des élèves ont aussitôt prévenu le proviseur Hervé Pizzinat que leur camarade était armé mais avant qu’il n’ait pu intervenir, l’auteur a tiré sur un élève le blessant au ventre d’un ou plusieurs tirs. Le proviseur s’est alors interposé courageusement et c’est à ce moment là qu’il a été blessé d’un tir à l’épaule. « Je ne vous en veux pas. C’est pas à vous que j’en veux » aurait-il dit au proviseur selon la procureure. Il a été opéré dans l’après-midi. Le commissariat de police et la Sécurité publique sont intervenus très vite. A 13h07, l’élève était interpellé à proximité du lycée. « Il semble qu’il ait déposé les armes par terre avec résignation et docilité » indique la procureure. Des rumeurs infondées de tirs près d’une école ont conduit alors les autorités à déclencher le plan particulier de mise en sécurité. Tous les établissements scolaires de Grasse ont reçu l’ordre de confiner leurs élèves. Sur place une certaine confusion régnait encore dans l’après-midi, les familles recherchant leurs proches. « Des élèves ont été tétanisés, choqués et se sont rendus à l’hôpital de Grasse », indiquait dans son point à la presse Romain Serigne, le directeur de la communication de l’Académie de Nice. Policiers et militaires armés de fusils mitrailleurs contrôlaient les différents accès du lycée totalement verrouillé. Pour identifier les élèves, des bracelets leur avaient été apposés au poignet par les pompiers. Dans les salles du lycée Tocqueville, les élèves se réconfortaient entre eux, choqués. Les sentiments d’incrédulité, de peur et de stupeur se bousculaient. « On sait qu’il y a des menaces terroristes, on a eu des exercices pour nous y préparer mais on s’est jamais imaginé qu’un de nous allait faire irruption pour nous tirer dessus » explique Jonathan, sorti de confinement vers 17 heures. Jules, en 1ère S, témoin visuel de la fusillade, a cru tout d’abord à des « faux pétards puis des balles à blanc » jusqu’à ce qu’il voie le sang couler. Il décrit son lycée comme « déjà supersécurisé ». L’établissement de plus de 900 élèves est réputé paisible et très calme. La cellule académique de crise a été immédiatement activé. L’ensemble des élèves et personnels du lycée a été évacué.
Doter les établissements de personnels formés à la sécurité La ministre de l’Education nationale Najat Vallaud-Belkacem, s’est rendue sur place. Elle parle de « l’acte fou d’un jeune homme fragile et fasciné par les armes à feu ». « L’ensemble des élèves sont en sécurité, ils sont accompagnés si ils le souhaitent par une cellule psychologique que nous avons mise en place. Fort heureusement, les blessures ne sont pas très graves. »
« Nous sommes consternés par cet événement et sous le choc » réagit Jacques Bacquet, proviseur du lycée Albert-Camus de Fréjus et membre du Syndicat national des personnels de direction de l’Éducation nationale (SNPDEN). « On s’attaque à une institution qu’est l’école et pour nous c’est particulièrement préoccupant. Les problématiques de sécurité seront en première ligne des discussions avec les autorités. Notre rapport d’enquête sur la sécurisation mettait l’accent sur l’impérieuse nécessité de doter les établissements en personnels formés spécifiquement à la sécurité et à ce jour, hélas, nous constatons que ni la Région, ni l’Etat n’ont répondu de façon satisfaisante à ce constat particulièrement préoccupant. Nous continuerons à agir pour qu’il y est une véritable sécurité dans toutes les écoles. Nos personnels enseignants, agents d’éducation malgré tout leur sérieux, leur engagement et leur bonne volonté, ne sont pas des agents de sécurité.
Son homologue, Gilles Auteroche de l’Académie Aix-Marseille confirme : « On est confronté à la quasi impossibilité de contrôler ce que 1000 à 2000 lycéens transportent tous les jours dans leur sac même avec des portiques. Il y a nécessité de mettre en place des agents de sécurité. »
David Coquille

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