A Béthune et en région parisienne fronde contre l’austérité

COLLECTIVITÉS. Un vent de protestation souffle contre les mesures d’austérité du gouvernement notamment la suppression des contrats aidés.

BUDGET
Environ 400 personnes, majoritairement des élus locaux, ont manifesté vendredi matin à Béthune (Pas-de-Calais) pour protester contre la baisse annoncée des emplois aidés. Derrière une banderole aux airs  de faire-part « Tous ensemble mobilisés pour nos services et nos communes ! », ils ont défilé depuis l’Hôtel de ville de Béthune jusqu’à la sous-préfecture, où a été reçue une délégation. Les maires de Béthune et Bruay-la-Buissière étaient à l’origine de cette action et le cortège était « composé à 60% d’élus locaux, de tous bords », mais aussi de syndicats, a précisé Olivier Gacquerre (UDI), maire de Béthune. « Nous souhaitions alerter sur la maltraitance pratiquée depuis cet été sur les communes. La suppression de nombreux contrats aidés a été le coup de grâce », poursuit M. Gacquerre. Le SIVOM (syndicat intercommunal à vocation multiple) de la communauté du Béthunois (25 communes, 102 000 habitants) qu’il préside a recours à « 90 emplois aidés, dont 65 vont s’arrêter fin septembre ». « Pour les réembaucher en contrat de droit commun, il faudrait 1,5 million d’euros... », déplore encore le maire de Béthune, qui réclame notamment « un moratoire sur cette décision, une pause législative pour favoriser la concertation et l’échange, comme l’avait promis le président de la République lors de la conférence des territoires au Sénat en juillet ».
A quelques encablures du nord, des élus de gauche de Seine-Saint-Denis dénonce le « coup de massue » infligé selon eux par le gouvernement aux quartiers populaires avec la baisse du budget de la politique de la ville et des contrats aidés.
« Ce gouvernement cible les quartiers populaires »
« Après une baisse drastique de 46,5 millions d’euros du budget de la politique de la ville, dont 2,1 millions rien que pour la Seine-Saint-Denis, ce gouvernement continue de cibler les quartiers populaires », écrivent Stéphane Troussel, président (PS) du conseil départemental, des maires PS et PCF et des responsables associatifs du département, l’un des plus défavorisés de France. Des projets vont être « balayés d’un revers de main avec des baisses allant jusqu’à 50% », regrettent les signataires, dans une tribune publiée sur le site de Libération. Le gouvernement a annulé des crédits de l’État destinés aux collectivités territoriales pour un montant d’environ 300 millions d’euros en 2017. Les élus de Seine-Saint-Denis dénoncent également la diminution « massive » des emplois aidés, alors que le gouvernement prévoit une enveloppe de 320 000 contrats aidés en 2017 contre 459 000 en 2016. Cette décision qui « saborde » le fonctionnement et les projets de « nombreuses structures » est une « grave erreur, lourde de conséquences » pour ce territoire où « plus de 20 000 associations » sont engagées, ajoutent-ils en demandant au gouvernement de « revoir sa copie ».
Avec AFP

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