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Après le salarié kleenex, le locataire jetable

LOGEMENT. Après les contrats de chantier qui veulent inaugurer le CDI précaire, c’est désormais à la création d’un bail précaire que va s’atteler le gouvernement. Emploi, logement : la société ubérisée voulue par Emmanuel Macron se dessine doucement.

TOULOUSE
Hier, le président de la République a tenu à présenter lui-même sa politique pour le logement lors d’un déplacement à Toulouse. Se faisant, il a grillé la politesse à son ministre de la Cohésion et des Territoires qui, demain, doit présenter le dossier en conseil des ministres. Il a ainsi repris la main sur un sujet où les impairs ont été nombreux. Le Canard enchaîné a fait état de la colère jupitérienne face à une annonce non maîtrisée et qualifiée de coup de rabot « pas intelligent » par le Premier ministre Edouard Philippe lui-même.
Emmanuel Macron entend reprendre la main en focalisant l’attention sur le volet social du plan logement. Dans la ville rose, il a commencé son déplacement par une visite de centre d’hébergement, discuté longuement avec les usagers, fait face à une interpellation d’un militant du Droit au logement avec un non-réponse diffusée en boucle sur les réseaux sociaux par son staff, s’est enorgueilli de la présence à ses côtés de la fondation Abbé Pierre qui, illico, a précisé sur twitter : « physiquement oui, notre délégué général est à ses côtés, politiquement, on verra plus tard ».
Puis de détailler le « logement d’abord » annonçant 50 000 dans des pensions de famille ou dans le locatif par opposition aux solutions d’hébergement d’urgence et sa volonté d’accroître la construction de logement neufs, à la fois en portant à 40.000 par an dès 2018 et « sur tout le quinquennat » la construction de logements « très sociaux » et en faisant augmenter « massivement » la construction dans le parc libre, grâce à « une réduction des exigences des normes » environnementales et sociales.
Dans la foulée est martelée sa conviction concernant le logement en général : 42 milliards d’euros dépensés par l’État, c’est trop. Officiellement, c’est trop en regard d’un résultat insatisfaisant. Mais, officieusement, le détail du diagnostic montre surtout que la réflexion macronienne estime que le logement actuel n’est plus adapté à la société -société qui divorce, société qui est mobile… - et que, évidemment, il est sclérosé par des normes qui rendent tout difficile, long etc.
Passons sur le fait que c’était un leitmotif de François Hollande qui s’est enorgueilli d’avoir supprimé 50 normes qui freinait la construction entre 2014 et 2016. Mais surtout, rien dans le discours actuel ne pointe le noeud gordien de la crise : le fait que le logement est été transformé en produit spéculatif, que les investisseurs non contents de se constituer un patrimoine, veulent le faire de manière rentable en exigeant que les défiscalisations et les loyers tirés vers le haut pour rembourser intégralement les prêts bancaires fassent de l’ensemble une opération quasi blanche. L’objectif du plan logement présenté demain est bien le « choc de l’offre » en vertu de la sempiternelle logique de la main invisible du marché qui fera baisser les loyers dès lors que l’offre sera supérieure à la demande. Etant donné la situation actuelle, il faudra sûrement attendre longtemps. D’ici là, pas question d’imposer un encadrement des loyers. L’idée est plutôt de faire des économies sur l’APL, de faire porter le chapeau aux bailleurs sociaux et d’en profiter pour imposer un bail précaire, de 1 à 8 mois non renouvelable, histoire d’apaiser les bailleurs privés qui trouvent que la « surprotection » des locataires est un vrai frein à la location.
Angélique Schaller

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