Un intérim nauséabond en deux actes

FN. Le maire d’Hénin Baumont, Steeve Briois, qui sera jugé pour provocation à la haine, remplace Jean-François Jalkh, un négationniste, à la présidence du FN.

CASTING
Marine Le Pen s’est mise en congé de la présidence du FN pour battre campagne. Le parti d’extrême droite a donc catapulté un président par intérim. Acte 1 : Jean-François Jalkh, premier vice-président du FN est nommé après le premier tour de la présidentielle. Seul problème, l’homme s’est distingué en 2005 par ses propos niant l’existence des chambres à gaz. Dans « Une création illégitime ? Le Front national de la jeunesse », article d’un numéro de 2005 de la revue « Le Temps des savoirs », M. Jalkh est cité, en disant : « Le problème des chambres à gaz, mais moi je dis qu’on doit pouvoir discuter même de ce problème ». M. Jalkh se défend dans la même publication d’être « négationniste ». « Mais je dis moi, quelque chose qui m’a énormément surpris, dans les travaux d’un négationniste ou d’un révisionniste sérieux (...), c’est le sérieux et la rigueur, je dirais, de l’argumentation ». Il a cité à cette occasion, selon ce livre, les travaux de Robert Faurisson, régulièrement condamné pour nier la réalité de la Shoah. Magali Boumaza, doctorante à l’époque qui avait interrogé M. Jalkh en 2000, a affirmé au site Buzzfeed News que M. Jalkh avait bien tenu ces propos « tels qu’ils ont été retranscrits ». Un révisioniste donc. Acte 2 ce vendredi : c’est en définitive le maire d’Hénin-Beaumont et député européen FN Steeve Briois qui assurera la présidence par intérim du FN. Sauf que Steeve Briois doit être jugé prochainement à Paris pour provocation à la haine raciale, pour un tweet faisant le lien entre les migrants et les agressions sexuelles.
Briois et Rachline poursuivis
Cerise sur le gâteau, on apprenait vendredi qu’une enquête a été ouverte après les propos haineux tenus à l’encontre du maire de Sevran (Seine-Saint-Denis), Stéphane Gatignon, sur les comptes Facebook des élus Front national David Rachline, qui dirige la campagne de Marine Le Pen et Steeve Briois. L’information judiciaire visant onze personnes, dont les deux élus, a été ouverte le 7 mars pour « provocation à la commission d’une atteinte à la vie ou à l’intégrité physique par moyen de communication au public par voie électronique ». Selon la plainte de M. Gatignon, Steeve Briois, avait, après la diffusion d’une émission sur M6, publié sur Facebook : « Le maire EELV de Sevran se comporte en véritable collabo de l’islamisme, au mépris de toutes les lois ». « Démission du maire qui a vendu son âme aux mécréants salafistes. (...) Une bastos pour le maire » ou « Il faux le tué » (sic), avaient réagi des internautes sous cette publication. Des commentaires équivalents avaient suivi une publication de David Rachline, sénateur-maire de Fréjus (Var), qui estimait qu’« en prêtant des locaux municipaux à des salafistes, le maire de Sevran fai(sai)t honte à la République ».
Avec AFP

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