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« Une majorité pour engager rapidement le programme »

ENTRETIEN

Pierre Laurent, secrétaire national du PCF, analyse les dynamiques à l’oeuvre dans la campagne pour la présidentielle comme les législatives.
À 15 jours du premier tour, comment analysez-vous la dynamique autour Jean-Luc Mélenchon ?
La dynamique est très forte. On l’a vu dimanche lors du rassemblement sur le Vieux-Port à Marseille mais on la sent partout grandir, dans les cités populaires, sur le terrain, dans les discussions entre électeurs... Je l’attribue à la clarté du choix qui est maintenant devant les Français. Quatre candidats sont encore dans la course pour le deuxième tour : une candidature de droite au programme extrêmement brutal et qui est discréditée par les affaires, celle d’extrême-droite qui montre à nouveau ces derniers jours la violence de son projet de société et celle de Macron qui se révèle pour ce qu’elle est : un point de ralliement des libéraux de tous poils. Face à cela, la seule candidature qui donne la garantie du profond changement attendu par les Français, qui avance dans le sens de la justice et qui ait le courage de tenir ses engagements, est désormais celle de Jean-Luc Mélenchon. Des énergies de plus en plus diverses sont donc en train de converger vers elle. Et je crois, qu’aujourd’hui, on peut dire que la qualification de cette candidature au deuxième tour est possible.
Vous avez souvent attiré l’attention sur l’importance des législatives ?
J’ai toujours pensé que l’élection présidentielle et les élections législatives devaient être abordées cette année avec la même importance et je crois que la vie est en train de le prouver. Ce qui est certain, aujourd’hui, est que nous allons vers un paysage politique bouleversé qui va dégager les deux formations politiques qui ont dominé la vie politique nationale depuis 40 ans. Dès lors, celui ou celle qui sera élu président de la République - et je souhaite que cela soit Jean-Luc Mélenchon - aura besoin de construire une nouvelle majorité parlementaire. Une politique de changement, pour être garantie, devra à la fois obtenir une majorité lors de l’élection présidentielle et une majorité lors des élections législatives. D’où l’importance de ces dernières pour que les lois et l’application du programme puissent s’engager rapidement.
La dynamique que nous créons autour de la candidature de Jean-Luc Mélenchon devra donc franchir une nouvelle étape qui permette de dégager une majorité parlementaire. Dans cette dernière, il est évident que le Parti communiste français, les forces du Front de gauche et la France insoumise devront trouver leur place à part entière. Nous travaillons déjà dans cette perspective et poursuivrons au lendemain de l’élection présidentielle en fonction de la situation qui sera alors créée.
Et dans les Bouches-du-Rhône ?
Cette dynamique doit se traduire non seulement par le fait de conforter le siège déjà acquis au Front de gauche par Gaby Charroux qui sera cette fois représenté par la candidature de Pierre Dharréville, mais doit aussi signifier la reconquête de plusieurs sièges en faveur des forces attachées à ce programme. A l’exception du député de Martigues, ceux qui devaient soi-disant représenter la gauche en 2012 ont failli. Il y a donc un énorme besoin de renouvellement à Marseille et ailleurs lors de ces élections législatives, et les candidats présentés par le PCF, par les forces issues du Front de gauche, vont constituer un atout majeur.
Comment analysez-vous le phénomène de « mouvement » pour construire un programme qui se fait « hors » quand ce n’est pas « contre » les partis ?
L’appétit de construction citoyenne est très grand dans le pays et il s’exprime de multiples manières. Il ne faut pas opposer le travail fait par les partis et singulièrement un parti comme le nôtre pour mobiliser cette énergie citoyenne et des formes nouvelles d’intervention qui émergent, notamment au travers la mobilisation des réseaux numériques. Les deux vont maintenant se nourrir l’une l’autre, à condition de se donner le même objectif : celui de la transformation de la vie politique pour rendre plus de pouvoirs aux citoyens. Ce qui doit être au coeur de la démarche ce n’est pas « pour » ou « contre » les partis, c’est pour la conquête de droits nouveaux.
Comment les militants se retrouvent-ils dans cette campagne, sur le fond comme sur la forme ?
Les militants communistes sont aujourd’hui massivement engagés dans la campagne pour l’élection présidentielle. Nous avons appelé il y a quelques jours à la tenue de 10 000 points de rencontre de proximité dans toute la France, objectif que nous allons atteindre et peut-être même dépasser dans les deux semaines qui arrivent. La mobilisation est amplifiée par la perspective d’une qualification possible au second tour. Pour les communistes, elle n’a jamais été séparée de l’ambition de construire la majorité politique et parlementaire. Tout cela les pousse en ce moment à s’engager davantage encore et à prendre conscience que les objectifs qu’ils s’étaient fixés au départ sont justifiés et atteignables.
Votre analyse de ce qui se passe aujourd’hui au PS ?
Vous êtes dans une région qui a vécu par anticipation la crise actuelle du Parti socialiste. C’est un parti qui depuis plusieurs années se déchire et la politique libérale menée par Hollande et Valls a fini de le mettre en difficulté. Benoît Hamon, quels que soient ses efforts pour réorienter le cap à gauche, est en train de payer durement le discrédit qu’a provoqué la politique du quinquennat. A l’heure qu’il est, je pense que les femmes et les hommes de gauche, s’ils veulent qualifier la gauche au second tour doivent se rassembler dans le vote pour Jean-Luc Mélenchon.
La campagne n’a-t-elle pas empêché le FN d’imposer les thèmes sur lesquels il est à l’aise ?
Il y a eu en quelque sorte deux campagnes : la campagne médiatique qu’on a essayé d’imposer aux Français avec un duel pré-fabriqué dans lequel on nous a répété pendant un an qu’il y aurait forcément Marine Le Pen face à un candidat libéral. Et il y a eu la campagne des Français qui continuent dans toutes les enquêtes d’opinion de placer comme trio de tête de leurs préoccupations l’emploi, le pouvoir d’achat et la protection sociale. Tant que la possibilité de faire émerger ces préoccupations paraissait impossible, la campagne est restée très éloignée des Français. Maintenant qu’il apparaît possible de chambouler les pronostics établis, tout évolue. Ce qui est en train de changer la campagne et effectivement de mettre en difficulté les candidatures comme celles de Marine Le Pen et François Fillon, c’est la possibilité de victoire d’une candidature de gauche attachée à la justice sociale et prête à tenir ses engagements.
Angélique Schaller

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