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13:42Le surnom de "Poupou" lui a été donné par un journaliste du quotidien communiste du Centre, di… https://t.co/iG6trKRIOz

Variation de plaisirs et de sons

En ce premier week-end du mois d’août, les festivals se bousculaient en Corrèze.

Musiques et chansons étaient à l’honneur ce week-end en Corrèze. Petits échos musicaux et visuels du festival de jazz Kind of Belou de Treignac et du nouveau rendez-vous en plein air de Sédières O Grand R.

À Treignac, pays de l’eau, le jazz coule à flots depuis 18 ans, l’âge d’une belle majorité.
Samedi soir, Kind of Belou avait programmé dans l’accueillante Chapelle des Pénitents le trio  Louis Sclavis (clarinettes), Dominique Pifarély (violon) et Vincent Courtois (violoncelle). Les musiciens ont pris place sur l’autel devant plus de 250 personnes. Dans un silence presque religieux, le trio a
emporté l'adhésion  au fil d’une musique jazz savante et accessible, du «jazz de chambre» nourri de musique classique contemporaine.
L'acoustique parfaite a mis en lumière la palette d’émotions tantôt fiévreuses tantôt apaisées d’une musique rare servie par trois complices virtuoses.

O Grand R, une première à Sédières
La première soirée du nouveau festival de musiques actuelles O Grand R, concoctée par le Conseil départemental de la Corrèze et 6 team prod  vendredi soir sur le site du château de Sédières, a connu un succès mitigé. On était loin de l’affluence de début juillet et des 3.500 personnes venues partager un plateau rock & folk 100% Corrèze et 100 % gratuit...
Environ 500 personnes ont assisté à cette soirée éclectique et payante réunissant Marie Modiano, Christophe et le duo Arielle Dombasle & Nicolas Ker, dans leur ordre d’apparition sur scène. À la tombée du jour, au pied d’un château en habit de rose, «Entre chien et loup», un de ses titres
interprétés, Marie Modiano a ouvert le bal accompagnée de deux musiciens dont Peter von Poehl qui a mis en musique son album «Espérance Mathématique».
L’artiste, le plus souvent au piano,  a enchaîné ses chansons en anglais et en français, dans une pop-folk mélodique et mélancolique de bon aloi portée par une voix grave et suave à la fois. Discrète, diaphane, littéraire aussi (avec un tel patronyme, comment y échapper, elle qui a publié un
premier roman «Upsilon Scorpii») avec la lecture (genre spoken words) de «La fille à la balafre», la musique Modiano a poursuivi son petit bonhomme de chemin. Une voie vert tendre, poétique, sentimentale à l’eau de prose.
La nuit accrochée de lune s’est installée en même temps que Christophe montait sur scène «comme à la maison». De son permis à point perdu qu’il ne repassera plus à son verre de JD qu’il a réclamé et bu, l’artiste indémodable s’est montré sans phare, intime, proche, bavard, drôle et souvent émouvant. Au piano, au synthé et à la guitare, Christophe a revisité ses tubes sans oublier de servir des titres de son dernier album.
Voix fragile, envoûtante, tout en nuances et failles de l’âme, le chanteur a tiré de la boîte aux souvenirs ses paradis perdus, Aline, Les mots bleus, Señorita, La dolce vita, Succès fou, Les marionnettes... Les fans aux cheveux grisonnants et leurs grands enfants en ont eu pour leur revival d’émotions découpées en tranches de vie.
Les étoiles brillaient dans la nuit lactée quand le duo composé d’Arielle Dombasle et de Nicolas Ker a pris possession des planches. D’un coup d’un seul, l’ambiance est montée dans les tons et le son pop-rock, sauce anglaise piquante des années 90. Elle a réchauffé l’atmosphère
doucement ramollie. Le couple improbable a tenu la rampe. Sous les sunlights, Arielle Dombasle, poupée blonde filiforme sans âge, moulée dans une tenue en satin sexy, voix haut perchée, sautillait d’aise comme  à la récréation. Nicolas Ker, voix basse et lunettes noires, lui donnait le contrepoint, tendance dandy décadent. Au-delà de l’effet de surprise et de découverte, l’alchimie musicale a pris corps à corps au cœur de la nuit, éclairant nos songes d’étranges lueurs boréales.

Serge Hulpusch

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