De la misère de la lutte anti-terrorisme

TERRORISME. Réduite à une bataille sur internet pour Emmanuel Macron et à une lutte contre l’islam par Marine Le Pen, la lutte contre le terrorisme a été mise à l’agenda hier par les candidats d’En marche ! et du FN.

SECURITÉ
Faire preuve « de la plus grande fermeté » à l’égard des « grandes compagnies de l’internet » pour les contraindre à accepter « un système de réquisitions légales de leur services cryptés » car « les organisations qui nous menacent abusent des facilités offertes par la cryptologie moderne pour dissimuler leur projets ». Hier, Emmanuel Macron a présenté ses propositions pour lutter contre le terrorisme, propositions essentiellement axées sur internet, que ce soit en réponse aux récents refus de Google, Facebook et autres Apple de collaborer avec la justice américaine ou britannique ou pour leur demander de « retirer sans délais » les contenus de propagande islamiste, source de « radicalisation ».
Un peu « light » mais le candidat d’En marche ! a préféré user de cette conférence de presse pour… décocher ses premières flèches contre Jean-Luc Mélenchon. Des flèches peu toxiques cependant. Réagissant au meeting de dimanche à Marseille, le candidat d’En marche ! a ainsi affirmé « ce qu’il propose ce n’est pas la paix. Il propose de nous désarmer et de penser que tout va bien se passer. Au mieux c’est de l’angélisme, au pire c’est de l’irresponsabilité ».
Irresponsabilité ? Pourtant, pour la première fois, des hauts gradés de l’armée comme des hauts fonctionnaires ont rejoint les syndicalistes, les militants, les universitaires…
pour plancher dans le cadre des ateliers préparatoires organisés par la France insoumise. « Des serviteurs de l’État qui ont le sentiment de l’effondrement de l’État, ne peuvent que constater qu’ils n’ont plus les moyens d’accomplir leur mission à cause du manque de moyens liés à l’austérité mais aussi à cause de la doctrine qu’on leur impose et ne peuvent rester sans rien dire » analyse Jean-Luc Mélenchon dans une de ces réunions de décembre dernière justement consacrée au terrorisme. C’est avec eux qu’ont été développées
les propositions pour sortir de l’Otan, renforcer l’ONU et réhabiliter la diplomatie et non pas simplement
« nous désarmer et penser que tout va bien se passer ».
C’est également avec cet incroyable mélange de syndicalistes, magistrats, éducateurs spécialisés et professionnels du renseignement
ou hauts fonctionnaires de l’Intérieur qu’a été préparé le livret programmatique sur la sécurité où figure le chapitre sur le terrorisme.
Le propos se concentre sur la sécurité intérieure, refusant l’amalgame avec la défense, traitée par ailleurs et où le fil rouge est donc la paix. « Le paradigme sécuritaire nous a été imposé comme on nous a imposé le paradigme du néo-libéralisme » campe Charlotte Girard responsable du programme. « L’objectif est de proposer des solutions concrètes mais aussi d’éduquer la population pour s’approprier avec sérieux ces questions importantes, d’échanger avec des arguments rationnels et proposer sur ce sujet comme sur les autres, une alternative » ajoute Lise Maillard, juriste, qui a piloté l’aventure.
Les propositions sont déroulées pour « une politique antiterroriste rationnelle ». Cela passe par une évaluation des dispositifs votés
depuis 2002, par des états généraux pour « mettre à plat les moyens », le renforcement des prérogatives du Parlement en la matière ou encore la création d’un établissement public universitaire pour faire « le lien avec la recherche indépendante et les services dont la mission principale serait l’évaluation de la menace ». Cela passe également par le renforcement du renseignement territorial et humain avec annulation de la fusion de la DST et des RG. Sans oublier le volet prévention de la radicalication.
Bien loin des propositions de Marine Le Pen présentées hier. Fermer les mosquées, obliger au prêche en français, interdire les plats spécifiques à la cantine... : « aucun compromis » pour « assécher le vivier fondamentalisme ». Et à l’extérieur, une seule logique : guerrière, dans « l’intérêt bien compris de la France ».
Angélique Schaller

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