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« Eduquer Macron, lui montrer les limites »

POLITIQUE. Leurs pires craintes confirmées par les ordonnances, les députés progressistes rappellent cependant que rien n’est encore écrit dans le marbre.

PARLEMENT
159 pages et 36 ordonnances : le contenu de la réforme du droit du travail baptisée « renforcement du dialogue social » par le gouvernement est suffisamment dense pour demander quelques jours d’analyse.
Cependant, les parlementaires communistes comme de la France insoumise y ont déjà vu la confirmation de leurs craintes.
Le plafonnement des indemnités en cas de licenciements abusifs ou le rétrécissement du périmètre pour apprécier un licenciement
économique ne sont ni plus ni moins que des « permis de licencier » et une « autorisation des licenciements boursiers » apprécie Laurence Cohen, sénatrice communiste lors d’un décryptage organisé par le PCF. Ces ordonnances « réduisent les outils dont les salariés disposent pour se défendre » complète Pierre Dharréville, député communiste de Martigues qui note que ces ordonnances « ne touchent pas au conseil d’administration, épargnent le Medef et la finance ».
« Aucune de ces mesures ne fera reculer le chômage, au contraire, cela ne fera qu’aggraver la situation en généralisant la précarité » affirme pour sa part Alexis Corbières, député LFI lors d’une conférence de presse en se référant aux ordonnances qui livrent à la branche la gestion des CDD ou le déploiement des contrats de chantier.
Nulle résignation cependant. « Ne vous laissez pas faire ! Donnez une réponse à la hauteur ! » clame le nouveau député qui mentionne la mobilisation syndicale du 12 septembre puis celle du 23, portée par LFI, « un samedi, pour une réponse citoyenne ».
« Il ne faut pas considérer que, les ordonnances publiées, les choses sont définitivement écrites. La bataille ne fait que commencer » affirme pour sa part Pierre Dharréville.
La mobilisation est selon lui d’autant plus importante que « aujourd’hui c’est le Code du travail mais ce sont six chantiers qui sont annoncés : retraites, protection sociale…
Cette mobilisation doit donc aussi éduquer Macron, lui montrer qu’il y a des limites. D’autant qu’il a été élu contre le Front national et qu’il n’y a absolument pas de majorité dans ce pays pour une démolition sociale ».
Si le PS a qualifié ces ordonnances de « parodie parlementaire » lors d’une conférence de presse organisée vendredi, Olivier
Faure, président du la Nouvelle gauche à l’Assemblée a précisé qu’il n’irait pas aux manifestations - du 12 comme du 23. Le matin, François Kalfon, membre de la direction collégiale du PS, avait lui affirmé que son parti allait y participer après avoir qualifié les ordonnances de « inutiles et toxiques» .
Angélique Schaller

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