Fil info
18:31RT : de grâce donnez nous le numéro SIRET de La Souterraine Industrie » cette société n’est pas inscrite au registre de commerce !

Donner plus à ceux qui ont déjà… beaucoup

FISCALITÉ. Oxfam décrypte les réformes fiscales au menu du projet de loi de finances présenté ce matin en Conseil des ministres : « les pauvres vont payer l’impôt cassé », les riches vont s’enrichir et les inégalités s’aggraver.

INÉGALITÉS
Aujourd’hui, le Conseil des ministres examine le projet de loi de finances 2018. Les choix fiscaux qui s’y nichent ont été décryptés par l’association Oxfam qui, pour le faire, s’est appuyée sur de nombreuses études et recherches et notamment les projections réalisées
à partir des annonces du candidat Macron par l’OFCE, l’observatoire français des conjonctures économiques. Or, réforme de l’ISF, baisses des dépenses publiques, modification de l’imposition des entreprises, suppression de la taxe d’habitation… ces annonces sont dans le projet de loi de finances.
Quelle est la conclusion d’Oxfam ? Que « les ménages les plus riches sont les grands gagnants ». Car l’effet conjugué des baisses d’impôt et des prestations sociales au nom de la rigueur budgétaire vont avoir pour effet que « les 10 % les plus riches bénéficieront d’une hausse de revenus 18 fois plus importante que les 10% les plus pauvres ». Encore plus concrètement, il s’agit de 1193 euros de gains annuels pour les premiers et une perte de 337 euros par an pour les seconds.
Les chiffres sont encore plus vertigineux quand on focalise sur les 1% les plus riches qui vont bénéficier de la réforme de l’Impôt de solidarité sur la fortune (ISF) et de la mise en place d’un « prélèvement forfaitaire unique » (PFU) en lieu et place des taxations des revenus du capital. Pour l’ISF, la baisse fiscale est estimée à 3,6 milliards d’euros. Pour le PFU, « les ultras-riches verront leurs impôts sur le capital baisser en moyenne de 4225 euros ».
Ce à quoi il faut ajouter la hausse de la CSG – impôt inégalitaire puisqu’à taux fixe quel que soit le revenu, « désormais 2e source de recette pour l’État derrière la TVA, autre impôt régressif qui a augmenté de 73% en 20 ans » – dont tout le monde a d’ores et déjà compris qu’elle impactera les fonctionnaires, les retraités et les chômeurs indemnisés et la suppression de la taxe d’habitation, qualifiée de « cadeau social en trompe l’oeil » car ne bénéficiant pas aux ménages les plus pauvres déjà exonérés et ne pouvant compenser la hausse de la CSG pour les revenus moyens car s’étalant sur trois ans alors que la CSG va augmenter dès cette année.
Le mythe du ruissellement Ce n’est pas tout puisque les entreprises sont également chouchoutées par ce projet de loi de finances.
Leur taux d’imposition va baisser, les crédits d’impôts continuent d’augmenter et le gouvernement
entend supprimer la taxe sur les dividendes alors que 2017 s’annonce record avec déjà plus de 50 milliards d’euros de bénéfices dégagés sur le premier semestre par les entreprises du CAC 40.
Oxfam ose des comparaisons extrêmement éclairantes. Ainsi, la modification de l’ISF pour la première fortune de France, celle de Bernard Arnault, lui assurerait un cadeau de 553,2 millions d’euros.
« Soit 1,5 fois le montant de la baisse des APL de 5 euros par mois qui touchera 6,5 millions de foyers ». La suppression de la taxe sur les dividendes va priver l’État d’un montant « presque équivalent du budget finançant les contrats aidés en 2017 ».
C’est bien le fond du problème : la politique menée par Emmanuel Macron vise à dépouiller l’État de ses moyens d’agir. La transformation de l’ISF, la création du PFU, la suppression de la taxe sur les dividendes et la baisse de l’impôt sur les sociétés va priver l’État de 24,6 à 27,6 milliards de recette par an.
Tout ceci au nom de quoi ? Emmanuel Macron justifie ces mesures par la nécessité d’attirer des investisseurs. S’en référant à un rapport du forum économique mondial – le fameux Davos – Oxfam souligne que parmi les raisons principales qui déterminent le choix d’un investissement d’une entreprise, « les plus importantes sont la qualité des infrastructures
la présence d’une main d’oeuvre qualifiée et en bonne santé ainsi que la stabilité sociale ». Et de conclure : « des investissements pour lesquels les contributions fiscales des entreprises sont pourtant indispensables ». Un autre élément sous-tend ces choix : une croyance quasi mystique dans la théorie du ruissellement, la richesse des uns dégoulinant sur les autres. Mystique car elle n’a jamais marché. Pour preuve l’explosion des inégalités : les riches sont de plus en plus riches et les pauvres de plus en plus pauvres. Et la France n’y échappe pas. « En 2016, les 10% les plus riches détiennent plus de 56% des richesses quand les 50% les plus pauvres se partagent à peine moins de 5% du gâteau » hexagonal souligne Oxfam qui rappelle aussi qu’en 20 ans, la fortune des 10 plus riches a été multipliée par 12 quand le nombre de pauvres a lui progressé de 1,2 million de personnes. Une tendance qui va encore être aggravée par les choix du gouvernement qui a mis une croix sur la dimension redistributive et correctrice des inégalités de l’impôt.
Angélique Schaller

Ajouter un commentaire

Plain text

  • Aucune balise HTML autorisée.
  • Les adresses de pages web et de courriels sont transformées en liens automatiquement.
  • Les lignes et les paragraphes vont à la ligne automatiquement.
CAPTCHA
Cette question permet de vérifier que le formulaire n'est pas soumis par un robot (spam)
Fill in the blank.