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Le parcours du combattant

Comme de très nombreuses communes en Dordogne, Saint-Pierre-de-Chignac craint d’être victime de désertification médicale avec le départ prochain à la retraite de deux médecins généralistes. Pour faire face à ce problème elle vient d’ouvrir une maison médicale avec l’espoir d’attirer un jeune médecin.
Médecin de campagne généraliste proche retraite cède patientelle constituée sur 35 ans. Voilà ce qui pourrait être l’annonce publiée sur internet à Saint-Pierre-de-Chignac, car la commune va voir partir à la retraite prochainement un médecin avec la crainte d’ici deux ans de se retrouver dans une zone sous médicalisée entre Boulazac et Thenon.
Alors, certes, il n’y a pas péril en la demeure et la situation de Saint-Pierre-de-Chignac, située sur l’axe passant de la D6089 est sans doute plus enviable que bien des communes du Périgord Vert, il n’empêche élus et habitants sont inquiets, comment vont-ils pouvoir se soigner demain ?
La désertification médicale est un problème récurrent en Dordogne, qui revient à chaque réunion entre élus et représentants de l’Etat. « Si aucun nouveau médecin ne s’installe, nous allons devenir un désert médical », prévient Daniel Reynet, le maire de Saint-Pierre-de-Chignac. Il a vite fait de faire le calcul. Il y a encore trois médecins sur sa commune, mais un va partir en retraite à l’automne et les autres ne sont guère très jeunes, tout comme ceux des communes environnantes comme Fossemagne, Bassillac, Atur, Cubjac... « Nous poussons un cri d’alarme énorme. Il faut que le gouvernement prenne des mesures très rapidement pour remédier à cela. Il a dit qu’il voulait aider à la création de maisons médicales, mais il faut que des médecins s’y installent. Il  faut des mesures incitatives. Il y a bien l’augmentation du numerus clausus, mais cela reste une profession libérale avec la liberté que cela suppose ». Bref, un drôle de casse-tête qui pourrait éventuellement être résolu pour partie par le salariat de médecins généralistes aux 35 heures. C’est ce qui a été fait à Bergerac ou  par le conseil départemental de Saône-et-Loire qui va en salarier une trentaine.
Salarier un médecin ? Daniel Reynet est catégorique, il s’y refuse. « Je suis contre ce système. Ce sont des professions libérales. Et puis pour une collectivité, c’est un coût difficile à assumer ». Entre le cabinet, la voiture de fonction, un secrétariat et les frais divers, pour assurer un revenu de 5 000 euros par mois, le coût serait de 12 000 euros mensuels. Impensable pour Daniel Reynet. « On ne couvrirait pas les frais ». Car l’édile refuse de faire porter cette charge sur ses administrés. Il a donc trouvé la tangeante à travers la construction d’une maison médicale flambant neuve sur les hauteurs du village ouverte au mois de mai, qui héberge en son sein un généraliste, une consultation de dentiste, deux infirmières libérales, un kiné, le SIAD, mais également un nutritionniste, un osthéopathe, un podologue, une psychomotricienne, une phychologue et une sophrologue. « Il y a au total neuf cabinets avec d’un côté le médical et de l’autre le paramédical. En configuration maximum, nous pouvons accueillir quatorze professionnels, dont un généraliste tout de suite puisque nous lui avons réservé un cabinet ». Et même plus puisque l’architecte du bâtiment a prévu la possibilité de faire plusieurs extensions. « Ce projet, nous l’avons mené en collaboration avec les professionnels médicaux qui le voulaient. Nous ne voulions pas d’une coquille vide aux coûts non maîtrisés ». En l’espèce, le projet aura coûté près de 500 000 euros, à peine subventionné et surtout moitié moins que des projets similaires ailleurs. Ici, chaque professionnel n’est que locataire, à un loyer visiblement plus faible qu’en zone urbaine.
« Le projet s’autofinance », affirme fièrement le maire de Saint-Pierre-de-Chignac, qui vante la facilité de stationnement. Pour l’instant, il n’y a pas de secrétariat, mais, assure la mairie, tout a été prévu dans les câblages, y compris pour assurer de la télémédecine. Ne manque plus qu’un nouveau médecin généraliste, jeune de préférence. Plusieurs annonces ont été lancées avec deux touches sérieuses qui trouveront leur réponse en septembre. Et comme une bonne nouvelle pourrait ne pas arrier seule, la venue d’une pédiatre deux jours par semaine est également dans les tuyaux.

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