«Le combat ne fait que commencer»

GUYANE. Les négociations menées par les ministres Matthias Fekl et Ericka Bareigts ont aussitôt été ajournées.

SOCIAL
Les négociations entre un collectif de Guyanais et les ministres Matthias Fekl et Ericka Bareigts, qui visent à sortir la Guyane de plus de dix jours de conflit social, se sont arrêtées hier quelques minutes à peine après avoir commencé.
Les ministres de l’Intérieur Matthias Fekl et des Outre-mer Ericka Bareigts avaient entamé hier matin leurs discussions avec les leaders de la mobilisation en Guyane, très déterminés à obtenir les moyens de faire enfin «décoller» le territoire après le succès des manifestations des derniers jours. Mais alors que les médias n’avaient pas été conviés aux discussions, le collectif portant les revendications a décidé, moins d’une demi-heure après le début de la rencontre,
que «ça ne pouvait pas se passer comme ça pour des questions de transparence», a déclaré l’un de ses membres, le représentant du Medef local, Stéphane Lambert, à l’AFP. La vingtaine de négociateurs issus de la société civile guyanaise sont alors sortis de la préfecture, où les discussions se tenaient. Ils faisaient face à 11h30 locales à des centaines de manifestants venus les soutenir, qui s’affirment «dé-ter-mi-nés».
La rencontre avait ceci-dit démarré dans une ambiance électrique et sous une pluie battante, avec 1h30 de retard. Alors qu’elle devait commencer à 9h locales, le collectif des «500 frères» avait d’abord exigé, et obtenu, le retrait du dispositif de sécurité érigé face à la préfecture, invoquant le bon déroulement des précédentes manifestations et menaçant de se retirer des discussions.
«Le combat ne fait que commencer », avait prévenu mercredi soir Mickaël Mansé, un porte-parole des «500 frères», mouvement très actif depuis le début du conflit il y a dix jours. «Quel que soit le gouvernement » qui sortira des élections, «ils nous doivent les infrastructures que tous les autres départements français ont ! » a asséné M. Mansé devant des centaines de personnes réunies sur un rond-point de Cayenne, qui scandaient, dans une ambiance festive, «nou bon ké sa» - «ça suffit» en créole. Et M. Mansé, très remonté contre Paris, de lister les besoins de la Guyane en termes de prison, de justice et de police.
Premiers résultats
Une partie de leurs requêtes a déjà été validée par l’exécutif. Mercredi, le Premier ministre, Bernard Cazeneuve a acté la création d’un tribunal de grande instance et d’un centre pénitentiaire à Saint-Laurent du Maroni, la deuxième ville du territoire, ainsi que la suspension de la cession du centre médical de Kourou. Et le préfet Jean-François Cordet, qui pilote une mission de hauts fonctionnaires envoyée par Paris, active depuis samedi en Guyane, avait annoncé lundi le renfort de «25 policiers, 23 gendarmes», ou «la fidélisation d’un escadron de gendarmes mobiles à Cayenne». Enfin, Ericka Bareigts et la ministre de la Santé Marisol Touraine ont validé mercredi une aide de fonctionnement exceptionnelle de 20 millions d’euros à l’hôpital de Cayenne, en difficulté financière.
Mais la tâche s’annonce malgré tout ardue pour les deux représentants du gouvernement, tant le territoire guyanais a été abandonné à son sort.
Avec AFP

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