Un premier revers pour Boost

AIR FRANCE. La création d’une compagnie à coûts réduits a suscité la désapprobation unanime des élus du Comité central d’entreprise.

SOCIAL
Les élus du Comité central d’entreprise (CCE) d’Air France ont voté hier à l’unanimité contre le projet « Boost » de nouvelle compagnie à coûts réduits, un avis consultatif avant la décision déterminante du premier syndicat de pilotes attendue d’ici fin mai.
La création d’une filiale d’Air France, pierre angulaire du projet stratégique « Trust Together » (« La confiance ensemble »), repose
sur les épaules du SNPL. Le syndicat de pilotes majoritaire réunira ses instances mercredi prochain. S’il n’obtient pas la signature du SNPL (65% des voix), ce projet de filiale ne verra pas le jour.
Le Spaf, deuxième syndicat, ne signera pas le projet d’accord, qui est ouvert à signature jusqu’au 31 mai.
Mercredi en CCE, les élus présents ont émis « à l’unanimité » un avis défavorable, a-t-on appris de sources syndicales.
Les représentants syndicaux de la CGT et du SNPL, en l’absence de leurs élus, se sont « associés au vote contre », ont-ils précisé.
Le groupe aérien désire transférer dans une filiale les lignes d’Air France actuellement « ultra-déficitaires » sur moyen et long-courrier. Le modèle économique de la compagnie reposerait principalement sur l’embauche d’hôtesses et stewards moins bien rémunérés qu’à Air France.
Le projet d’accord soumis aux syndicats de pilotes prévoit que les vols Boost soient gérés exclusivement par des pilotes Air France. Des garanties en matière d’activité (temps de vol), vis-à-vis de la consoeur néerlandaise KLM, sont également promises.
Les élus du CCE ont vivement protesté mercredi contre l’existence, dans le projet d’accord, d’une indemnité forfaitaire versée aux pilotes si ce rééquilibrage d’activité n’était pas respecté.
« Pour ne pas avoir (à payer) la prime, il faudrait qu’Air France fasse 4% de croissance par an pour rattraper (KLM), ce qui est impossible », a indiqué Karim Taïbi (FO), se fondant sur un rapport commandité par le CCE.
Ce rapport prédit « que dès 2018, Air France ne sera pas en capacité de respecter ces engagements », a abondé Jérôme Beaurain (Sud). Selon lui, « tous les gains générés par Boost risquent d’être totalement absorbés ».
La CFDT, pourtant « favorable à l’ambition initiale » d’un projet bâti sur « la croissance », a voté contre Boost pour la même raison.
Le mécanisme proposé aux pilotes, en plus de pouvoir « mettre en péril l’équilibre économique
» du projet, est « une augmentation salariale déguisée », a protesté sa représentante Béatrice
Lestic.
Sollicitée, la direction d’Air France n’a pas fait de commentaire.
Celle-ci souhaitait conclure vite pour tenir son calendrier : commercialisation en juin des premiers vols, lancement à l’automne sur moyen-courrier et courant 2018 sur long-courrier.
AFP

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