Le patronat aux anges, des syndicats remontés

ORDONNANCES. A l’instar des patrons de TPE-PME, le Medef a applaudi les annonces du gouvernement des deux mains tandis que la CGT parle de « la fin du contrat de travail ». La CFDT fait part de sa « profonde déception ».

RÉACTIONS
Il y a des scènes qui ne trompent pas : à la sortie de l’hôtel Matignon, hier midi, Pierre Gattaz était tout sourire, laissant dans son sillage, les mines fermées des représentants syndicaux.
Et, signe de la gravité de la situation, le premier à dénoncer la réforme devant les caméras est le secrétaire général de la CFDT. Pas vraiment adepte de la confrontation, le syndicat « réformateur » sortira de la réunion avec une « profonde déception », déclarera Laurent Berger. Malgré une « concertation loyale et sincère » avec le gouvernement, M. Berger dénoncera une « réforme pas à la hauteur », avant de « s’inquiéter » de mesures telles que « la possibilité dans les entreprises de moins de 20 salariés d’avoir des décisions quasi unilatérales de l’employeur ». Et de fustiger « le dogmatisme (qui) l’a emporté » sur des sujets comme le plafonnement des indemnités prud’homales en cas de licenciement pourtant reconnu comme abusif.
Encore plus grave, Philippe Martinez, déplorera de son coté que « toutes les craintes » de la CGT étaient « confirmées » par les annonces ministérielles. « C’est évident et c’est écrit : c’est la fin du contrat de travail », a-t-il estimé, appelant « les travailleurs, les retraités et les jeunes à aller dans la rue le 12 septembre », date où la CGT appelle à une journée de mobilisation. « Ce qu’on nous présentait comme une révolution, c’est la continuité de ce qui a été fait précédemment », a poursuivi M. Martinez
en référence à la loi El Khomri. Mais le rendez-vous a aussi drainé son lot de « mauvaises surprises » et notamment « les ruptures conventionnelles collectives », rapportera le leader de la CGT. « Est-ce que c’est une façon d’éviter un PSE ? » s’interroge-
t-il. Seul le secrétaire général de FO, Jean-Claude Mailly, qui a déjà donné des gages de bonne volonté au gouvernement en déclarant dès mercredi son intention de délaisser le pavé, a affirmé qu’il ne restait que quelques « points de désaccord » .
« Un texte de droite et du Medef »
De l’autre coté de l’échiquier, le premier syndicat patronal, s’est au contraire déclaré « prêt à jouer le jeu » de ce qui représente pour les patrons une « étape importante ». Le numéro un de l’organisation patronale n’a pas manqué en effet de recevoir cinq sur cinq le message de Matignon et son « changement de philosophie dans l’approche du droit du travail qui redonne de la place à la négociation
de terrain ». Pierre Gattaz a aussi salué le plafonnement des indemnités prud’homales tout en déplorant l’augmentation des indemnités
légales de licenciement « décidées par surprise, en juillet, sans avoir été vraiment discutées », dira-t-il, avant d’appeler à la poursuite de la réflexion « pour continuer à simplifier ce droit du travail ». A l’unisson, l’Union des entreprises de proximité (U2P), qui rassemble artisans, commerçants et professions libérales, s’est dite elle aussi « pleinement satisfaite », quand le président de la Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME) a plébiscité une réforme « particulièrement pragmatique ».
Quant aux politiques, c’est l’opposition qui est montée au créneau. Le député LFI Alexis Corbière parle d'« agression caractérisée ». Pour Olivier Dartigolles, porte-parole du PCF, « c'est un texte et de droite et du Medef ». Le PS dénonce des ordonnances qui reposent « sur un déséquilibre dans la relation entre les employeurs et les salariés (qu'il) ne peut soutenir ». La droite reconnaît « des avancées de bon sens qui vont permettre de simplifier la vie des entreprises, comme nous le réclamons depuis des années », dixit Bernard Accoyer secrétaire général de LR.
F.D.

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