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L’État veut éviter les « abcèsde fixation » à Calais

FRANCE

Huit mois après le démantèlement de la « Jungle », Calais n’a plus de bidonville.
Mais des migrants errent toujours, dans des conditions précaires, alors que l’État a pour mot d'ordre : « pas de point de fixation ».
Le ministre de l’Intérieur Gérard Collomb est aujourd’hui à Calais avec un message clair : Calais ne doit « plus être un abcès de fixation », a-t-il martelé hier, avant cette visite où il rencontrera élus, forces de police et représentants du monde économique et associatif.
Mais la crainte, ici, c’est les forces de l’ordre. « La police nous envoyait du gaz, je suis tombé par terre », dit Jan, Afghan, 16 ans.
Le Défenseur des droits Jacques Toubon, qui a dénoncé ces conditions « inhumaines » et des atteintes aux droits « inédites», a exigé hier l’installation de points d’eau, d’un dispositif d’accueil et d’un guichet d’asile. Aussi Emmanuel Macron a « appelé à la plus grande humanité » dans la gestion des migrants, hier, et a assuré que la réforme du droit d’asile faisait partie des « priorités du travail gouvernemental
», après ces critiques a rapporté le porte-parole du gouvernement Christophe Castaner.
Dans la foulée d’une plainte en référé par les associations, « la police semble s’être calmée » depuis la semaine dernière, estime Loan de l’Auberge des migrants. « C’est relatif : disons qu’ils sont moins frappés qu’avant. »
En parlant d’« abcès » hier, le ministre a enfoncé le clou, au grand dam des associations. « Ce ne sont pas des maladies, des saletés, ce sont des hommes et des femmes, qui ont eu un parcours très difficile en fuyant leur pays pour des raisons que l’on connaît tous », s’indigne Hicham Aly, salarié du Secours catholique.
Mais pour l’État, le problème se pose en des termes simples : « Si on ne prend pas des dispositions pour éviter que progressivement il y ait des concentrations de personnes alors on est facilement débordé », a assuré M. Collomb.
La crainte est de voir pousser un nouveau bidonville, alors que 7 000 personnes avaient été évacuées lors du démantèlement de la « Jungle », lancé voici tout juste huit mois, le 24 octobre.

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