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FINANCES. Alors que la commission Finances examine aujourd’hui et demain le PLF, le gouvernement tente déminer les attaques concernant l’application de l’inefficace théorie du ruissellement.

ASSEMBLÉE
Aujourd’hui, la commission Finances de l’Assemblée nationale va commencer l'examen du projet de loi de finances pour 2018. Sa présentation suite au conseil des ministres du 27 septembre a déjà fait couler beaucoup d’encre. Comment rester sans voix face aux 4,5 milliards de baisse d’impôt pour les 10 % les plus riches ? Ou, formulé en matière de hausse de revenu chère au gouvernement qui se prétend celui de la fiche de paye, quand « les 10 % les plus riches bénéficieront d’une hausse de revenus 18 fois plus importante que les 10% les plus pauvres » ?
Hier, Pierre Laurent, secrétaire national du PCF a dénoncé « un budget d’injustice (...) un budget qui donne à nouveau des avantages exorbitants à ceux qui ont énormément de fortune et qui ne met pas d’argent au service de la réduction des inégalités, du développement du service public », anticipant sur des arguments que ne manquera pas de développer Fabien Roussel, député communiste membre de cette commission Finances. L’attaque est également venue du président LR de cette commission, Eric Woerth, qui utilise le même qualificatif d’ « injuste (…) pour les retraités (…) pour les entreprises (…) pour les locataires HLM et les bailleurs sociaux (…) pour les collectivités locales (…) pour les familles », faisant feu de tout bois.
La pilule a même eu du mal à passer chez quelques députés de La république en marche qui vont porter durant ces deux jours par moins d’une centaine d’amendement afin de taxer les « signes ostentatoires de richesse »… en espérant faire avaler la transformation de l’impôt de solidarité sur la fortune en impôt sur la fortune immobilière. « Je ne me laisserais pas cantonner dans une discussion sur le budget uniquement concentrée sur les yatchs et les lingots d’or. Car le sujet essentiel est que c’est un budget idéologique fondé
sur la théorie du ruissellement : rendre les riches plus riches pour qu’ils se décident à investir » a prévenu Jean-Luc Mélenchon, président de la France insoumise dans nos colonnes ce week-end.
Un Jean-Luc Mélenchon à qui le ministre de l’économie, Bruno Le Maire, a déjà répondu hier en affirmant sur France Inter : « je ne crois pas un instant à la théorie du ruissellement (…) C’est une ânerie, ça n’existe pas ». Cà « n’existe pas »? Pourtant, tout le monde a encore en tête la fameuse phrase d’Helmut Schmidt, social-démocrate allemand convertit à la rigueur à son arrivée à la chancellerie dans les années 70 : « les profits d’aujourd’hui sont les investissements de demain et les emplois d’après-demain ». Avec les non-effets que l’on sait.
Pourtant, les économistes de l’OFCE ont fait la même remarque en analysant le projet de loi de finances. Pierre Madec explique
ainsi que « la réforme du PFU et de l’ISF repose sur la théorie du ruissellement qui affirme que si vous avantagez les classes les plus riches, vous allez avoir des retombées positives pour les classes moyennes et populaires » avant de préciser : « aujourd’hui, cette théorie est remise en question par des institutions comme le FMI et l’OCDE ». En 2015, le FMI conclut effectivement que plus il y a de riches, plus la croissance est faible. Pourtant, l’ONG OXFAM en arrive à la même conclusion : « le gouvernement ravive la théorie du ruissellement en allégeant massivement la fiscalité sur le capital : les revenus dégagés par les plus riches seraient réinjectés dans l’économie et bénéficieraient in fine aux plus pauvres » tout en soulignant que « en pratique, les allégements fiscaux en faveur des plus riches alimentent davantage les bulles spéculatives que l’investissement productif ».
Pourtant, l’économiste Thomas Piketty dont les travaux ont établi qu’entre 1983 et 2014, les 1 % les plus riches avaient capté 20 % de la croissance économique, soit autant que les 50 % les moins riches, a la même analyse. Mieux, sur son blog il va jusqu’à nier l’existence même d’une « hémorragie fiscale » qui justifierait tout ceci selon le gouvernement : « les plus hauts patrimoines
financiers ont progressé encore plus vite que les actifs immobiliers, alors que le contraire aurait dû se produire si l’hypothèse de fuite fiscale était vérifiée ».
Autant d’arguments qui restaient jusque là cantonner à certaines sphères mais ont connu une large audience quand Jean-Luc Mélenchon a attaqué le Premier ministre Edouard Philippe lors de l’ « Emission politique » du 28 septembre : « vous défendez la théorie du ruissellement : en rendant les riches encore plus riches, les miettes qui vont tomber pour les pauvres seront plus grosses. Mais nous ne demandons pas l’aumône ».
Angélique Schaller

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