Une rentrée envers et contre tous

GOUVERNEMENT . Le président de la République réunissait hier ses ministres, les appelant au «volontarisme» face à des sondages révélateurs de la colère sociale qui s’annonce.

POLITIQUE
Compétitivité, éducation, gouvernance... les annonces politiques se sont multipliées hier, d’émissions de radio en conférences
de presse pour affirmer le cap du président de la République (lire ci-dessous et page suivante).
Et pour cause, Emmanuel Macron, qui a réuni dans la matinée son gouvernement en grande pompe, doit faire face à l’une des pires rentrées qu’ait du affronter un président de la Ve République.
«L’entrée dans l’atmosphère est difficile pour Jupiter», résumera Olivier Faure, président socialiste du groupe Nouvelle gauche à l’Assemblée. Après le dévoilement estivale de ses conjectures libérales, la cote de popularité du président a en effet encore chuté pour atteindre 40% de personnes satisfaites selon un sondage Ifop publié par le JDD. Soit pas moins de 22 points de baisse depuis son élection. Et à peine trois mois après sa prise de fonction seulement 37% des français le jugent à même de «réformer efficacement
» le code du travail, son chantier phare, selon une étude Odoxa pour RTL.
Pis, alors que le gouvernement dévoilera demain les cinq ordonnances s’attaquant ainsi au droit du travail, le locataire de l’Elysée va devoir affronter une première tempête social dès le 12 septembre, journée d’action de la CGT contre cette réforme. Un coup de semonce qui s’annonce d’autant plus délicat qu’il se double d’une fronde politique. Évidement, le «déferlement» de la France insoumise sur Paris le 23, siffle déjà aux oreilles du «président des riches», pour paraphraser Jean-Luc Mélenchon. Mais dès le 12, le Parti socialiste sera aussi «aux côtés des salariés », a déclaré hier François Kalfon, membre de la direction du PS. L’élu issu de l’aile gauche du PS et proche d’Arnaud Montebourg a d’ailleurs demandé au gouvernement de renoncer à deux piliers particulièrement injustes du projet présidentiel : « le plafonnement des indemnités prud’homales (...) et les assouplissements des plans sociaux».
«Pas assez vite»
Pourtant, Emmanuel Macron, décidément sourd après avoir rendu le Parlement muet, n’entendra là que des «Cassandre» auxquelles il a appelé répondre avec «détermination». «Certains prédisent le pire. Il ne faut jamais céder aux Cassandre. Certains peut-être même le souhaitent. Mais si nous sommes là, c’est pour faire, avec détermination», a -t-il déclaré à l’ouverture du séminaire ministériel,
exhortant son gouvernement au «volontarisme». Faisant pareillement fi de l’opinion publique, le premier Ministre Edouard Philippe lui emboîtera le pas assurant que «le pays a(vait) besoin de transformation et les Français le sav(ai)ent». Il faut dire que déjà dimanche, le porte parole du gouvernement jouait de la même méthode Coué, jugeant que «les Français considèr(ai)ent que» l’exécutif n’allait «pas assez vite».
Une «hyper-communication» qui cache une «hypo-transformation » taclera François Kalfon. Mais surtout un paravent qui ne résistera pas à la colère qui s’annonce tandis que ces messieurs de Paris doivent encore préciser la réforme de l’assurance chômage, de l’apprentissage et de la formation professionnelle, une série de mesures relatives aux travailleurs indépendants, un plan pour le logement , un autre pour les transports, un troisième pour les études secondaires. «Peut être que les Français s’interrogent parce qu’ils voient des mesures parcellaires sans comprendre le lien entre les unes et les autres», s’est interrogé le ministre de l’Intérieur,
Gérard Collomb.
Ou peut être ne l’ont-ils que trop compris.
Frédéric Dutilleul

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